Question de timing

La Histadrout réclame une hausse du salaire minimum de 1000 shekels par mois. Sinon, Avi Nissankoren menace d’une grève générale. Mais ses motivations sont-elles transparentes ?

By SYLVIE BERGER
November 27, 2014 11:35
2 minute read.
Question de timing

Question de timing. (photo credit: WIKIPEDIA)

 
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Le nouveau chef de la Histadrout, Avi Nissankoren, a déclaré une bataille qui pourrait se terminer en grève générale début décembre. Le syndicat général israélien, n’avait pas utilisé son joker depuis début 2012.
Le citoyen moyen doit se demander pourquoi ? Aucune dégradation dans les conditions de travail n’a été récemment notée, même si Nissankoren met tout en œuvre pour le faire croire. A l’entendre, il menace de grève l’économie toute entière – avec les coûts colossaux que cela implique – par simple altruisme envers les plus démunis : ceux qui se contentent du salaire minimum, les contractuels et les handicapés.

Déjà en soi, la chose peut surprendre. La Histadrout est elle-même soumise aux unions les plus puissantes des employés les plus puissants – ceux qui gagnent le plus et qui sont prêts à tout pour gagner plus encore.
Tout au long de son histoire, la Histadrout elle-même a toujours payé des salaires très bas à ses employés de bas rang et de moindre influence. L’intégration dans le milieu du travail de populations à besoins spécifiques et les quotas d’embauche des handicapés n’ont jamais fait partie de ses priorités. Les contractuels existent depuis des décennies et le syndicat les exploite de façon encore plus scandaleuse que la plupart des employeurs.
Alors, qu’est-ce qui rend tout à coup leur détresse plus urgente ? Quelle dégradation subite de leurs conditions de travail justifie une grève générale immédiate, qui fera subir des milliards de shekels de perte quotidienne à l’économie nationale ? Et surtout, pourquoi opter pour une confrontation quand les divergences de point de vue sont minimes ?
Et puisque nous y sommes, pourquoi la Histadrout ne s’occupe-t-elle pas de la détresse des travailleurs indépendants par exemple : ils sont aujourd’hui plus nombreux que jamais en Israël à ne pas être protégés par des conventions collectives, mais le syndicat s’est rarement rallié à leur cause.

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En fait, tout est une question de motivation et de timing. La détresse des contractuels se vend bien au public. Il est plus facile de défendre la cause des femmes de ménage et des gardes de sécurité que celle des prestataires de services dans l’industrie hi-tech.
Ce qui motive Nissankoren, ce n’est pas forcément le salaire ou les conditions de travail. Nous sommes ces jours-ci en pleine « guéguerre » annuelle du budget, quand chaque joueur met tout en œuvre pour imposer ses intérêts personnels. Une occasion à ne pas rater, pour Nissankoren, de gagner des galons - et plus encore quand circulent des rumeurs d’élections anticipées. Une telle opportunité pourrait ne pas se représenter de si tôt. C’est le moment pour le chef de la Histadrout de revêtir sa cape de défenseur des plus démunis.  


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