Elle va son chemin

En reconnaissance de ces efforts, Malka Puterkovsky fait partie des 14 Israéliens choisis cette année pour allumer un flambeau lors de la cérémonie officielle qui marque la fin du Jour du Souvenir

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April 20, 2015 17:40
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Malka Puterkovsky

Malka Puterkovsky. (photo credit: DR)

 
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 La plaquette de la cérémonie la présente comme « une conférencière et enseignante, pionnière unique dans le monde de la Halakha et du Talmud, des sujets réservés jusqu’à peu uniquement aux hommes ».
Si elle ne nie pas le fait que son travail au sein du monde religieux puisse être taxé de féministe, Malka Puterkovsky insiste sur le fait que sa force lui vient d’un sens du devoir plus général, qui veut que tous les juifs soient responsables les uns des autres.

Dieu et le miroir

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Lorsqu’elle fait part d’une décision halakhique, Puterkovsky est parfaitement consciente de n’être liée à aucune autorité religieuse. Tout ce qu’elle souhaite, c’est venir en aide à la personne en questionnement. Mais cela ne signifie pas qu’elle a l’intention de transformer le judaïsme orthodoxe en une religion où chacun fait ce qu’il veut.
« Au bout du compte », explique-t-elle, « je crains seulement deux choses, Dieu et le miroir. Le verset que j’ai toujours à l’esprit est “Je garde toujours les yeux tournés vers Hashem” (Psaume XVI). Comment puis-je mentir à Dieu et à moi-même ? Je ne peux pas être hypocrite. »
C’est avec cette modestie et ce sens du devoir que Malka Puterkovsky s’attaque à des questions ardues, souvent controversées, compilées dans son livre publié l’an dernier, 750 pages dédiées à la Torah. Le titre, Mehalechet Bedarka (Elle va son chemin – les défis de la vie selon une perspective halakhique et morale), résume les valeurs et le courage de l’enseignante, lorsqu’il s’agit de prendre des décisions halakhiques qui vont à l’encontre des autorités rabbiniques de la génération.

Mais même au cœur de cette tempête médiatique, elle s’empresse de souligner qu’elle doit avant tout sa réussite et son succès à l’éducation qu’elle a reçue. Ses parents, des survivants de la Shoah, ont inculqué à leurs enfants un grand sens du sionisme et l’amour de la terre et des hommes, confie-t-elle.

Une affaire de famille

Quand on lui a annoncé qu’elle avait été sélectionnée pour allumer un flambeau lors de la Fête de l’Indépendance, Malka Puterkovsky a immédiatement eu une pensée pour ses parents, tellement liés à la Torah et à la Terre d’Israël. « J’ai trouvé un peu triste qu’ils ne soient pas là pour me voir allumer la flamme, mais je sais qu’ils veillent sur moi de là-haut et sont avec moi en esprit », explique-t-elle. « Ils méritent bien cet honneur. »
Car c’est son père, né dans une famille ultraorthodoxe en Hongrie, qui va initier la jeune Malka au monde de la Torah. « Je regardais mon père étudier, et je voyais ce regard particulier sur son visage et un éclat saisissant dans ses yeux », se souvient-elle. « Il était tellement immergé dans la Torah, cela me fascinait. » Il commence par lui enseigner les rudiments de la portion hebdomadaire de la Torah, avant d’accéder au monde de la Guemara, à l’époque domaine exclusivement réservé aux hommes.

Pour repeupler le désert, ses parents avaient choisi de s’installer à Ashdod, au moment où la ville en était encore à ses balbutiements. Quelques années plus tard, quand sa famille s’installe à Jérusalem, Puterkovsky s’inscrit à Pelech, un lycée connu pour être l’un des premiers établissements du pays à enseigner le Talmud aux femmes. Elle décroche plus tard une licence de Talmud, histoire et philosophie juive à l’université Bar-Ilan et acquiert une maîtrise de Talmud à l’université de Tel-Aviv.
Malka Puterkovsky dirige le programme Halakha de la Midreshet Lindenbaum, un séminaire pour jeunes femmes. Parallèlement, elle a contribué à la fondation du Forum Takana, une organisation sioniste religieuse centrée sur le traitement des abus sexuels. Elle est également membre de Mavoy Satoum (l’impasse), qui aide les femmes auxquelles les maris refusent d’accorder le divorce religieux.
Elle enseigne toujours le Talmud aujourd’hui, mais consacre le plus clair de son temps à donner des conférences dans tout le pays. Elle s’adresse à toutes les communautés, religieuses ou laïques. Son seul souhait est que ses auditeurs aient un réel désir d’apprendre. Sa philosophie en matière d’enseignement : chercher à se renouveler autant qu’elle le peut. Pour ses cours, elle n’utilise le même plan que deux fois, avant d’aborder le même extrait du Talmud ou de la littérature rabbinique d’une façon différente.

Nouvelle approche de la Halakha




Malka Puterkovsky, dont le traité talmudique préféré est toujours celui qu’elle est en train d’étudier et d’enseigner, voudrait également changer la façon dont les décideurs rabbiniques réfléchissent.

Elle imagine créer un Kollel qui fonctionnerait très différemment des institutions scolaires du Grand Rabbinat. Au lieu de se concentrer sur la somme d’études religieuses la plus vaste possible pour recevoir l’ordination rabbinique, l’accent serait mis sur le raisonnement halakhique, afin de mieux comprendre comment un rabbin doit réfléchir. La psychologie, la sociologie et l’économie, entre autres, feraient partie intégrante du curriculum, ainsi que tout ce qui peut contribuer au domaine de la Halakha. Car lorsque quelqu’un se tourne vers vous avec une question halakhique, la réponse doit être plus que ce que dit noir sur blanc le Choulhan Aroukh ou la Michna Beroura.
Quel type d’élèves son école compte-t-elle accueillir ? Des mensch (quelqu’un de bien, sur qui l’on peut compter) répond-elle sans hésiter. Et elle rappelle une décision exemplaire du célèbre rabbin orthodoxe Shlomo Zalman Auerbach, pendant la guerre de Kippour en 1973. Alors que les infirmières pouvaient à peine subvenir aux besoins des soldats blessés dans les hôpitaux, le dirigeant de la Yeshiva Kol Torah de Jérusalem a déclaré à ses élèves que le moment était venu de fermer la Guemara pour aller visiter les blessés.

Malka Puterkovsky a encore un long chemin à parcourir. Elle espère cependant que lorsque la nation tout entière la verra allumer la flamme pour la fête de l’Indépendance, cela suscitera un nouvel élan pour un véritable et sincère service de Dieu. « J’espère que cette flamme ouvrira la voie à l’avènement de tout ce en quoi nous croyons. »

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