En souvenir de Matan

Il est parti trop tôt. Avant de pouvoir réaliser son rêve : voyager. Les amis du sergent Matan Gotlib, tué au cours de l’opération Bordure protectrice, défient la mort et lui font faire le tour du monde

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April 20, 2015 17:17
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Le sticker de Matan aux quatre coins du monde

Le sticker de Matan aux quatre coins du monde. (photo credit: DR)

 
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Deux jeunes femmes exténuées posent enfin leurs bardas au sol, après un long périple. Face à elles, la Lagune des Los Tempanos, en Argentine, un paysage à couper le souffle. Sur la photo qui immortalisera ce moment unique, elles posent avec un large sourire. Sur un rocher tout près, un sticker : « Peace ya man » (La paix, mon pote) et la photo d’un beau jeune homme. Les deux baroudeuses postent le cliché sur Facebook : « Même au bout du monde, nous pensons à toi, nous ne t’oublierons jamais », écrivent-elles. Une dédicace à leur ami, le sergent Matan Gotlib, tombé à Gaza lors de l’opération Bordure protectrice l’été dernier.
Et il y en a des dizaines d’autres, des photos de ce genre, prises aux quatre coins du monde et postées sur la page « En souvenir de Matan ». Une campagne lancée pour perpétuer sa mémoire.

Matan avait une passion pour les voyages. Comme beaucoup d’Israéliens de son âge, il avait prévu de faire un long périple après son service militaire – il aurait dû être démobilisé au mois de novembre dernier. C’est de là qu’est venue l’idée des stickers, au cours d’une réunion d’amis un soir d’août, pendant la shiva (semaine de deuil).
La famille Gotlib a donc imprimé des centaines de petits billets à l’effigie de Matan et les a distribués à ses amis, qui allaient eux pouvoir partir découvrir le monde. « C’est un peu comme s’il était parti avec eux », explique son frère Omer. « Peace ya man » était en quelque sorte un slogan qui lui collait à la peau, une accroche qu’il aimait répéter.

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Le 30 juillet, à Khan Younès

Matan Gotlib est l’un des 66 soldats tombés au cours des 50 jours de l’opération Bordure protectrice. L’un des trois tués le 30 juillet, dans l’explosion d’une maison piégée à Khan Younès, dans la bande de Gaza. Il était au deuxième étage, quand un terroriste a déclenché la bombe depuis un bâtiment voisin. Les deux habitations étaient reliées par un tunnel. « Ils (l’armée) nous ont dit qu’il est mort sur le coup. J’espère que c’est vrai », confie Omer.
Matan faisait partie de l’unité d’élite Maglan. Il avait quitté sa famille le 12 juin, dépêché dans les montagnes de Hébron pour participer à l’opération Gardiens de nos frères. Il avait rejoint les forces armées chargées de retrouver les trois adolescents kidnappés, et assassinés par le Hamas. Quelques jours plus tard, il était envoyé avec son unité dans la bande de Gaza.

« Nous n’étions pas en contact avec lui, nous n’étions au courant de rien. J’étais terrifié, stressé, je craignais que quelque chose lui arrive », se souvient Omer. Puis il raconte les nuits sans sommeil, jusqu’au soir où il apprend que l’unité de Matan sort de Gaza. « J’étais si content, si soulagé. C’est comme si on enlevait une pierre de mon cœur. J’étais calmé, je savais qu’il n’était plus en danger. »
Mais 36 heures plus tard, les services de renseignements de Tsahal transmettent à l’unité des informations sur un tunnel terroriste, et Matan part pour sa dernière opération. Pour ne pas le distraire, Omer avait préféré ne pas annoncer à son frère que lui et son épouse attendaient leur premier enfant. Il allait devenir tonton.

Le dernier message


Dans le dernier message que Matan a envoyé à son frère, il lui raconte avoir eu une chanson en tête toute la semaine : Yoman Massa (Journal de voyage) de son idole Aviv Geffen. Lui aussi, dit-il, écrira son journal sur ce qu’il a vécu à Gaza quand il sortira. Depuis, à chaque fois qu’il monte sur scène, le chanteur dédicace cette ballade à Matan. Sur un écran géant, une photo du jeune soldat et de son dernier message.

Alon Nakash, un ami de Matan, a lui aussi voulu immortaliser le souvenir de son ami par la musique. Matana shkoufa (Un cadeau transparent) raconte « une histoire trop courte, qui avait si bien commencé ». « Quand il était petit et qu’on lui demandait comment il s’appelait, il répondait : “Je m’appelle Matan, et cela signifie cadeau”. » « Et Matan était vraiment un être exceptionnel. Un vrai ami. Il savait écouter et il donnait tout ce qu’il avait. »

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C’est le portrait que dépeignent tous les proches du jeune homme. Un garçon joyeux, vif, généreux, sociable, qui aimait faire la fête, aimait ses amis et aimait la vie. « Les filles, les potes, les balades en jeep, il ne s’arrêtait jamais. J’étais fatigué rien que d’entendre le récit de sa journée. Il n’attendait pas que les choses arrivent, il prenait les devants, c’était un fonceur », se souvient son cousin Meiri Zarmi.
« Avec le recul, je pense que quelque part, c’était comme s’il savait, Il faisait des millions de choses, ne perdait jamais son temps. Il a vécu comme si il n’y avait pas de lendemain. Et il n’y a pas eu de lendemain », confesse Omer.

Sa mère, Rouhama, se souvient : « Il s’occupait toujours de tout le monde. Il était si généreux. Il aimait donner. Il aimait aussi son pays. Il répétait souvent : “Ein lanou eretz aheret” (Nous n’avons qu’une patrie) et nous devons tout donner à la Terre d’Israël. » Matan lui a donné le plus grand des cadeaux. Sa vie. Que sa mémoire soit bénie et perdure, aux quatre coins du globe
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