Emeutes en Judée-Samarie

Jets de pierres et cocktails Molotov contre l’armée.Des Palestiniens réclament la libération de détenus en grève de la faim.

2002JFR07 521 (photo credit: Darren Whiteside/Reuters)
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(photo credit: Darren Whiteside/Reuters)
Vendredi 14 février, plusieurs émeutes ont éclaté en Judée- Samarie. LesPalestiniens avaient annoncé au préalable leur volonté d’affronter Tsahal ausujet des grèves de la faim des prisonniers palestiniens en Israël. Plusieursgroupes d’individus ont lancé des pierres et des cocktails Molotov sur lessoldats.
L’armée a répliqué par divers moyens pour les disperser.

A Beitounya, située à l’ouest de Ramallah près de la prison de sécurité d’Ofer,quelque 300 Palestiniens ont lancé des pierres sur Tsahal, blessant légèrementdeux soldats, selon un porte-parole de l’armée. Quatre Palestiniens ont égalementété légèrement blessés. Selon des médecins de l’Autorité palestinienne, citéspar l’agence de presse palestinienne Maan, 156 Palestiniens ont dû être traitéspour inhalation de fumée.

A Kfar Kaddum, à l’ouest de Naplouse, quelque 60 Palestiniens se sontrassemblés pour jeter des pierres et des bombes incendiaires sur les forcesmilitaires. A Nabi Salih, près de Ramallah, ce sont environ 80 manifestants quiont pris part à de violentes émeutes. Enfin, 30 Palestiniens ont attaquél’armée autour de Qalandiya, entre Ramallah et Jérusalem. Selon lesassaillants, Tsahal a riposté en ouvrant le feu, ce que l’armée dément.

Pendant ce temps, le chef de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas annonçaitque le peuple palestinien n’oublierait jamais ses prisonniers détenus dans lesprisons israéliennes : « Nous ne vous oublierons pas et ne vous laisserons passouffrir derrière les barreaux de l’occupation », a-t-il déclaré lors d’unevisite dans un camp de tentes dressées pour l’occasion.

De plus petites manifestations ont également eu lieu par solidarité avec lesprisonniers en grève de la faim à Bethléem, Djénine et à l’extérieur del’implantation d’Efrat, selon l’agence Maan.

Le cas Issawi

Objectif des protestataires : obtenir la libération du prisonnierpalestinien Samer Issawi, en grève de la faim. Il avait été arrêté par Tsahalen 2002 pendant l’opération Rempart, durant la seconde Intifada.

Ce membre du Front populaire pour la libération de la Palestine a été condamnéà 30 ans de prison pour activités liées au terrorisme.

Après 10 ans de détention, il avait été libéré en octobre 2011 en compagnie de476 autres terroristes palestiniens lors de l’accord passé entre le Hamas etIsraël pour la libération de Guilad Schalit. Avant d’être à nouveau arrêté enjuillet 2012, pour avoir violé les termes de sa libération selon Tsahal. Trèsvite, il entamera une grève de la faim, qu’il poursuit aujourd’hui après plusde 200 jours.

Le prisonnier a vraisemblablement reçu des doses de glucose, pendant un certaintemps, doses qu’il refuse aujourd’hui.

Selon sa soeur, Issawi ne pèserait guère plus que 40 kg. Elle fait référence àdes détenus kurdes qui ont pratiqué une grève de la faim de plus de 200 jourset sont restés en vie.

Le député Jamal Zahalka (Balad) a confié au Jerusalem Post que son partiessayait d’internationaliser le conflit israélopalestinien en attirantl’attention des Nations unies sur 4 détenus grévistes de la faim dans lesprisons israéliennes.

Cette tactique a déjà fait ses preuves : Catherine Ashton, chef de ladiplomatie étrangère européenne, a publié un rapport dans lequel elle se dittrès préoccupée par la santé de ces prisonniers. « L’Union européenne demandeau gouvernement d’Israël de réinstaurer immédiatement le droit de visite desfamilles des prisonniers et ainsi qu’un respect complet des droits de l’hommeenvers les détenus palestiniens », indique le rapport. Y est également évoquée« l’inquiétude de l’Union européenne quant aux utilisations abusives desdétentions administratives israéliennes ».

Un membre officiel du gouvernement israélien a répondu au rapport d’Ashton enaffirmant qu’Israël « observe strictement les lois et les conventionsinternationales concernant ses prisonniers, qui ont le droit à la justicedevant la Cour suprême. » Par ailleurs, la brigade Kfir de Tsahal a arrêté 9suspects palestiniens dans la nuit du jeudi 14 au vendredi 15 février, dans levillage palestinien d’Azun. Ils sont soupçonnés d’avoir jeté des pierres surdes véhicules israéliens. L’arrestation a fait suite à une collecte derenseignements effectuée dans le village, connu pour être le foyer de tirs depierres et de cocktails Molotov sur les véhicules israéliens qui circulent dansla région.