La cote de popularité du Hamas n’en finit pas de grimper

Les sources de sécurité préviennent : le Hamas gagne les coeurs et les esprits de Judée-Samarie.

Hamas supporters rally in Hebron 300 (photo credit: REUTERS)
Hamas supporters rally in Hebron 300
(photo credit: REUTERS)

Le Hamas ne cesse de prendre du galon auprès des Palestiniens desterritoires de Judée-Samarie, selon plusieurs indications observées par lesforces de sécurité. Le Mouvement islamique serait en train de remporter labataille des coeurs et des esprits sur l’arène de l’opinion publique, audétriment du Fatah.

Ce regain de popularité du groupe est sensible dans les rues de Judée-Samarie,malgré ses tentatives de remettre sur pied son infrastructure sans cesseréduite à néant par le Shin Bet (Agence israélienne de sécurité) et l’arméeisraélienne.

Un changement est dans l’air. Les troubles violents avec jets de pierres,attaques au cocktail Molotov et à la grenade et tirs sporadiques ont augmentéde manière significative en novembre et décembre, à travers toute la zone. Etpour compliquer encore la situation, certains de ces incidents violents ont étéorganisés par des réseaux terroristes paramilitaires affiliés au Fatah.

L’Autorité palestinienne procède toujours à des arrestations d’hommes armés duHamas, et Tsahal continue de « tondre la pelouse », a expliqué une source desécurité. « Il est très difficile pour le Hamas de s’organiser », a-t-elleajouté.

Pourtant, une série de signes clairs ont été identifiés, qui montrent uneaugmentation du soutien au Hamas au sein des masses palestiniennes.

En 2011, des drapeaux du Hamas ont pour la première fois flotté enJudée-Samarie, après une longue absence, quand Israël a libéré quelque 1 200prisonniers sécuritaires dans le cadre de l’échange de Guilad Schalit.

Pour le Palestinien de la rue, cet événement a marqué la victoire du Hamas surl’Etat juif. Sur sa belle lancée, le Mouvement a alors mobilisé des jeunes militantsde l’université influente de Bir Zeit près de Ramallah, les poussant às’impliquer dans les élections étudiantes.

Cette tentative du Hamas de former des cellules estudiantines est appelée «Koutla », et ce type d’activité est en essor, selon la même source.

Les points gagnants du Hamas 
Peu de temps après la libération de Schalit, surle campus de Bir Zeit, on a pu voir défiler des activistes brandissant desroquettes Kassam en carton. Le Hamas n’a jamais cessé d’oeuvrer pour mettre enplace des camps d’été et des cliniques médicales, tandis que le Fatah fait pâlefigure devant son peuple.



Les camps d’été, où les enfants sont endoctrinés par l’idéologie du djihad etreçoivent une formation de type militaire, sont considérés par les forces desécurité comme des centres d’entraînement sur le long terme, véritablesterreaux de terroristes en herbe.

« Nous n’attendons pas que se forme une infrastructure militaire à Hébron etNaplouse, qui préparerait des attentats.

Nous agissons avant. Les organisations peinent à décoller », affirme la source.

Néanmoins, la popularité du Hamas continue de monter en flèche. Le soi-disantprocessus de réconciliation Fatah- Hamas, qui n’est pas allé très loin, aapporté de l’eau au moulin du Hamas.

En outre, le printemps arabe, devenu l’hiver des Frères musulmans dansplusieurs pays du Moyen-Orient – en particulier en Egypte – lui a égalementprofité. Le Mouvement de résistance islamique, branche palestinienne des Frèresmusulmans, a redoré son blason suite aux développements régionaux, persuadéd’avoir « pris le contrôle au Moyen- Orient », poursuit la source.

En octobre 2012, l’Autorité palestinienne avait organisé des électionsmunicipales en Judée-Samarie, boycottées par le Hamas. Résultat : un taux departicipation très faible.

Puis, en novembre, l’opération Pilier de défense était déclenchée. Pendant leconflit, l’Autorité palestinienne se sentait trop démunie pour effectuer desarrestations de membres du Hamas. L’activité de l’AP contre le Hamas étaitainsi très limitée – sinon totalement complètement nulle – pendant la semainede l’opération, ont pu observer les forces de sécurité.

Et finalement, au terme de l’opération, la rue palestinienne de Judée-Samarieavait adopté le narratif du régime du Hamas à Gaza, clamant que le Mouvementavait empêché Israël de lancer une offensive terrestre. Encore des pointsmarqués.

Les échecs du Fatah 

Le Fatah, pour sa part, n’a pas grand chose à signaler côtéréalisations. Il n’a pas réussi à créer un Etat palestinien, et ses opérationscontre le Hamas en Judée-Samarie – quoique motivées par un intérêt nationalpalestinien – sont largement considérées comme un acte de collaboration avecIsraël.

Lentement mais sûrement, la légitimité du Fatah s’érode.

« Nous parvenons à une situation où même les Palestiniens modérés disent : “Sile Hamas défend la résistance armée et le terrorisme, il reste plus efficace.Regardez ce qu’il a réussi à faire”. Nous pouvons voir sa présence dans lesrues », a déclaré la source.

Un autre tournant a été pris en décembre, lorsque le Hamas a reçu pour lapremière fois l’autorisation d’organiser des rassemblements dans les villes deJudée-Samarie. « Quelque chose est en train de se passer ici, qui ne peut êtreignoré », a ajouté la source.

Les forces de sécurité israéliennes poursuivent leur lutte contre le terrorismeet maintiennent leur suprématie dans le domaine des renseignements. « En fin decompte, tôt ou tard, nous les arrêtons [les dirigeants du Hamas]. » Mais, lasource avertit : « Nous sommes tout à fait conscients de ce phénomène[d’évolution]. » Dans l’intervalle, le Shin Bet a récemment publié des donnéesqui font la preuve d’une hausse indéniable du nombre d’incidents violents àtravers la Judée-Samarie.

En décembre, 69 bombes incendiaires ont été lancées dans les territoirespalestiniens et 30 à Jérusalem. Trois membres des forces de sécuritéisraéliennes ont été blessés – deux ont été poignardés en Judée-Samarie et un aété blessé par une voiture qui a délibérément tenté de l’écraser à Jérusalem.
Sans compter six attentats à l’explosif et trois grenades lancées.
Au total, 111 attaques violentes ont été signalées en décembre. En novembre, lenombre d’attaques en Judée- Samarie et à Jérusalem-Est était encore plus élevé– 166 – et comprenait deux attaques à l’arme blanche, trois explosionsimprovisées, un jet de grenade et 156 bombes incendiaires.
En comparaison, 70 incidents violents avaient été recensés en octobre.