Pourquoi il faut remplacer Abbas

En refusant de venir en aide aux réfugiés palestiniens de Syrie, Abbas prouve une fois de plus son refus de parvenir à la paix.

2301JFR09 521 (photo credit: Omar Ibrahim/Reuters)
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(photo credit: Omar Ibrahim/Reuters)
Selon un article peuremarqué, publié par l’agence de presse Reuters le 10 janvier, Mahmoud Abbasaurait rejeté une belle offre de la part d’Israël : laisser les réfugiéspalestiniens d’une Syrie déchirée par la guerre se réinstaller en Judée-Samarieet à Gaza. Ce qui, selon le leader de l’Autorité palestinienne, reviendrait àcompromettre leur « droit au retour » dans les maisons perdues en Israël,pendant la guerre de 1948.

D’après la publication, Israël aurait autorisé les descendants des réfugiés àse réinstaller dans la bande de Gaza et en Judée-Samarie, mais à une condition: qu’ils signent une déclaration renonçant à un droit au retour en Israël.

Condition rejetée par qui a décrété : « Qu’ils meurent en Syrie plutôt que derenoncer à leur droit au retour ».

Ce n’est pas nouveau. Par le passé, les Palestiniens ont rejeté d’autrestentatives d’alléger les conditions de vie de leurs réfugiés. Car ils préfèrentles garder, eux, et des millions de leurs descendants, comme atout politique.Par ailleurs, les réfugiés constituent une composante importante de leursempiternelle image, forgée par leurs soins, de victimes et de martyrs.

Ainsi, au lieu d’aider son peuple en détresse, Abbas, dans la meilleuretradition palestinienne, préfère se cramponner au droit au retour – une requêtequ’aucun gouvernement israélien n’acceptera jamais. Même la majorité de lacommunauté internationale rejette cette demande palestinienne, comprenant bienle large consensus de la société israélienne, opposée à un afflux massif dePalestiniens susceptibles de détruire son caractère juif.

Les Palestiniens ont donc manqué une autre occasion de démontrer qu’ils étaientcapables d’adopter un comportement constructif en faveur de leur peuple.Evitant comme à l’accoutumée une politique pragmatique, ils choisissent unefois de plus des positions radicales, qui ne font que perdurer leur souffrancesur une voie jalonnée d’obstacles à la paix.

On ne plaisante pas avec le droit au retour 

Abbas, le « modéré», a récemmentfourni une autre démonstration d’un tel choix typique palestinien, lorsqu’ils’est adressé à ses compatriotes le 4 janvier dernier, évitant de mentionner laformule « terre contre paix », ou encore la création d’un Etat palestinien auxcôtés d’Israël, qui pourrait mettre un terme au conflit et aux souffrances deson peuple.

Il ne semble pas préparer les siens à la nécessité de faire des concessions aunom de la paix. Au lieu de cela, il insiste sur la nécessité pérenned’emprunter la voie de la lutte, pour réaliser « le rêve du retour » desréfugiés palestiniens et de leurs descendants.

Une seule explication à ce comportement : le mouvement national palestinien neplaisante pas avec le droit au retour.

Ignorer le comportement et la rhétorique des Palestiniens, ou dénigrer leurimportance, n’est qu’une politique de l’autruche. Malheureusement, dans l’ADNdu mouvement national palestinien est inscrite la demande irréelle de ce droitau retour. Il faudrait des générations pour recodifier ce comportementgénétique et y introduire un peu pragmatisme.

Car personne ne renonce facilement à ses rêves.

C’est pourquoi Abbas a rencontré Khaled Mashaal, le chef du Hamas, au Caire, le10 janvier. En dépit de leurs différences idéologiques fondamentales, ilspartagent le même idéal – la destruction de l’Etat juif. Les deux leaders,malgré leur nombreux différends, seraient ainsi prêts trouver un moyen decoopérer pour parvenir à leur objectif suprême, même si cela devait signer lafin de leur espoir de créer leur propre Etat. Une des raisons pour lesquellesAbbas persiste à ne pas reconnaître Israël comme un Etat juif et à nier toutlien des Juifs avec leur patrie ancestrale.

Il encourage au contraire, par ses actes, la lutte armée contre Israël, même sicelle-ci sape les efforts de l’Autorité palestinienne pour établir un Etat.Pour preuve : les défilés qu’il a tolérés, fin décembre 2012, de membres armésdes Brigades des martyrs d’al-Aqsa, la milice du Fatah, en l’honneur del’anniversaire de la fondation du mouvement.

En fermant les yeux devant la résurgence des groupes armés dans la sociétépalestinienne, Abbas érode la principale réalisation de l’AP ces dernièresannées – la restauration de la loi et de l’ordre public suite au démantèlementdes milices.

Car ces groupes armés palestiniens pourraient être tentés de se livrer à deviolents affrontements avec Israël, qui s’avéreront alors désastreux pourl’autodétermination de leur peuple et ses chances de vivre en paix. Grandpromoteur de non-violence sur la scène internationale, Abbas incite à la lutte,dans l’espoir évident qu’une troisième Intifada apporte de meilleurs résultatsque la seconde.

Certes, il avait bien sûr promis négociations et modération après l’obtentionpour l’AP du statut de pays observateur par l’Assemblée générale des Nations uniesen novembre 2012. Mais au lieu de cela, nous assistons à une rhétoriqueprovocatrice et irresponsable, et à une politique autodestructrice.

Les Palestiniens, comme la plupart des pays arabes, ont un besoin urgent deleadership politique, qui seul saura les sauver d’un comportement pathologiqueet irresponsable.