Retour à l’ère secondaire

L’institut Weizmann invite les dinosaures dans le XXIe siècle.

P23 JFR 370 (photo credit: DR)
P23 JFR 370
(photo credit: DR)

Allie Shafran V ous vous promenez sur un terrain broussailleux, des buissonsverdoyants et des arbres imposants vous entourent. Soudain, sur votre gauche,un rugissement. Vous tournez précipitamment la tête, vos yeux se révulsent. Devantvous : une énorme créature de 12 mètres de long, qui agite son interminablequeue. Vous vous trouvez nez à nez avec un tyrannosaure rex.

Non, vous n’êtes pas en train de visionner le célèbre Jurassic park de StevenSpielberg, sorti en 1993. Mais vous voilà embarqués dans la dernière expositionque le département des sciences de l’éducation Davidson, de l’institutWeizmann, vient d’ouvrir mi-juillet, au titre évocateur, Dinosaures : lesgéants du passé, la science du futur.

L’exposition, construite et modelée par le personnel de l’institut Weizmann,vise à transformer la notion moderne que les dinosaures sont un sujetscientifique aussi archaïque que les reptiles eux-mêmes. Selon Na’amaChart-Yaari, la conservatrice, le but est « d’illustrer comment les progrès dela science et de la technologie scientifique ont contribué à l’avancée de prèsde deux siècles de recherches sur ces créatures qui régnaient sur lescontinents, voilà plus de 150 millions d’années ». Grâce à des maquettes plusvraies que nature, élaborées selon les plans établis à ce jour par la recherchescientifique, l’exposition fait ressurgir les dinosaures de leurs tombes pourrecréer une réalité mésozoïque.

En travaillant à partir d’isotopes radioactifs et de techniques d’imageriemédicale, les scientifiques ont pu avoir accès à de nouvelles informations surl’anatomie des dinosaures, que ni Spielberg, ni aucun musée en Israël n’avaienteu en leur possession auparavant. Au final : la peau des dinosaures estlégèrement différente de ce qui était communément admis jusqu’à présent par lacommunauté scientifique, et leur taille, revue à la hausse. Alon Shahar,directeur de l’enseignement à l’institut Weizmann, confirme. Selon lui, lesrépliques actuellement exposées dans les musées modernes sont trop petites, carelles se basent sur un squelette dont les os de la colonne seraient troprapprochés.

Mais outre la taille imposante des reptiles, c’est surtout la découverte deplumes sur leur corps qui constitue une réelle percée scientifique. Exit laperception moderne de dinosaures enveloppés dans de rugueuses écaillesreptiliennes. En réalité, certaines espèces que l’on croyait « chauves »portaient des plumes en certains endroits de leur anatomie.

Plus vrais que nature 

Forte de toutes ces découvertes, l’exposition ne sedéfinit pas uniquement comme la plus scientifiquement exacte, mais comme laplus réaliste aussi. A base de squelettes de métal enrobé de polymère, lesmodèles de dinosaures sont dispersés sur les 2,5 hectares des jardins del’institut Davidson, le long d’un terrain herbeux, à l’exacte réplique de lafaçon dont elles auraient pu apparaître dans leur habitat naturel.

Mieux encore, les créatures ne sont pas immobiles. On pourrait presque lescroire vivre sous nos yeux. Elles sont capables de « respirer », agitant leurcage thoracique de haut en bas, de déplacer leurs queues, de brouter l’herbe,et d’émettre des sons réalistes. Comme si, en arpentant les allées du parc scientifiquede l’institut Weizmann, le visiteur du XXIe siècle se trouvait emporté dans unemachine à remonter le temps.

Au total, 14 répliques sont présentées au public qui peut tout aussi bien secomposer d’adultes que d’enfants. Il vous sera donné d’observer la plus grandecréature jamais exposée, au dinosaure minuscule, mais doté du nom le plus long.A n’en pas douter, l’éventail des modèles satisfera même les plus curieuxamateurs de paléontologie.

L’exposition comprend également plusieurs ateliers interactifs. Au programme :fouille paléontologique pour partir à la recherche de vieux os enfouis dans lesite, construction de modèles de dinosaures volants, ou identification desempreintes de dinosaures… De quoi tordre le cou aux idées fausses et s’enrichirde façon ludique à partir des dernières découvertes scientifiques. Dépassés lesfresques hollywoodiennes ou autres Jurassic park,  désormais la science peut largement tenir tête àla fiction. 

Jusqu'au mois de décembre. Du samedi au jeudide 9 à 20 heures et le vendredi de 9 à 14 heures. Prix des billets : 75 shekelspour adultes, 65 shekels pour enfants, 280 shekels pour une famille. Renseignements: (08) 934-4528.