Mon meilleur ennemi

Entre haine et nostalgie des juifs perses, L'Iran est aujourd’hui au coeur d’un débat sans fin en Israël

p24-2 JFR 370 (photo credit: DR)
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Qui a ordonné la reconstruction du Temple de Jérusalem ? A la grande surprisede chacun, il s’agit bien du Roi Cyrus, et Ardavan Amir-Aslani fait bien de lerappeler. Avocat et spécialisé en droit international, l’auteur livre unebrillante analyse, objective et détaillée, des relations entre Israël etl’Iran, meilleurs ennemis du Proche- Orient, et par conséquent entre le peuplejuif et les Perses… En effet, si les rapports « complices » ont perduré jusqu’àBen Gourion et les débuts de la République islamique, et si les Juifs d’Iran sedisaient jadis « perses » avant d’être « juifs », ce passé proche sembleaujourd’hui très lointain.

Ces hommes et ces femmes, qui constituaient alors la plus grande communauté,témoignent, « enfin ». Et l’auteur de préciser qu’aussi, les Schindler iraniensont existé, et ont sauvé de nombreux juifs. « Il est important de rappeler cesnoms », écrit-il dès les premières pages de son ouvrage.

Amir-Aslani s’interroge aujourd’hui sur le rôle des Etats- Unis demain :souffleront-ils sur le brasier, ou Barack Obama saura-t-il jouer de sadiplomatie pour éviter un embrasement des tensions. Apocalypse ou paix entreles peuples ? Aux deux pays de choisir.

Le livre développe une réflexion sur avenir de l’Iran, ses relations avecl’Etat hébreu, et les élections à venir chez les Perses, « alors que la menacede frappes israéliennes contre les installations nucléaires iraniennes demeure», précise l’auteur, oubliant peut-être de mentionner les avancées nucléairesde l’ami Ahmadinejad.

Iran et Israël est un ouvrage succinct mais complet, offrant une vue d’ensembledu conflit en remontant à la genèse de la communauté judéo-perse, de 721 avantl’ère commune à aujourd’hui, en parallèle de l’histoire iranienne. Recensantles cassures identitaires, les provocations et les occasions manquées d’êtreamis, l’auteur opère ici un travail méticuleux digne d’un historien et d’unpoliticien avisé.

Ces deux pays, que pourtant beaucoup, culturellement, rapproche –rappelons-nous de la campagne de slogans lancée par Israël « I love Iranians »,début 2012, qui a été l’élément déclencheur d’une effusion de bons sentimentsentre les deux peuples ennemis – redeviendrontils les complices d’antan ? Une qu e s ti o n , certes en suspens, qui ne trouvera certainement pas de réponsedans la décennie à venir, tant la haine des chefs d’Etat iranien est devenuestructurelle.