Un pays en effervescence

Le Festival d’Israël, vous invite à quatre semaines de réjouissances artistiques

p22 JFR 370 (photo credit: DR)
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Jérusalem, ville sainte ? Certes, mais ville festive aussi ! Inspiréspar la cité aux mille senteurs, à l’architecture et à l’histoire unique aumonde, les organisateurs du tant attendu Festival d’Israël, livrent cette annéeencore un panel de surprises. Entre passé et présent : la Tour de David dansles enceintes de la Vieille Ville, l’ancienne station de train, la Piscine duSultan, Ein Kerem, le théâtre de Jérusalem, le centre Gérard Behar, Mamilla, leYMCA et Beit Shmouel ; petits et grands, touristes et locaux, auront le loisirde se promener à travers les cultures du monde, dans tous ces lieux mythiques.
Car du 23 mai au 22 juin, la vie culturelle de la capitale israélienne prend untournant, et pas des moindres. Côté musique israélienne, le pianiste etcompositeur Shlomi Shaban se représentera dans un lieu à couper le souffle le23 mai, à la Piscine du Sultan, lançant par la même occasion son nouvel album,entouré d’invités spéciaux Asaf Avidan, Berry Sakharof et Ninette Taïeb. Etpour clôturer le Festival, le groupe très populaire dans l’Etat hébreu,Kaveret, sera de la partie.
Chez les Européens, des nouveautés sont à prévoir. Une représentation venuetout droit de Madrid, au ton flamenco et agrémentée de splendides costumes seradonnée à l’antique Tour de David. « Habillés pour danser », les danseursespagnols porteront des costumes dessinés par Dali et Picasso. Dirigé parMargaret Joba et chorégraphié par Carlos Camoro, le spectacle a étéspécialement adapté pour la venue historique de la troupe sur le sol israélien.
Les chorégraphes israéliens Sharon Eyal et Guy Behar représenteront leur troupede danse, bien connue dans l’Etat hébreu sous le nom de LEV, à travers lespectacle « Housen », adapté au site qu’ils fouleront de leurs pieds, la MaisonHansen, un ancien hôpital de « lépreux », à Talbiyeh.
La chorégraphie met en scène la maladie, avec grâce, suspens et mystère.
L’art dans tous ses états 

Outre le danseur qui opère désormais avec succès enFrance, Emmanuel Gat, et qui a fait l’objet d’un article dans nos tribunes del’édition du 17 avril, un classique israélien : la Compagnie de dansecontemporaine du Kibboutz, Rami Beer. Et pour la première fois en exclusivité,le ballet du Grand Théâtre de Genève fait son entrée dans la ville sainte, avecdeux chefs-d’oeuvre à la clé : Gloria, de Haendel et Les Noces, de Stravinsky.Sous la direction de Philippe Cohen, la troupe s’est récemment tournée vers ladanse moderne, en adaptant des pièces de chorégraphes contemporains commeSaburo Teshigawara, Andonis Foniadakis et plus récemment Emmanuel Gat.
La pièce baroque Gloria est un prodige de grâce et d’énergie. Les Noces,composé par Stravinsky pour le Ballet russe, a connu sa grande première à Parisen 1923, soit il y a exactement 90 ans. La composition exprime les stéréotypesdes relations entre les sexes, et incorpore à la fois la légèreté et desdynamiques plus « tempétueuses », oscillant entre tentation et force, passionet souffrance. La compagnie est composée de 11 femmes et 11 hommes.
Parmi les nombreuses pièces représentées, toutes plus extravagantes les unesque les autres, une a retenu notre attention en particulier : Jean Genet, «Fils de pute ». Ecrite et mise en scène par Zion Ashkénazi, un jeune Israélien,elle raconte l’histoire d’un voleur, écrivain, dramaturge, qui rêvait d’être unmeurtrier… L’auteur français semble en prendre pour son grade. Tout un panel depièces du monde entier est à explorer.
Pour les amoureux de la musique, de Beethoven à l’ensemble Naam, jeune etmulticulturel, il y en a pour tous les goûts.
Quand la rue se fait théâtre 

En reprenant les mots de Shakespeare, le Festivalse revendique ainsi : « Le monde entier est un théâtre », une mission que YossiTal- Gan, organisateur de l’événement, prend très à coeur. Depuis 31 ans,Tal-Gan est l’heureux hiérosolomytain en charge du Festival d’Israël, qui célèbrecette année ses 52 ans. « Aucun thème spécifique ne rassemble toutes lesreprésentations, mais, cette année, l’idée était de mettre en valeur des «lieux » mythiques de la ville sainte, puisque tout se passe à Jérusalem. Lesartistes eux-mêmes ont eu le choix de leur lieu de représentation ».
L’hôpital pour lépreux Hansen par exemple, vient d’être rénové et a ouvert sesportes au public récemment. Idem pour l’ancienne gare de train, à quelquesencablures de la Moshava Guermanit, pendant des années fermée au public.
Autant de sites qui donnent un caractère mystique selon l’organisateur, etparfois même une atmosphère de mystère, que lui confèrent les artistes.
« Le but est aussi d’offrir des spectacles sur l’ancienne voie ferrée, desreprésentations de jazz, de musique israélienne. » Bref, en deux mots, il seradifficile d’éviter la joie contagieuse du Festival.
« La rue est un théâtre, aussi… », ajoute Tal- Gan. On y retrouvera deschanteurs et musiciens israéliens, qui interpréteront de la musique du monde,du ladino, du classique, mais aussi Daniel Zamir qui invitera Nino Bitton,Shlomo Bar, Riff Cohen et Yonatan Geffen.
Un autre lieu mythique est bien entendu la citadelle de David. Là, le spectacleprésenté proposera un mélange de danse et de défilé de mode, de costumesdessinés par Dali et Picasso. La dernière fois que ce show a été présenté,c’était au musée Guggenheim de New York.
Interrogé sur le choix de la programmation, Tal-Gan répond du tac au tac : « Lebut est d’abord de faire local, certes le Festival attire des artistes du mondeentier, mais nous voulons trouver chez les créateurs israéliens des productions“marginales” ». Les troupes mondialement connues ne seront pas en reste.
« Ce que vous verrez ici au Festival qui se tiendra à Jérusalem, vous ne leverrez nulle part ailleurs », explique le directeur de l’événement. Au total,quelque 40 000 spectateurs sont attendus cette année.
Le Festival reçoit le soutien du gouvernement, des ambassades des paysreprésentés, de la municipalité de Jérusalem, du Fonds de Jérusalem et duConseil pour les arts et la culture de Mifal HaPayis.