Conférence Jpost: l'Iran et la Syrie en sursis

L’événement a été dominé par les révélations sur l’usage d’armes chimiques par Damas

p6 JFR 370 (photo credit: Marc Israël Sellem/The Jerusalem Post)
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(photo credit: Marc Israël Sellem/The Jerusalem Post)

Israël n’a jamaisdemandé aux Etats-Unis de mener une offensive militaire en Syrie. Voilà ce qu’amartelé le ministre des Relations internationales Youval Steinitz à laconférence annuelle du Jerusalem Post, à New York, dimanche 28 avril. « Nousn’avons jamais demandé ni encouragé Washington à lancer une offensive en Syrie», a-t-il déclaré, démentant de nombreux articles parus dans la presseaméricaine à ce sujet. Cependant, les nombreux poids lourds de la sécuritéisraélienne rassemblés à Times Square, se sont ouvertement inquiétés desrévélations sur l’usage d’armes chimiques dans le sanglant conflit qui ravagela Syrie depuis plus de deux ans.
La Maison Blanche, après s’y être un temps refusé, a finalement confirmé que dusarin avait probablement été utilisé par Damas, au moins à deux reprises.Jusqu’à présent, les Etats-Unis se sont contentés de fournir une aidehumanitaire et non létale aux rebelles qui combattent le régime du présidentBashar Assad. « C’est aux Américains de décider de leur politique face à laSyrie », a commenté Steinitz. « Bien entendu, nous nous consultons dans cedossier, particulièrement complexe et difficile ».

Pas d’exhortations 

Dimanche matin, l’agence de presse AP avait rapporté despropos du ministre de la Protection de l’Environnement, Amir Peretz (ancienministre de la Défense) qui semblaient condamner l’absence d’action duprésident Barack Obama en Syrie : « Ceux qui définissent les lignes rougesdevraient également faire ce qu’il y a à faire. J’entends par là les Etats-Unis, mais également toute la communauté internationale », a tonné Peretz.
De son côté, Steinitz s’est également montré très ferme sur la question desarmes chimiques syriennes. Israël « fera tout pour empêcher que de telles armes» ne tombent entre les mains du Hezbollah, a-t-il prévenu.
Prenant ensuite la parole, l’ambassadeur israélien aux Etats- Unis, MichaelOren, a également démenti les allégations contre Jérusalem. « Nous nerecommandons ni n’exhortons les Etats-Unis à mener une offensive en Syrie »,a-t-il insisté, avant de préciser : « A une seule condition : si Washingtondécidait finalement de fournir des armes létales aux rebelles, nous demanderonsà ce que ces derniers soient surveillés de près, car nous avons eu notre lot demauvaises expériences par le passé ».
Le diplomate s’est fait conciliant : « Israël et les Etats-Unis sont des Etatssouverains. Que ce soit sur la Syrie ou l’Iran, chaque pays a le droit dedéterminer individuellement sa politique et sa ligne de défense ». Mais derappeler : « Il est important de souligner que Jérusalem s’est fixé des limitesdifférentes de Washington. Pour le Premier ministre Binyamin Netanyahou, lalimite israélienne sera une tentative syrienne de transmettre des armeschimiques, ou tout autre arme changeant la donne, au Hezbollah. C’est notre capet nous nous y tenons ».

L’Iran : problème numéro 1 

Agacé, l’ambassadeur a dit passer beaucoup de tempsà démentir de fausses informations publiées par les médias ces dernièressemaines, prétendant que Jérusalem chercherait à pousser la Maison Blanche àl’action en Syrie, dans l’unique but de faire valoir son influence. De soncôté, Steinitz est tombé d’accord avec Oren pour affirmer que toute comparaisonentre les dossiers iranien et syrien était erronée.
Le problème iranien, a-t-il développé, est « totalement différent », car ils’agit d’une question internationale et non d’un problème de terrorisme àrégler au niveau local.
Les opposants à la politique de Netanyahou ont souvent reproché au Premierministre de trop en faire sur la menace iranienne, qualifiant parfois sonemphase de paranoïaque, et le soupçonnant surtout d’agiter le dossiersécuritaire pour éviter d’avoir à répondre sur les problèmes internesisraéliens. A savoir, en premier chef, les difficultés socioéconomiques del’Israélien moyen.
Mais pour Steinitz, qui a passé les 4 dernières années au ministère desFinances, la nucléarisation de Téhéran reste bien plus inquiétante que touterécession économique, car elle ferait basculer la communauté internationaletout entière dans « un monde dangereux et terriblement menaçant pour lesEtats-Unis, l’Europe, et Israël ». Et de scander : « L’Iran est le problèmenuméro 1 de notre génération ».
Plus de 1 000 personnes ont assisté à cette seconde conférence annuelle duJerusalem Post. L’auditoire a chaudement applaudi les interlocuteurs quilouaient la force d’Israël. Le plus grand succès a été remporté parl’éditorialiste Caroline Glick, qui a évoqué les défis affrontés par les Juifsd’Amérique face à la campagne de dénigrement anti-israélienne.