Faire alliance avec l’Arabie Saoudite ?

Tzipi Livni défend sa vision du Proche-Orient. Et plaide pour une alliance avec les Etats arabes modérés.

P5 JFR 370 (photo credit: Marc Israel Sellem)
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(photo credit: Marc Israel Sellem)
Une paixstratégique ? « En finir avec le conflit palestinien faciliterait la créationd’une alliance entre Israël et les pays arabes modérés contre l’Iran », adéclaré la ministre de la Justice Tzipi Livni, jeudi 24 octobre. L’élue étaitl’un des éminents invités de la seconde conférence diplomatique du JerusalemPost à Herzliya. « Lorsque l’on entend les solutions proposées par l’ArabieSaoudite afin d’éviter un Iran nucléarisé, elles semblent familières »,a-t-elle ajouté.
Selon la ministre, les régimes arabes modérés partagent les préoccupationsd’Israël concernant l’Iran. Ils désirent également voir les Etats-Unis et lacommunauté internationale se prononcer en faveur de sanctions sévères contreTéhéran.
Ce même jeudi, le New York Times publiait un article affirmant que l’ArabieSaoudite partage la politique israélienne au Proche-Orient, en particulierenvers l’Iran. Plus tôt dans la semaine, Riyad a fait savoir que le plan depaix proposé par la Ligue arabe, offrant à Jérusalem de normaliser sesrelations avec 57 pays, était toujours sur la table.
Double front

« Pour empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire, il nous fautcoopérer avec les pays qui comprennent que la politique iranienne est égalementune menace pour eux », a décrypté Livni. « Mais, malheureusement, le conflitouvert entre Israël et les Palestiniens rend cette collaboration impossible, oualors très difficile. Car les pays arabes ne peuvent pas agir aux côtés del’Etat hébreu contre l’Iran sans que leurs populations ne s’insurgent, Israëlrestant l’ennemi à combattre », a-t-elle ajouté.
Et la ministre d’insister : il est vital que la communauté internationalecontinue de faire pression sur l’Iran tant que la République islamique ne seconforme pas aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies. Cesdernières exigent le démantèlement de son programme nucléaire.
Cependant, a-t-elle ajouté, il est tout autant primordial de garder une menacemilitaire crédible en option. Pour Livni, Israël se trouve aujourd’hui aumilieu de 2 conflits, l’un avec l’Iran, l’autre avec les Palestiniens. C’estpourquoi l’Etat doit agir en parallèle sur les deux fronts, progressant dans leprocessus de paix tout en maintenant une pression sur l’Iran.
« Le danger d’un Iran nucléarisé est une raison supplémentaire pour tout faireafin que cesse le conflit avec les Palestiniens », a-t-elle continué. Livni esten charge des négociations, côté israélien, renouvelées cet été pour unepériode de 9 mois. « Les pourparlers portent sur toutes les questionsfondamentales et nous essayons de les traiter toutes à la fois au lieu de lefaire une par une car, tant que tout n’est pas réglé, rien n’est réglé », aplaidé la ministre.