Iran : nouvelle session de pourparlers

Les puissances se réunissent à Genève. Téhéran annonce la couleur.

« La fenêtrediplomatique pour l’Iran est en train de s’ouvrir ». Tel était le message dusecrétaire d’Etat américain John Kerry dimanche 13 octobre. Il s’exprimait parsatellite depuis Londres face à la commission américaine des Affaires publiquesisraéliennes qui se réunissait en Californie. « Mais je veux que vous sachiezque nous gardons les yeux grands ouverts. Nous cherchons à obtenir une solutionpacifique au programme nucléaire iranien, mais les paroles doivent être suiviesd’actes », a martelé le diplomate. « Dans chacune de nos consultations avecTéhéran, nous pensons à la sécurité d’Israël ».
A Jérusalem, cependant, l’heure n’était guère à l’enthousiasme. Dimanche, unresponsable israélien déclarait que le refus de Téhéran de se séparer de sonuranium enrichi – nécessaire pour la production d’armes nucléaires – signifiaitque la République islamique persistait dans la même voie.
Des négociations devaient se dérouler à Genève mardi 15 et mercredi 16 octobreentre l’Iran et les puissances occidentales. Le régime a d’ores et déjà annoncéqu’il pourrait faire preuve de flexibilité sur certaines de ses activitésatomiques. Dimanche, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, AbbasAraqchi, s’est exprimé en ce sens sur le plateau télévisé de la chaînepublique. « Bien entendu, nous négocierons concernant la forme, la quantité etles différents niveaux d’enrichissement d’uranium. Mais l’acheminement desmatériaux en dehors du pays n’est pas négociable. C’est notre ligne rouge ».
Israël a demandé à plusieurs reprises que Téhéran se débarrasse del’intégralité de son matériel nucléaire. Jérusalem craint par ailleurs que lacommunauté internationale ne soit rassurée par le nouveau ton employé par lerégime islamique et consente à certains allégements de sanctions. Tout en necontraignant pas les Iraniens à démanteler leur programme.
En prévision des pourparlers suisses, le Premier ministre Binyamin Netanyahous’est entretenu avec plusieurs dirigeants internationaux, dont le présidentfrançais François Hollande et le Premier ministre britannique David Cameron. Ila également accordé plusieurs interviews à des médias étrangers pour réitérerson message. « Le Premier ministre a toujours dit que l’Iran ferait desconcessions minimales qui auront l’air d’être importantes, mais qui en réalitén’auront aucun impact sur l’objectif nucléaire iranien », explique-t-on dansl’entourage de Bibi. « Téhéran se joue de l’Occident ». Les négociations deGenève sont les premières à avoir lieu depuis l’élection du nouveau présidentiranien, Hassan Rohani, au mois de juin.