Kerry évoque la « sensibilité » d’Ankara au grand dam des Israéliens

Les excuses de Netanyahou pour l’incident du Mavi Marmara ont relancé le processus diplomatique entre les deux pays, mais l’heure n’est pas encore à l’amitié.

US Secretary of State Kerry with Turkish FM Davutoglu (photo credit: REUTERS/Jacquelyn Martin/Pool)
US Secretary of State Kerry with Turkish FM Davutoglu
(photo credit: REUTERS/Jacquelyn Martin/Pool)
Stupeur israélienne. Dimanche 7 avril, de visite en Turquie, lesecrétaire d’Etat américain John Kerry a évoqué la « sensibilité » d’Ankaradepuis les excuses de Jérusalem pour le raid sur la flottille du Mavi Marmaraqui a fait 9 morts turcs en mai 2010. L’Etat hébreu s’est également engagé àverser des indemnités aux familles des tués (voir ci-dessous). « Tout a étéfait pour éviter le triomphalisme », s’est félicité le diplomate américain enconférence de presse avec le ministre turc des Affaires étrangères, AhmetDavutoglu. « De quel pays parle-t-il ? », s’est-on exclamé, côté israélien. «J’ai bien peur que le Secrétaire d’Etat n’ait pas vu le rapport sur lesréactions turques depuis que les excuses ont été faites », ironise un membre del’exécutif.

Un rapport qui mettrait en relief les nombreuses déclarations du Premierministre turc Recep Tayip Erdogan, et des autres membres de son gouvernement,exultant sans retenue face à cette victoire.

« Les martyrs de Palestine »

Rappel des faits. Peu avant Pessah, le Premierministre Binyamin Netanyahou consent à présenter ses excuses à la Turquie.

Il passe un appel en présence du président américain Barack Obama sur le tarmacde Ben-Gourion, quelques minutes avant la fin de la visite d’Obama. Quelquesjours plus tard, Erdogan donne le ton de la réaction turque. Et déclare à sessoutiens que l’Etat hébreu fait erreur en pensant que l’incident du MaviMarmara serait facilement oublié.

Il ajoute, selon l’agence de presse Anadolu : « Les excuses israéliennes sontimportantes pour la mémoire des martyrs de Turquie et de Palestine ». Dans lafoulée, le dirigeant annonce une visite à Gaza et à Ramallah, en compagnied’associations humanitaires turques.

Son ministre des Affaires étrangères Davutoglu donne de son côté un dîner en sarésidence pour les familles des 9 morts de la flottille, ainsi que certainsresponsables de l’ONG radicale Humanitarian Relief Fondation derrière le projetdu Mavi Marmara. Une ONG interdite en Allemagne pour ses connexions avec leHamas et dont un membre a fait l’objet d’une enquête turque en 2012 poursuspicion de financements à Al-Qaïda. « Mettez-vous à l’aise », leur a dit leministre selon le site d’information turc Sabah. « Vous êtes ici chez vous.Leur sang n’aura pas coulé pour rien. Plus rien ne sera comme avant ».

« Si tout cela n’est pas du triomphalisme, alors je ne sais pas ce que c’est »,conclut le membre du gouvernement israélien.