« Plus que jamais, intensifier les sanctions iraniennes »

Le ministre de la Défense passive, Guilad Erdan, accompagne Binyamin Netanyahou aux Etats-Unis. Entretien exclusif.

P5 JFR 370 (photo credit: Gil Cohen Magen)
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(photo credit: Gil Cohen Magen)
« Le pire seraitde cesser les sanctions ». Le ministre Guilad Erdan annonce immédiatement lacouleur. Préposé à la Défense passive, cet élu Likoud accompagnait en début desemaine le Premier ministre Binyamin dans son voyage aux Etats-Unis. Auprogramme : halte à Washington puis discours à New York devant l’Assemblée del’Onu. Alors que l’heure est aux ronds de jambes entre l’administrationaméricaine et le nouveau président iranien Hassan Rohani, Netanyahou devait,encore une fois, jouer les Cassandre et mettre en garde contre un Irannucléaire, un danger aujourd’hui imminent.
La délégation israélienne arrivait à Washington au moment où la Maison-Blancheadoucissait le ton avec Téhéran, qui a opté pour une nouvelle approcheconciliatoire, poussant les Américains à croire de nouveau qu’une issue decrise diplomatique est possible.
Erdan était le seul ministre à accompagner Netanyahou dans ce voyage et, avecle ministre de la Défense Moshé Yaalon, le seul élu Likoud à siéger au conseilde sécurité restreint. Jérusalem, explique-t-il, ne s’oppose pas au recours àla diplomatie. Mais craint que dans le cadre d’un nouveau dialogue entreTéhéran, les Etats Unis et la communauté internationale, une partie dessanctions à l’encontre de la République islamique soit levée ou revue à labaisse. Et le ministre d’expliquer : Hassan Rohani a été élu sur la promesse deredresser la situation économique iranienne. Promesse qu’il ne peut tenir qu’àla condition d’une levée des sanctions, selon l’élu, qui ajoute que le nouveauton employé par le président à l’égard de l’Occident relève de cette raisonuniquement.
Erdan met en garde : le régime veut faire avaler aux puissances occidentalesl’idée que les négociations pourront écarter la menace nucléaire, alors mêmeque l’Iran continue son programme d’enrichissement d’uranium. Lors de sondiscours devant l’Onu, Netanyahou devait comparer le régime à la Corée du Nord,qui avait elle aussi accepté de négocier jusqu’au jour où elle a pu obtenir labombe.
Rien n’a changé, au contraire
Le problème, continue Erdan, c’est que ceprogramme est caché. « Les gens ne voient pas les centrifugeuses ou lesinstallations de plutonium. Ce qu’ils voient, ou qu’ils entendent, ce sont lesbeaux discours que tient Rohani au sujet de la paix. Il ne hurle pas. Il parledoucement, calmement. Voilà ce que le monde entend », pointe l’élu. « J’espèresincèrement me tromper, mais ce que nous voyons depuis son élection, c’est quenon seulement rien n’a changé, mais c’est même le contraire : Téhéran a acquisde meilleures centrifugeuses qui marchent plus vite. Il ne faut pas se faired’illusions, le Guide suprême Ali Khamenei décide toujours de tout, Rohanin’est que le visage aimable que l’on présente en Occident ».
Pour Erdan, le discours du président iranien, qui a évoqué les droits del’Homme et dénoncé le terrorisme tandis que son pays continue de soutenir leprésident syrien Bashar Assad dans ses menées contre son propre peuple, étaittrès hypocrite. Et pas plus tard que la semaine précédente, Rohani a participéà un défilé militaire où ont été présentés des missiles décorés de slogansappelant à la destruction d’Israël, a déploré le ministre.
Dans leurs échanges avec les diplomates américains et internationaux,Netanyahou et Erdan devaient donc s’employer à détailler les 4 conditions quidevraient être réunies pour que les sanctions à l’égard de l’Iran soient levées: cesser l’enrichissement d’uranium, évacuer tout le matériel nécessaire dupays, démanteler le complexe nucléaire de Qom et arrêter la construction duréacteur nucléaire à Arak. « Tant que ces conditions ne sont pas remplies, ilfaut continuer à faire pression sur les Iraniens et non le contraire », met engarde Erdan.
Et de rappeler que lorsque que l’ancien président Mahmoud Ahmadinejad était aupouvoir, le danger posé par le régime iranien était bien plus explicite entreses sorties contre « l’impérialisme américain » et les menaces de détruireIsraël. Mais, plus que jamais, martèle Erdan, le message doit passer carTéhéran met en danger l’ensemble de la communauté internationale et nonseulement l’Etat hébreu.
Durant son séjour à New York, le ministre de la Défense passive, égalementresponsable de la sécurité civile, devait rencontrer le président de l’Agencefédérale de gestion des urgences afin de renforcer ses liens avec Israël etétudier les meilleurs scénarios de préparation en vue des désastres tels que lestremblements de terre et les incendies.