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La partialité de la presse est le carburant de ces âmes égarées persuadées que la violence peut mener à quelque chose de bon

Graffitis de Tag Mehir effaces d'un mur d'eglise (photo credit: REUTERS)
Graffitis de Tag Mehir effaces d'un mur d'eglise
(photo credit: REUTERS)
Yisrael Medad et Eli Pollak
 En quelque 48 heures (entre le 23 et le 24 mai), pas moins de 69 jets de pierres et autres attaques contre des Juifs de Judée-Samarie (Yesha) ont eu lieu. Le 24 mai, selon un rapport du site Hashomer Hachadash (Le Nouveau gardien), des feux ont éclaté en trois endroits distincts autour de Givat Nili et Regavim. On suspecte fortement des incendies volontaires. Givat Nili et Regavim ne sont pas des « colonies » de l’autre côté de la Ligne verte, pourtant, on y recense en moyenne près de 1 000 incendies par an.
Toujours en Judée-Samarie, selon le site d’informations Hakol Hayehudi (La voix juive), le matin du 22 mai, 10 véhicules juifs ont été caillassés. Certains ont été endommagés, aucun blessé n’a été signalé. Et au cours de la semaine précédant le 13 mai, pas moins de 62 attaques contre des Juifs ont été enregistrées, des jets de pierre pour la plupart. Idem pour la première semaine de mai.
Mais rien de nouveau sous le soleil. En novembre 2013, le site Mégaphone rapportait déjà 786 jets de pierre en l’espace de 3 semaines sur tout Israël, sans compter les attaques dirigées contre Tsahal. Et Yehoudit Tayar, médecin urgentiste volontaire, avait publié – avec l’autorisation et la confirmation de l’armée – 91 rapports mentionnant chacun des dizaines d’incidents violents survenus ces trois dernières années en Judée-Samarie. Rapports repris par les sites d’informations en hébreu et en anglais, mais ignorés des médias grand public.
N’eût été la technologie moderne, nous ne saurions pas qu’une guerre se déroule en Judée-Samarie.
Et non, cette guerre n’a pas éclaté à la suite de « l’échec » des négociations entre Israël et le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et ses sbires. Elle était bel et bien en vigueur tout au long des neuf mois de négociations.
Pas une fois, Abbas n’a été interpellé par les médias israéliens sur la question. Son négociateur, Saeb Erekat, est régulièrement l’invité de Razi Barkai, sur les ondes de la radio militaire. Jamais il n’a été interrogé pour savoir s’il condamnait ces actes de violence, ou s’il ne se sentait pas en quelque sorte responsable pour ne pas chercher activement à enrayer la violence. On se demande d’ailleurs pourquoi la station de Tsahal ouvre son antenne à ce fervent partisan de ce genre de terreur, alors qu’elle n’a pas jugé bon – à juste titre – de recevoir le suspect du « Prix à payer », interpellé à Yokne’am, pour lui permettre d’« expliquer » sa position.
Le « deux poids, deux mesures » de la presse
 Les journalistes israéliens qui opèrent en Judée-Samarie sont appelés « correspondants dans les Territoires », et non, par exemple, « reporters en Judée-Samarie » qui serait considéré comme partisan pour marquer l’identification du journaliste avec les habitants des implantations. Mais le titre de « correspondant dans les Territoires » n’est-il pas tout autant biaisé pour s’apparenter avec l’idéologie de gauche, selon laquelle la Judée-Samarie n’est autre que des « territoires occupés » ? Y a-t-il une corrélation entre l’appellation journalistique et le fait que les médias n’informent pas réellement le public sur la situation dans les territoires ?
Couvrir et rapporter les actes de vandalisme perpétrés contre les musulmans et les chrétiens est essentiel. Il est primordial que la presse se fasse le relais d’articles d’opinion, interviews et autres discussions sur la question. Mais des pierres et des bombes incendiaires sont bien plus dangereuses que des graffitis. Elles peuvent tuer et mutiler. Adele Biton, la fillette grièvement blessée près d’Ariel n’en est qu’un exemple. Yitzhak Palmer et son fils en bas âge, tués par une pierre qui a fait voler en éclat le pare-brise de leur véhicule, près de Hébron, en sont un autre.
Si les médias israéliens faisaient correctement leur travail, ils pourraient avoir une influence positive dans certains domaines. Peut-être que Tsahal et les forces de sécurité prendraient davantage au sérieux les actes de terrorisme en Judée-Samarie et investiraient plus d’efforts pour les prévenir.
Malheureusement, ce n’est pas le cas. La partialité de la presse est le carburant de ces âmes égarées persuadées que la violence peut mener à quelque chose de bon.
Une société qui afficherait une tolérance zéro pour tous les actes de violence pourrait en outre, aider les éducateurs à enseigner à leurs élèves que les agissements du Prix à payer sont moralement répréhensibles. Mais elle leur rend la tâche encore plus difficile si elle tend à les accepter quand ils sont commis par le « bon » côté. Il est grand temps que toutes les actions de violence soient rapportées, quelle que soit leur origine. 
 Les auteurs sont respectivement vice-président et président de Israel Media Watch (www.imw.org.il).