Beersheva a le vent en poupe !

Proche des principales structures universitaires et hospitalières, le quartier de Ramot à Beersheva est très demandé.

JFR P23 370 (photo credit: DR)
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Danssa traduction littérale, Beersheva se nomme « les sept puits », allusion auxsept sites anciens répertoriés dans la ville. Aujourd’hui, le marché immobilierlocal est influencé par des efforts gouvernementaux notables. Le but :persuader les éventuels candidats à l’achat de s’éloigner de la zone côtièresurpeuplée et de plus en plus coûteuse. En outre, le ministère de la Défense amis en place la délocalisation progressive des bases d’entraînement militairepour se resituer dans la région. Une manoeuvre destinée à encourager les famillesde militaires à se tourner vers l’immobilier local afin d’accroître la demandede manière substantielle.

Retour à Abraham, qui garde un lien étroit avec l’histoire de Beersheva. Onraconte que le patriarche y a creusé un puits, qui demeure encore aujourd’huil’une des curiosités de la ville. Il y a planté un tamaris, et installé là sontroupeau de brebis et de chèvres. S’il en a été réellement ainsi, Beersheva adû être, à l’époque, imaginons-le, une ville autrement plus vertequ’aujourd’hui.

Il est vrai qu’il n’existe pas de certitude historique quant au passageabrahamique dans la cité. Il faut savoir que le site archéologique de Tel Shevadate d’une période bien plus tardive. Les Ecritures n’ont pas mentionné laville plantée au beau milieu du désert, pas plus qu’elle n’a été référencéedans les dernières périodes byzantine, musulmane ou turque.

Au début du XIXe siècle, les Européens visitent le lieu et décrivent l’endroitcomme un bout de terre ressemblant à un tronçon stérile habité par une poignéede Bédouins.

Le statut de la ville se précise à la fin du XIXe siècle. Les Ottomans,occupent la Palestine depuis le XVIe siècle, et durant la deuxième moitié duXIXe siècle, l’Empire choisit d’y construire un poste de police afin de mettreun terme au brigandage et surveiller la population bédouine locale.

Immédiatement après, ils construisent des routes et établissent bureauxgouvernementaux et résidences pour leurs fonctionnaires. Ces bâtiments sontconstruits avec des matériaux locaux solides, dont la plupart sont toujoursdebout aujourd’hui, plus de cent ans après… Une équipe d’architectes suisses etallemands édifie la ville, et la grille du tracé des rues est toujours aisémentrepérable dans la vieille ville de Beersheva.

Ville historique et stratégique 

Dans un contexte historique et internationalplus large, la ville reste célèbre pour la bataille de cavalerie qui porte sonnom, et son rôle dans la campagne Sinaï-Palestine.

Le 31 octobre 1917, trois mois après la prise de Rafah, les troupes sous lecommandement du général Edmund Allenby ouvrent une brèche dans la ligne dedéfense turque située entre Gaza et Beersheva. Huit cents soldats des 4e et 12erégiments australiens de la 4e ligne de cavalerie légère appelée « Light HorseBrigade », sous la direction du général William Grant, vont charger à labaïonnette et ratissent les tranchées turques, la dernière charge de cavaleriedans l’histoire britannique militaire.

En bordure de la vieille ville, un cimetière abrite les tombes des soldatsanglais et australiens tués lors de cette campagne.

La ville s’est également dotée d’un parc mémorial dédié à la 4e Light HorseBrigade.

Beersheva vit un tournant en 1948. La cité est alors aux mains de Tsahal, etses habitants, 4 000 environ, déportés en Egypte. Depuis, elle a connu uneremarquable expansion.

Une grande partie de ses résidents sont originaires des pays arabes,principalement du Maroc. Ils ont afflué vers Israël durant les années cinquanteet soixante.

Au cours des années quatre-vingt-dix, les vagues d’immigration, russe, puiséthiopienne, vont encore permettre d’accroître la population locale. Avecl’afflux des immigrants russes, les échecs deviennent ainsi le sport favori dela cité. Aujourd’hui, Beersheva se targue d’en être, au niveau national, unhaut-lieu, l’une des capitales reconnues des plus grandes compétitionsmondiales.

Alors que Beersheva se peuple de nouveaux arrivants, puis de leurs descendants,la ville prend un essor démographique significatif en 1969, lors de lafondation de l’université Ben Gourion du Néguev. L’établissement va attirer lesclasses moyennes, les professionnels et hauts diplômés, le visage de la villese modifiant peu à peu en conséquence.

A 55 minutes de Tel-Aviv 

Beersheva compte à ce jour 200 000 habitants et sedivise en dix-sept quartiers distincts. Celui de Ramot, à l’extrême nord de laville, recense, lui, 15 000 résidents intra muros. La zone connaît aujourd’huiun véritable essor et la demande immobilière y est forte. Sa populationappartient aux classes relativement aisées.

La proximité de l’université Ben Gourion et de l’hôpital Soroka n’y est paspour rien. Car c’est là que la plupart des résidents de Ramot sont employés. Auxalentours, la municipalité a pu acquérir un terrain d’une quarantaine d’hectares,dans l’intention d’y créer un vaste parc technologique ultramoderne, où il estprévu d’y installer 180 000 m2 de bureaux… L’avantage de cet emplacement est saproximité avec la station de train nord de la ville. Un véritable plus pour cequartier qui multiplie ses atouts, et permet une liaison rapide, en 55 minutesseulement, avec Tel-Aviv.

Ramot attire ainsi les voyageurs fréquents, séduits par cette facilité destransports. La cité compte aujourd’hui neuf projets en développement. EitanAfod, vice-président chez Arazim, l’une des sociétés impliquées dans cestravaux, ne cache pas son enthousiasme pour cette zone. « Nous sommesoptimistes pour Ramot », confie-t-il. « Sa localisation est idéale et lequartier est devenu l’un des plus populaires de la ville. Grâce à la proximitéde l’université et de l’hôpital, et du nouveau parc technologique, des famillesd’un niveau socioéconomique relativement élevé, aux revenus confortables,choisissent Ramot. Ils veulent des logements de qualité, ce que nous sommes enmesure de leur fournir ».

Le projet de Arazim, appelé Concept Royal, comprend 77 vastes unités delogements, d’une superficie de 156 à 174 m2. Répartie sur trois bâtimentsprincipaux, la moitié est agrémentée d’un jardin et l’autre d’une jouissance dutoit.

Arazim est également impliqué dans un autre projet appelé Mon Concept,constitué de 192 unités de logements, du 4 au 5 pièces, incluant penthouses etappartements avec jardin, dans quatre gratte-ciel.

Les prix à Ramot sont parmi les plus élevés de Beersheva.

Pour Itzik Duev, de l’agence Anglo-Saxon locale, « Ramot est un grand quartieret le prix varie selon la zone. Les familles de Ramot A habitent des résidencesconstruites il y a 20 ou 30 ans déjà. Les nouveaux terrains du quartier enconstruction sont rattachés à Ramot B, et constitués d’immeubles à étages. EtRamot C et D comptent deux nouvelles aires. Des zones relativement proches del’université et réservées aux résidences mitoyennes ».

Il souligne néanmoins : « La ville reste quand même, en raison de sa proximitéavec Gaza, vulnérable et à portée des roquettes. La demande est forte pour lesappartements comprenant un abri. » Selon Duev, « les investisseurs sont aussiintéressés car la demande locative est forte. Des étudiants, des intérimairestravaillant pour l’hôpital et l’Université notamment. » Il poursuit : « Unappartement de trois pièces, s’évalue entre 750 000 et 850 000 shekels, tandisqu’un appartement de quatre pièces sera estimé entre 850 000 et 920 000shekels.

Un cinq-pièces coûte, lui, entre 1 million et 1,5 million. Les nouveauxappartements se situent dans le même ordre de prix, dans la mesure où lesacheteurs devront patienter deux ans avant de les occuper.