Hamas : l’arsenal de la terreur

Depuis 2007, le groupe terroriste qui occupe Gaza s’est approvisionné en abondance en Kassams et mortiers en provenance du Moyen-Orient.

2111JFR8 521 (photo credit: Reuters)
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(photo credit: Reuters)
Mais les attaques sur Tel-Aviv etJérusalem ce vendredi 16 novembre révèlent l’existence de roquettes M75 àlongue portée, une fabrication artisanale capable d’atteindre la capitale.

Israël s’est totalement et unilatéralement désengagé de Gaza en 2005.Depuis, en 2007 plus précisément, le Hamas, entité terroriste incontestée dansla bande, y a installé son siège. Etablissant la charia comme matrice de sesprojets, plaçant ses QG dans les écoles et hôpitaux, formant ses troupes de jeunesau commando-suicide et éliminant tout opposant aux brigades de la terreur, leHamas est roi en son palais. Les trafics de munitions via les tunnelssouterrains et les navires de contrebande s’intensifient chaque année. Lemouvement hérite ainsi d’armes que l’on dit en provenance de l’Iran, du Soudan,de la Russie, de la Corée du Nord.

Depuis 2007, l’entité a su se renforcer, au grand dam des villes frontalièresde la frontière gazaouïe, comme Sdérot, le conseil d’Eshkol, ou Ashkelon, quisubissent chaque semaine les tirs de roquettes. L’opération Pilier de défense,mission de l’armée de défense d’Israël lancée le 14 novembre en riposte auxincessants tirs de roquettes, a permis d’éliminer des entrepôts d’armes et demissiles. Pourtant, le sud du pays continue d’être visé, laissant entendre quela quantité de roquettes dans les mains du Hamas est conséquente. Malgré les950 bombardements de l’aviation israélienne sur les sites supposés du groupeterroriste, plus de 800 tirs de roquettes ont été comptabilisés en quatre joursd’opération, dont 250 interceptés par le Dôme de fer israélien.

Quel arsenal ont-ils encore en leur possession ? Cela reste une énigme pourtous, bien que les pronostics annoncent l’épuisement des ressources. Or, leshabitations civiles sont utilisées par le Hamas pour servir de dépôt demunitions. Sans intervention terrestre, l’estimation est difficile.

Mortiers, Grads ou Kassams : à chacun sa roquette 

Fusils, explosifs, missilesantichars et missiles à longue portée sont utilisés contre les civilsisraéliens. Depuis 2001, plus de 12 800 roquettes et mortiers, avec une moyennede trois attaques par jour, ont atterri sur le territoire israélien. Selon lessources officielles de Tsahal, l’an dernier, 2 500 fusils, 5 000 roquettes et 15missiles ont été saisis avant de tomber dans les mains des terroristes de Gaza.Mais ce n’est qu’une partie infime de ce qui pénètre effectivement leurterritoire.

Le panel d’armes du Hamas est large.

Les tirs de mortiers, pouvant aller jusqu’à 9,7 km pour les gros obus, sont desprojectiles creux remplis de matière explosive tirés par des canons. Ils sontfabriqués à Gaza sur le modèle iranien. Les types de roquettes que possède leHamas sont nombreux. De facture iranienne, ou fabriqués à Gaza, ces missilesdeviennent de plus en plus dangereux pour Israël.

Une roquette peut parcourir une distance de 17,7 à 48 km, allant du Kassam à laroquette Grad améliorée de longue portée. En 2009, on estime le prix defabrication d’une roquette à 800 dollars environ.

Développé par les brigades Izzaddin el-Qassam - la branche militaire du Hamas -en plusieurs modèles, utilisé et développé depuis la seconde Intifada, leKassam atteint un périmètre de 17,7 km. Il est fabriqué à Gaza. Ce sont lesusines de fabrication de ces roquettes que les frappes israéliennes ontdétruites ces derniers jours.

En ce qui concerne l’importation de contrebande, le Fajr-3, artillerieiranienne de longue portée, est fabriqué depuis 1991 avec l’aide de la Corée duNord. Il s’ajoute aux Konjurs, Sagger et Fagot, de petits missiles munis d’unsystème antitank, très avancés. Fabriqués en Russie, ils possèdent un laserguidé. De moins longue portée, ils s’avèrent plus résistants et leur périmètred’explosion est plus élevé.

Le “M75”, une fabrication maison 

La menace récente qui intimide Israël estl’acquisition du missile Fajr-5, dit “Grad”. Il s’agit d’une roquetted’artillerie au sol non guidée, développée par l’Iran en 2006. Sa précision estd’un kilomètre et elle peut parcourir une distance de 75 km. D’une longueur de6,6 mètres, et d’un diamètre de 33 centimètres, sa charge militaire peutatteindre 90 kg. Le Hezbollah au Liban posséderait ces mêmes roquettes. L’Irandément en avoir fourni à Gaza, mais il en est le seul producteur.

Le lancement de ce missile contre Israël représente un développementsignificatif dans le conflit. Ce dimanche 18 novembre, deux Grads Fajr-5 ontété lancés sur Tel-Aviv.

Un troisième a explosé sur un véhicule à Holon.

Reste enfin le “M75”. Celui qui a été lancé en direction de Jérusalem. Lemissile a explosé près d’un village arabe de Judée Samarie, à près de 78 km dela bande de Gaza. Le M75 constitue la nouvelle trouvaille des brigades arméesdu Hamas. De fabrication maison, inventé par les bons soins des Gazaouïs, cemissile de longue portée peut désormais atteindre la capitale. Les composantsdu M75 s’apparentent au Farj-5, mais les analyses sont encore en cours pourdéceler avec plus de précision ce qui se cache derrière cette roquette.

Encore peu familiers avec ce type d’engins, les experts en déminage israéliensdécouvrent au compte-gouttes les propriétés de ces missiles d’un nouveau genre.Dimanche 18, les premières constations tombaient : les roquettes lancées surTel-Aviv ou Jérusalem ne contiennent pas de charge explosive, d’où leur longueportée. C’est la force de l’impact qui provoque alors les dégâts.

Bien entendu, les brigades armées du Hamas ne bénéficient ni de blindés ouautres tanks, ni de forces aériennes.

Mais pas de quoi entamer la motivation du Hamas. La dernière annonce officielledu mouvement, datée du samedi 17 novembre, témoigne d’une volonté de continuerles hostilités avec tous les moyens à sa disposition. Comme le déploiementd’une petite armée de “terroristes-suicides” prêts aux attentats en cas depénétration de l’artillerie lourde israélienne dans la bande de Gaza.

La menace des nouveaux missiles est prise au sérieux par les autoritésisraéliennes en alerte, à Jérusalem et à Tel-Aviv, où l’“alarme rouge” n’avaitpas été entendue depuis la guerre du Golfe, en 1991.

Certes, toujours samedi 17 novembre, certains avançaient les signes d’unefaiblesse du Hamas, et un possible glissement vers une trêve. Mais dès dimanchematin, les tirs reprenaient.

Tsahal affirmait pourtant avoir détruit l’essentiel des zones de production etde stockage. Mais les doutes planent quant à une extinction efficace desressources du Hamas.

On parle de “dizaines” de Grads longue portée de facture locale restant sur leterritoire gazaouï, et de milliers d’armes de moindre importance.

De quoi menacer encore lourdement les habitants de Sdérot, Nétivot, Ofakim, duconseil régional d’Eshkol, de Beersheva, Kiryat Gat, Ashkelon, Ashdod, Yavné,Shaar Néguev, voire Jérusalem et Tel-Aviv.