Les doutes de Golda

40 ans après la guerre de Kippour, les craintes et les doutes du Premier ministre d’alors sont pleinement révélés

P4 JFR 370 (photo credit: DR)
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Alors qu’Israëls’apprête à commémorer la guerre de Kippour qui a fait plus de 2 500 morts ettraumatisé une génération d’Israéliens, le ministère de la Défense a dévoilé denouveaux détails du témoignage du Premier ministre d’alors, Golda Méïr. L’élues’était exprimée devant la commission Agranat, chargée d’enquêter sur lesdécisions de l’armée israélienne dans les jours précédant l’attaque-surprisemenée par la Jordanie et l’Egypte.
« Je pense que l’on peut regrouper ce qui nous est arrivé en cette veille deYom Kippour sous le titre “Erreurs” », a avoué Méïr. Avant de décrire sonagitation et son inquiétude à la veille du conflit, ainsi que son désaccordavec les hauts gradés au sujet de l’appel des réservistes. Et la dirigeante deregretter : « Pourquoi n’ai-je pas dit : “Messieurs, appelons-les réservistes”? ». Elle explique avoir craint qu’une telle mesure n’alerte les armées arabes.Interrogée sur son état d’esprit à la veille de la guerre, elle répond : «J’étais très agitée. Bien évidemment, en ce vendredi matin (le 5 octobreN.D.L.R.), je n’étais pas en paix ».
Une agitation qui datait du 3 octobre, confie-t-elle, jour où les familles desdiplomates russes ont été évacuées d’Egypte et de Syrie.
Tout au long de son témoignage, Méïr dévoile son manque d’expérience militaire,alors que, pour la première fois, il lui incombe de prendre des décisionsstratégiques de haute importance. Elle explique ne pas avoir ordonné de frappepréventive, alors que la guerre semblait imminente, craignant de perdre lesoutien des Américains, mais aussi que Tsahal ne soit pas prêt à une telleopération. « Je savais et je sais maintenant que, peut-être, ou mêmecertainement, certains de nos garçons seraient restés en vie. Mais je nesaurais dire combien seraient morts en raison du manque d’équipement », a-t-elledéclaré devant la commission, dans une poignante description de sesresponsabilités d’Etat.
La dirigeante raconte également ne pas avoir été informée comme il se doit parle directeur du Mossad : si vendredi 5 octobre, à 5 h 30 du matin, lesrenseignements militaires préviennent leur hiérarchie que les Syrienss’apprêtent à attaquer l’Etat hébreu, l’information n’arrivera que plus tarddans la journée au chef du gouvernement.
Méïr conclut en se disant sceptique face aux propositions de paix du présidentégyptien Anouar el-Sadat, déclarant ne pas le prendre sérieux en tant quedirigeant.
Etablie en novembre 1973, la commission Agranat a enquêté sur les informationsdont disposaient les chefs militaires dans les jours précédant la guerre deKippour, les décisions prises par l’exécutif militaire et civil en fonction deces informations et l’état de préparation de Tsahal au moment du conflit.


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