« Maintenant, je peux commencer à vivre ma vie ! »

Peace of Mind est un organisme qui propose aux soldats démobilisés de faire un break avant de se plonger dans la vie civile.

P14 JFR 370 (photo credit: DR)
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« Je suis sûr quemon expérience avec Peace of Mind (état d’esprit en français) restera l’une destrois meilleures expériences de ma vie… » Ainsi s’exprime Oren Adasha, parti en2011 à Toronto avec un groupe d’anciens de Tsahal. Et il n’est pas le seul às’enthousiasmer ainsi pour ce programme, depuis sa création, en 2007.
Chaque année, des milliers d’hommes et de femmes sont engagés dans l’arméeisraélienne. Après ce service militaire obligatoire, certains choisissent derester militaires. Pour les autres, le retour à la vie civile peut se révélerperturbant.
Le professeur Danny Brom, directeur du Centre israélien pour le traitement despsychotraumatismes (ICTP), en sait quelque chose : « En terminant leur service,beaucoup disent : “J’étais soldat, mais maintenant que j’ai rendu mon matériel,je suis complètement perdu. Je n’ai aucune idée de ce que je vais faire” ».
Cela est particulièrement vrai pour les anciens des unités combattantes, qui sesont trouvés exposés à de hauts degrés de violence. « On ne peut pas entraînerquelqu’un à être hypervigilant jour et nuit », explique Brom, « lui ordonner deveiller sur ses amis pendant les assauts en espérant que ceux-ci veillerontaussi sur lui, puis lui dire, au bout de trois ans : “Eh bien voilà, c’estterminé ! Maintenant, vous pouvez vous détendre !” Ça leur est impossible ! »Bien sûr, souligne-t-il, un entraînement intensif est nécessaire si l’on veutque les soldats protègent bien le pays, mais cette protection a un prix. « Ducoup, c’est le devoir de la société – et je dirais même de tout le peuple juif– de faire en sorte que les anciens de Tsahal s’en sortent indemnes après leurservice. »
Au moins une reconnaissance
Ainsi l’association Peace of Mind (POM)a-t-elle été créée pour ces ex-soldats israéliens qui ont vécu des situationsde combat traumatisantes. Son but : les aider à reconnaître et à intégrer leursexpériences.
« C’est un service que Tsahal ne peut pas proposer », indique lelieutenant-colonel de réserve Sasson Rahabi, directeur du programme, quicommandait un bataillon pendant la première guerre du Liban. « Le ministère dela Défense prend en charge ceux qui souffrent de vrais syndromes de stresspost-traumatique, bien sûr, mais peu de choses sont faites pour ceux qui nemanifestent pas de symptômes pathologiques.
« Ce projet s’adresse à ceux – comme moi-même – qui reprennent la vie civilesans que personne ne soit venu leur demander “Comment ça va ?” Moi, il m’afallu plusieurs années – au cours desquelles j’ai suivi mes études de psychologie– pour m’apercevoir qu’il y avait encore certains aspects de mes expériences decombat que je n’avais pas surmontés. » Brom abonde dans ce sens : « Lesprogrammes comme celui du POM sont là pour combattre le mythe néfaste selonlequel, si l’on ne souffre pas de syndrome de stress post-traumatique après uneexpérience difficile, c’est que tout va bien. » Ce programme, indique AlonWeltman, chargé de la coordination du POM, est né de l’idée toute simple quedes événements extrêmement difficiles, comme ceux que l’on vit pendant lesbatailles, réclament au moins une reconnaissance.
Comme Brom, Weltman estime que la société a une obligation morale dans cedomaine : elle doit reconnaître le mérite de ceux qui permettent au rested’entre nous de vivre en sécurité et de marcher la tête haute.
Comme des « rock stars »
Depuis 2007, Peace of Mind a déjà emmené 19 groupes àtravers le monde, en Hollande, France, Italie, Angleterre, au Canada ou auxEtats-Unis. 28 autres attendent de trouver des communautés disposées à lesaccueillir, et 5 ou 6 devraient partir fin 2013. Chaque groupe se compose de 15à 20 participants ayant servi dans la même équipe et est accompagné de deuxprofessionnels de la santé mentale. Tsahal se charge de désigner les équipesqui ont vécu des expériences éprouvantes et auxquelles le programme pourra êtrebénéfique.
6 semaines avant la date du départ, un atelier de deux jours se tient enIsraël. Le séjour à l’étranger dure 7 ou 8 jours, puis, 3 mois plus tard, estorganisée une autre journée d’atelier.
Durant le séjour à l’étranger, les anciens soldats se réunissent en ateliers lematin et participent à des activités organisées par leurs hôtes locauxl’après-midi et le soir. Cela peut aller de la visite d’une école juive à unquartier libre comme Disneyland Paris, par exemple.
« J’ai voyagé dans le monde entier, mais ce séjour à Toronto est l’un desmoments que j’ai préférés », se souvient Adasha. « On a bien mangé, on a bu, ona rigolé… Un soir, après le dîner, les Canadiens sont venus nous chercher enlimousine et ils ont déroulé un tapis rouge pour nous ! On avait l’impressiond’être des rock stars ! » C’est précisément ce type de sensation que recherchele POM : les participants doivent se rendre compte qu’aux yeux des communautésde diaspora, les anciens de Tsahal sont des « rock stars » ou, plus simplement,des héros.
Avinoam Rozenbaum a fait partie du deuxième groupe organisé par le POM. C’étaiten 2008. Son équipe et lui ont été accueillis par une communauté parisienne.Etant le seul à parler français, il s’est retrouvé dans le rôle de porte-paroleet de traducteur durant le séjour. « Un samedi matin, pendant l’office deShabbat à la synagogue, tous les fidèles se sont soudain tournés vers nous »,raconte-t-il. « J’ai expliqué aux autres que le rabbin venait d’annoncer quenous étions des combattants de l’unité d’élite Golani.
Du coup, les gens se levaient pour nous laisser leur place et beaucoupvoulaient nous inviter à manger chez eux ! Mes camarades n’ont rien compris àce qui se passait, certains étaient même en colère. Ils ne comprenaient paspourquoi ces gens nous regardaient comme ça. Je leur ai dit : “Aujourd’hui, onest des héros. Profitons-en !” »
100 % d’affection et de compassion
NimronSlavin est pour sa part allé à Fire Island, dans l’Etat de New York, en 2011,et il a vécu une expérience similaire à son arrivée : « La communauté s’estmontrée incroyablement chaleureuse ! » se souvient-il. « Dès l’instant où ilsnous ont vus, ils nous ont donné tout ce que nous voulions. On avait droit àd’excellents repas chauds et ils nous manifestaient l’intérêt sincère qu’ilsavaient à nous rencontrer et à nous écouter raconter nos souvenirs. Ils nousont traités en héros, et ça, ce n’est certainement pas une expérience qu’il estdonné de vivre tous les jours… » Lior Ben-Porat a servi dans le bataillon 51 dela brigade Golani. Il a ressenti la même impression à Toronto en 2011 : « Onétait interloqués : être reçus comme ça, avec 100 % d’affection et 100 % decompassion ! », commente-t-il. « Ce soutien nous a donné beaucoup de force etnous a motivés pour parler ensuite de nos expériences dans les ateliers degroupe. » Weltman et Brom évoquent, l’un comme l’autre, l’importance de cettereconnaissance, de cette gratitude que manifestent les communautés d’accueil.Le Dr Naomi Baum, qui dirige l’Unité de résilience de l’ICTP et a encadré legroupe du POM accueilli à Londres en 2013, explique que voir les communautésjuives de diaspora embrasser chaleureusement les anciens soldats de Tsahal nesurprend pas les jeunes qui ont grandi à l’étranger. « En revanche, lesparticipants nés en Israël n’ont en général pas la moindre idée de ce que peutêtre la vie d’un Juif de diaspora. Pour celui-ci, un soldat de Tsahal est unhéros qu’il faut applaudir. Dans notre conception de la résilience, trouver unsens au traumatisme que l’on a subi est un bloc de construction très importantpour pouvoir reconnaître et accepter l’événement traumatisant. Ce que fait lePOM n’est pas seulement bénéfique pour les participants, qui constatent ainsil’importance de l’Etat d’Israël et le prix de leur service militaire, mais pourtout le peuple juif, partout dans le monde. »
« Papa et maman »
La communautéd’accueil prend en charge tout le coût du programme, qui est considérable.Durant son séjour à Paris, Rozenbaum n’a pas eu à débourser un seul euro. « Lesgens nous ont cédé leur chambre, ont fait la cuisine pour nous… La façon dontils se sont occupés de nous montre à quel point ils se sentaient concernés.C’était incroyable ! » Chaque famille reçoit deux participants, avec lesquelsse forment des liens qui durent bien plus longtemps que la semaine de séjour.Ainsi, cinq ans plus tard, Rozenbaum est toujours en contact avec sa familled’accueil, qui est venue lui rendre visite en Israël. Et depuis son voyage àToronto en 2012, Roy Bar-Adon correspond avec la sienne. Il est clair pour luique l’expérience a également été chargée de sens pour les enfants de lafamille, qui se sont sentis très concernés.
Il a été stupéfait par la générosité qu’on lui a témoignée : « Nous sommes tousdes combattants bienveillants, nous sommes tous prêts à donner, mais ce quenous avons vécu est un véritable exemple de don sans limites… Je ne peux pasl’expliquer, mais j’ai vraiment eu l’impression qu’ils nous aimaientsincèrement ! » Adasha et son camarade Matan sont allés jusqu’à appeler leurshôtes « papa et maman ». La semaine dernière, ils ont assisté à la bat-mitsvade la petite fille de la famille, qui s’est tenue à Jérusalem. « Et nous noustéléphonons régulièrement », affirme-t-il.
« Certes, les communautés juives de diaspora ont une relation très forte avecIsraël », explique Brom, « mais pour ce qui est de Tsahal, c’est une autrehistoire. Ils imaginent les soldats comme des gars bourrus et machos aveclesquels il est impossible de communiquer… mais une fois qu’ils connaissent unpeu mieux ces garçons qui ne débutent dans la vie qu’après avoir donné troisans à Tsahal, ils tissent avec eux des liens très intenses. »
Le clou de l’été
Bar-Adon confesse qu’au début, ses camarades et lui parlaient de leurs hôtesavec cynisme : « Nous nous disions que les communautés de diaspora se sentaientcoupables et que c’était pour cela qu’elles voulaient tant donner ! Nous avonsvite compris que nous étions très loin de la réalité. Tout ce que ces gens-lànous donnaient venait du cœur… » Penny Ostreicher, président du comitéaméricain du POM, trouve gratifiant de pouvoir jouer un rôle aussi importantdans la vie d’un jeune homme. « Au début du séjour, ceux qui sont sincères nousdisent : “Je ne sais pas vraiment pourquoi je suis là et quel est l’intérêt,mais en tout cas, merci de m’avoir pris…” A la fin de la semaine, ils dirontplutôt des choses du genre : “C’est le plus beau cadeau qu’on m’ait jamaisfait”. » Le désir de donner fait partie intégrante de l’expérience de lacommunauté d’accueil. « Notre rôle est tout d’abord de trouver une communautéqui soit enthousiaste », explique Ostreicher, pour qui ce programme apporte unéchange réel et profond.
Car ce que la communauté récolte en retour est tout aussi significatif : «Participer à ce programme a ajouté un sens à ma vie », enchaîne Ostreicher. «Après le séjour du premier groupe à Fire Island, en 2011, toute la communautévoulait revivre l’expérience. Cette année, malheureusement, nous n’avons pas puaccueillir de nouveau groupe, car la plupart de nos installations ont étédétruites par l’ouragan Sandy. Beaucoup d’entre nous ont fait part de leurdéception. “Mais c’était le clou de mon été !” m’ont-ils dit. Il est rare depouvoir participer à un programme qui soit, comme celui-ci, non confessionnel,apolitique, et qui permette de rencontrer des gens à un niveau aussi personnel.Recevoir un groupe de Peace of Mind, c’est un projet qui unit une communauté. »Rosanne Koenigson, de Highland Park, dans le New Jersey, avoue avoir du mal àtrouver les mots pour décrire tous les bénéfices que tire la communautéd’accueil de l’expérience. « Cela permet de mettre des noms et des visages surles soldats de Tsahal, qui n’étaient jusqu’à présent pour nous que dessilhouettes anonymes croisées pendant les vacances en Israël. Le POM permet unepersonnalisation. »
Renforcer les liens
Le comité américain aide lescommunautés désireuses de recevoir un groupe du POM à organiser le projet, dela collecte de fonds jusqu’aux moindres détails du séjour. « Ce n’est pasdifficile », souligne-t-il. « Nous sommes vraiment présents pour les assister àchaque stade du voyage. » L’emploi du mot « voyage » est intentionnel.
En hébreu, le programme du POM s’appelle « massa shichrour », ce que l’on peuttraduire par « voyage de démobilisation ». Outre cette occasion concrète, pourles anciens soldats, de se déconnecter de la réalité quotidienne, il y a lecôté psychologique qu’il importe de traiter.
Souvent, raconte Brom, les membres d’une même équipe de combattants avaient étéles meilleurs amis du monde avant d’aller combattre ensemble. Mais à la fin duservice, ils ne pouvaient plus se supporter.
Brom évoque trois garçons qui se connaissaient depuis l’école primaire et quiavaient demandé à servir dans la même unité. « A la fin, ils ne pouvaient plusse voir. Cela leur rappelait trop les terribles traumatismes qu’ils avaientvécus ensemble. » Il ne s’agissait là ni d’une maladie ni d’un désordre mental,mais d’une charge que les anciens soldats peuvent avoir à porter toute leur viedurant. « En revenant du voyage du POM, ces trois-là étaient redevenus amis.Nous leur avons donné un cadre pour se reparler et s’écouter », explique Brom.
Même chose pour l’équipe de Bar-Adon, que l’expérience a énormément rapproché,et pour celle de Ben-Porat : les membres de son bataillon, qui avaient vécu àdeux minutes les uns des autres pendant très longtemps et qui étaient alorstrès bon amis, avaient pris soin de s’éviter, une fois le service terminé, pourne pas se remémorer les mauvais souvenirs. « Depuis notre participation au POM,nous nous revoyons tous les quelques mois », conclut-il. « Nos liens se sontnettement renforcés. »
Se parler ouvertement
Slavin est devenu commandant desection une semaine avant la seconde guerre du Liban. Les situations de combatsintensifs qu’il a vécues l’ont laissé avec une multitude de questions. Unebombe a en effet touché le bâtiment dans lequel il dormait avec son équipe,tuant l’un des soldats et en blessant 8 autres, dont lui-même. Considéré commegravement atteint en raison d’une perte de sang abondante, il se souvient : «C’est seulement parce que l’équipe a réussi à évacuer très vite les blessés, quel’on a pu stopper mon hémorragie et me sauver la vie. » Si certains sontrepartis combattre peu de temps après, le groupe n’a cependant plus jamaisservi ensemble en tant que compagnie.
Cinq ans après la fin de la guerre, Slavin est parti à Fire Island avec seshommes. Une occasion en or pour lui, qui se demandait, depuis, ce que sessoldats pensaient de lui. Il se réjouissait d’avance de cette opportunitéd’être ensemble et de parler ouvertement.
Or le POM est allé au-delà de ses attentes : « Mes relations avec les autresont changé du tout au tout. Nous avons partagé une expérience qui n’était pasla guerre, qui n’avait rien de traumatisant, au contraire. Le POM nous a permisde nous retrouver et de parler de certaines choses, ceci n’aurait pas été possibleautrement. Il nous a fourni des outils pour créer des relations qui vontdésormais se prolonger. Ce projet est le début de quelque chose pour nous. »Pour Adasha aussi, le voyage du POM, 5 ans après le service militaire, arésolument fortifié et uni son équipe. « Depuis, nous discutons davantage, nousnous voyons davantage », dit-il. Comme ils n’avaient jamais vraiment parlé descombats, les ateliers du matin ont permis à chacun de décrire la façon dont ilavait ressenti les choses. « Avec toutes ces images individuelles accolées,chacun a pu prendre ses souvenirs subjectifs pour les transformer, avec lesautres, en images objectives de la réalité. »
Prise de conscience
Rozenbaumraconte avoir profité des ateliers pour évoquer une bataille au cours de laquelleun membre de son équipe avait perdu la vie. « Chacun se souvenait de chosesdifférentes. C’était un vrai puzzle, que nous avons patiemment reconstituépièce par pièce. » Certes, il lui était déjà arrivé de parler de sesexpériences de combat, mais il ne l’avait jamais fait dans les détails. « Quandon est avec des amis, on ne dit pas “Je fais des cauchemars toutes les nuits”ni “Je pense sans arrêt à cet ami qui est mort là-bas”. Bien sûr, on pourraitdire à son meilleur ami : “Tu sais, je n’arrête pas de penser à untel” ou“J’étais juste à côté de celui-là quand il a été tué” ou bien “Ça aurait puêtre moi”, mais on ne le fait pas. » Outre l’aide précieuse que lui a apportéele projet du POM, Rozenbaum a réalisé que son service militaire n’était pas unechose qui allait de soi. « En Israël, quand on discute avec un autre anciensoldat, il vous dit “C’est vrai, on a fait la guerre et on a failli mourir,mais ça y est maintenant, c’est fini, on est là !” En diaspora, ce n’est paspareil. Cela me fait chaud au cœur de sentir que je fais partie de la grandecommunauté du judaïsme et que, grâce au POM, ces gens-là me le disent et me lerendent au centuple. » S’apercevoir que servir dans Tsahal revêt une grandesignification pour les Juifs à travers le monde peut changer la façon dont lesanciens soldats repensent à leurs années sous les drapeaux, et même leurperception de l’Etat dans lequel ils vivent. « Au début, je trouvais ça bizarreque ces gens nous remercient et nous chouchoutent comme ça », raconte l’und’eux, « mais peu à peu, j’ai compris que j’avais vraiment fait quelque chosed’important, et je me suis senti fier de moi. » « Il y a un vieux proverbe »,déclare Brom, « qui dit que les Israéliens deviennent des Juifs dès qu’ilssortent d’Israël. C’est un peu ce qui se passe avec ces groupes : ceux-cicréent une prise de conscience, on comprend que servir dans Tsahal, pour lepeuple juif, ce n’est pas rien… »
La guerre est finie
Rahabi raconte l’histoired’un ancien soldat resté trois ans à l’étranger sans rentrer en Israël avant departiciper à un groupe du POM. « La première réunion a eu lieu deux semainesavant Pessah », se souvient-il. « Eh bien, le premier soir du Seder, ce soldata frappé à la porte de ses parents et, devant leur surprise, il leur a ditsimplement : “Je suis rentré”. » Weltman et Rahabi ont reçu de nombreux appelsde remerciements de proches d’anciens soldats qui ont participé au programme. «Vous nous avez rendu nos fils/maris/amis », leur disent-ils. Peut-être la chosela plus poignante est-elle ce sentiment exprimé par les participants eux-mêmes: « La guerre est enfin terminée. Maintenant, je peux commencer à vivre ma vie.» « Le POM m’a offert un espace où j’étais écouté, mais aussi un lieu où jepouvais parler simplement de mon expérience : non pas comme un héros, maiscomme un petit garçon qui a eu peur », explique Rozenbaum. « Et en plus, ons’amuse bien ! Je décrirais ça comme un peu surréaliste, dans le bon sens duterme… » Autre réussite du POM, la passion avec laquelle les participantsdéfendent le programme : « Chaque fois que je peux raconter cette expérience,je le fais », s’enthousiasme Slavin. « Et si je suis en train de vous en parleren ce moment, c’est parce que j’ai envie de rendre un peu de ce que le POM a faitpour moi. Cela me procure une immense satisfaction. Tous les soldats quifinissent leur service devraient avoir cette opportunité, et je suis trèsreconnaissant à tous ceux qui s’investissent dans le projet. » Rozenbaum faitécho à ces sentiments : « Tout ce que je pourrai faire pour permettre à ceprogramme de se développer, je le ferai ! » « Je trouve que toutes les équipes,tous les bataillons, tous les groupes de gens qui ont servi ensemble à l’arméedevraient avoir droit à ce genre de programme », estime Bar-Adon. « Il crée unlien entre nous et la nation. »