Retour aux sources spirituelles de Noël

Célébrée dans le monde entier, souvent pour des raisons plus commerciales que religieuses, on oublie que cette fête chrétienne a commencé ici, en Israël.

P21 JFR 370 (photo credit: Martin Alargent)
P21 JFR 370
(photo credit: Martin Alargent)
Noël est déjà là. Au-delà de la naissance de Jésus, cejour particulier a une signification plus profonde pour les chrétiens. Certainspassent les fêtes de fin d’année en Terre Sainte, car un site se distingue desautres : le Jardin de la Tombe.
A l’approche du 24 décembre, les chrétiens recentrentleur attention sur Jésus. C’est, pour eux, l’occasion de célébrer celui qu’ilsconsidèrent comme le sauveur du monde et le fils de Dieu. Cette fête prend unetout autre dimension lorsqu’on la célèbre en Israël, sur la terre foulée par cepersonnage biblique de premier plan. L’Etat hébreu, destination touristiquephare des fidèles, propose un grand nombre de sites dédiés au christianisme. Dela naissance de Jésus à Bethléem jusqu’à sa mort à Jérusalem, les pèlerinsretracent la vie de leur Messie.
Anthony Perez, un jeune antibois chrétien de 19 ans,passe pour la première fois les fêtes de Noël à Jérusalem. « Le messagequ’il y a derrière cette célébration annuelle n’est pas simplement celui de lavenue sur Terre du messie, mais également celui de sa mort. Sa crucifixion, quiefface le péché du monde et rend ceux qui croient en ce magnifique sacrifice,aussi blancs que neige devant Son père », explique-t-il. Avantd’ajouter : « Sa mort est l’événement le plus significatif de sonhistoire, celui grâce auquel chaque être humain a une opportunité d’être enpaix avec son Créateur, d’être sauvé. Mais ce qui rend son sacrifice encoreplus significatif, c’est que l’endroit où Jésus a perdu la vie est égalementl’endroit où il est ressuscité ».
A Jérusalem, deux lieux sont dédiés à cet événementmajeur. Le Saint Sépulcre est le plus renommé. Il s’agit de l’emplacementtraditionnel instauré au cours du IVe siècle pendant le règne del’Empereur Constantin.
Des lieux opposés
Dimanche 22 décembre, vers 16 heures, la foule s’amassedéjà aux portes de l’imposant édifice. Le soleil se couche et les pèlerins sesuccèdent pour s’agenouiller à l’endroit où leur messie serait mort, enseveliet ressuscité. Des processions s’organisent sur le Chemin de la Douleur (ViaDolorosa) qui retrace, point par point, les étapes de la Passion du Christ,jusqu’au Saint Sépulcre. La majorité de ceux qui privilégient la thèse selonlaquelle il s’agit de l’endroit exact de la mort de Jésus sont catholiques ouorthodoxes.
Les protestants, eux, croient plutôt que Jésus aurait étécrucifié et enterré plus au nord de la ville, dans le Jardin de la Tombe.« Cet endroit aurait appartenu à Joseph d’Arimathie, un riche membre duSanhédrin. Disciple secret de Jésus, il lui aurait donné sa tombe afin d’offrirune sépulture digne de son sacrifice », affirme Gérald Fruhinsholz, guidefrancophone au Jardin de la Tombe. Ouvert en 1894, l’endroit accueilleaujourd’hui plus de 260 000 visiteurs par an. « L’un des éléments quia permis d’identifier ce lieu comme étant peut-être le tombeau de Jésus estqu’il se trouve à quelques mètres du mont du Golgotha, traditionnellement connupour avoir été un emplacement réservé aux exécutions », affirme Gérald.« Selon le général Charles Gordon, qui a découvert cette colline en formede crâne et qui était un bibliste qualifié, Jésus a été enterré à l’extérieuret au nord de la ville. Cela vient conforter l’hypothèse selon laquelle lejardin était réellement la tombe de Jésus. De plus, elle correspond aux détailsqui apparaissent dans les différents évangiles. Il y a aussi des murets surlesquels on peut s’asseoir, qui auraient pu servir aux anges venus enleverJésus trois jours après sa mort. Pour que ce soit l’endroit où le corps duChrist a été déposé, il fallait aussi que le tombeau soit taillé dans le roc,qu’il soit fermé à l’aide d’une grande pierre et qu’elle soit assez grande poury accueillir plusieurs personnes debout. Des éléments que respecte le jardin.Les archéologues ont aussi confirmé qu’il s’agit d’une tombe juive, ce quicorrespond à ce qui est écrit dans la Bible », précise l’accompagnateur.
A deux minutes de la porte de Damas et de l’agitation dushouk, le jardin se cache derrière une porte sombre et discrète. Il apparaîtcomme un havre de paix. Nature, silence et simplicité semblent être les maîtresmots du lieu.
Par cette froide après-midi de décembre, le jardin sembleendormi. Peut-être se repose-t-il de la rude tempête qu’il vient de subir.Alexa l’a violenté et lui a volé un peu de son charme et de sa beauté, qu’ilfaudra maintenant lui redonner. L’entretien est réalisé par une associationcaritative britannique. L’entrée du site est gratuite. Des guides sontégalement gracieusement mis à la disposition des visiteurs. Le directeur du Jardinde la Tombe, Stephen Bridge, constate les dégâts causés par les intempéries etle travail que lui-même et son équipe doivent fournir afin de remettre lejardin en état. Mais, selon lui, elles sont finalement bénéfiques pour lavégétation, qui avait besoin d’être élaguée. Un mal pour un bien, pourrait-ondire, selon la conception chrétienne et la raison d’être de Noël :« Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son fils unique afin quequiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle – Jean3 ; 16 ».
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