Coalition : un peu de patience…

Jeux et enjeux autour de la formation du nouveau gouvernement.

Peres meets ministers 2013 coalition (photo credit: Marc Israel Sellem/The Jerusalem Post)
Peres meets ministers 2013 coalition
(photo credit: Marc Israel Sellem/The Jerusalem Post)
Un journaliste quise respecte ne conseillerait jamais à ses lecteurs de ne pas lire ses propresarticles. Mais peut-être que, au cours des 4 à 6 prochaines semaines, ce neserait pas une si mauvaise idée… Pourquoi ? Parce que, au cours des négociationsde coalition, grand nombre d’élus vont dire des choses qu’ils ne pensent pas etpenser des choses qu’ils ne diront pas. Tout cela fait partie de l’âpremarchandage qui précède la formation d’une coalition la plus stable possible.

Le Premier ministre Binyamin Netanyahou laissera entendre qu’il pourraitlaisser le leader de Yesh Atid, Yaïr Lapid en dehors du gouvernement, et Lapidmenacera, pour la forme, de prendre la direction de l’opposition pour unecourte période avant de remplacer Netanyahou. Shas affirmera qu’il ne siégerapas avec Lapid. Yesh Atid clamera qu’il ne siégera pas avec Shas. Et les élusde droite et de gauche se diront des amabilités depuis les deux côtés de laKnesset.
Mais lorsque sonnera l’heure de la date butoir pour former un gouvernement, le16 mars prochain, il est fort à parier que tout ce beau monde saura s’entendreet s’asseoir ensemble sur les confortables fauteuils du bureau du Premierministre.

Le rituel a commencé dimanche 3 février, à l’hôtel Kfar Hamaccabiah de RamatGan, un endroit fort agréable pour passer plusieurs heures derrière une porteclose, puis aller au-devant des journalistes et les induire en erreur. Devantles caméras, les négociateurs ont la dent dure.

Mais qui sait ce qui se passe à l’intérieur ? En 2003, la presse a passé delongues journées au Kfar Hamaccabiah ignorant totalement que l’hôtel servait detrompe-l’oeil pendant que les vraies négociations entre Shinouï (formation dupère de Lapid, Tommy) et le Parti national religieux se déroulaient àJérusalem, à la résidence du futur Premier ministre Ehoud Olmert.

Lorsqu’ils s’adressent aux caméras, les politiciens déclament haut et fortqu’ils ne se soucient guère de portefeuilles et que toutes les négociationsportent sur leurs principes politiques. Que la vérité en soit bien loin importepeu. Les accords de coalition signés par les partis sont rarement honorés enfin de compte, hormis les ministères dévolus à chacun. Le volet idéologique dudocument est vite oublié.

Par exemple, lors des derniers accords signés en mars 2009, les 6 partis entrésau gouvernement avaient fait voeu de mettre un terme au régime du Hamas dans labande de Gaza et de faire passer la loi qui permettrait aux Israéliens del’étranger de voter aux élections. En 2003, dans l’accord signé avec Shinouï,il était stipulé que le mariage civil serait approuvé.

Mais aujourd’hui, le rabbinat contrôle toujours les unions, le Hamas esttoujours au pouvoir à Gaza, et aucun progrès notable n’a été enregistré sur laloi dite Omri Caspi, du nom du joueur de basket israélien, qui mène unebrillante carrière aux Etats-Unis depuis 2009.

Alors s’il vous plaît, chers lecteurs, continuez à lire le Jerusalem Post.
Mais, jusqu’à ce que le nouveau gouvernement Netanyahou soit officiellementsigné et approuvé, lisez les déclarations des élus avec prudence et modération.Les choses finiront par se mettre en place. Il faut juste encore un peu depatience…