Conversions : les opinions divergent

En cette période électorale, réflexions autour de la conversion. Am Shalem défend une conversion facilitée et le mariage réformé : qu’en est-il du Shas et de Habayit Hayehoudi ?

Amsalem 311 (photo credit: Marc Israel Sellem)
Amsalem 311
(photo credit: Marc Israel Sellem)
Haïm Amsalem accuse les politiciens du Shasd’ignorer les décisions d’Ovadia Yossef, chef spirituel du partiultra-orthodoxe, au sujet de la conversion. Selon le leader du parti Am Shalem,la campagne électorale de Shas a mis l’accent sur des conversions strictes.Motif : l’absence d’autorité politique de Yossef au sein de son parti. « Cen’est plus un secret. Le rabbin Ovadia Yossef ne contrôle plus ce qui se passeautour de lui ces jours-ci », rapportait Amsalem au Jerusalem Post avant lesélections. Lorsqu’on lui demande qui est aux manettes du parti à l’origined’obédience séfarade, ce dernier répond « les Lithuaniens », sous-entendantpar-là, les Juifs ashkénazes haredim.

« Les Lithuaniens dominent Yossef »

Amsalem, qui a beaucoup écrit sur laquestion de la conversion, assure que ses propos plus « tolérants » concernantles non-juifs d’origine juive sont basés sur la pensée de Yossef. « QuandOvadia Yossef était Grand rabbin, les conversions en Israël étaient les plusrapides au monde.

Un candidat à la conversion pouvait être reconnu converti en quelques joursseulement », affirme Amsalem. Yossef a, dans le passé, parlé publiquement de lanécessité d’un assouplissement des conversions : « Accepter le joug descommandements est essentiel dans ce processus, mais il ne faut pas pousser lesconvertis trop loin. Il n’est pas bon de leur causer de la souffrance en lesrejetant », avait-il expliqué en 2008.

A la surprise de tous, le problème des conversions a joué un rôle importantdans la campagne électorale. En plus d’Amsalem, Shas et Habayit Hayehoudi enont fait un point crucial. Le Shas a mis le sujet à l’ordre du jour enpropulsant sur la toile un clip controversé qui sous-entendait que le Likoud-Beitenou légiférerait sur des conversions plus « légères » quicontrecarreraient la loi juive. La campagne du parti s’est portée sur le statuquo en matière de relations entre la religion et l’Etat. La priorité ? Maintenirl’identité juive du pays.

Naftali Bennett et son parti national-religieux HaBayit Hayehoudi entendent euxprendre possession du service des conversions ainsi que du ministère desAffaires religieuses afin de promulguer des réformes « significatives ». Laconversion est vue par beaucoup comme la solution à l’expansion des mariagesmixtes. Plus de 330 000 Israéliens venant de l’Union soviétique ne sont pasjuifs selon la Halakha. La réforme des conversions, en allégeant le processus,simplifiera la question.

Mais les rabbins haredim prennent le sujet d’un autre point de vue : laconversion doit être « méritée », c’est-à-dire que le sujet doit respecter laloi juive à la lettre.

Quid du mariage civil ? 

« Le but principal est de ne pas dégoûter le public enconversion de la religion », affirme pour sa part Amsalem.

Concernant les transports pendant shabbat, le rabbin, plus libéral sur lesquestions sociales que le Shas, ajoute : « Ceux qui voyagent le shabbatcontinueront à le faire avec ou sans les transports publics. En somme, quegagne-t-on à tenter d’imposer l’opinion de la minorité sur celle de la majorité? », se demande-t-il. Par ailleurs, ses propositions de mariage civil sontaussi considérées comme « libérales ».

Sur ce point, le rabbin reconnaît ne pas être pour que l’union civile serépande au détriment du mariage religieux. Mais un couple dont un despartenaires n’est pas juif devrait pouvoir sceller son union : « Si vousn’autorisez pas l’union civile entre un Juif et un non-Juif, vous pensezvraiment qu’ils ne resteront pas ensemble pour autant ? », poursuit-il, et derépondre : « Si, ils le feront. Et tout ce qu’on obtiendra, c’est qu’ils irontse marier à Chypre. Ce n’est pas acceptable que dans un Etat démocratique desmilliers de couples doivent aller à l’étranger pour pouvoir se marier. »