Ehoud Barak, le grand départ

Le ministre de Défense a choisi de quitter la vie politique, il restera en poste jusqu’à la formation du nouveau gouvernement

barak départ 521 (photo credit: Reuters)
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(photo credit: Reuters)
Coup de tonnerre électoral. Le ministre de la Défense Ehoud Barak a annoncé son intention de quitter la vie politique, lundi 26 novembre, lors d’une conférence de presse à la Kyria, quartier général de Tsahal à Tel-Aviv. Il a remercié les Israéliens pour leur soutien et ajouté qu’il demeurait en charge de la Défense, jusqu’à la formation du nouveau gouvernement après les élections législatives de janvier.

Barak a avoué avoir eu envie de démissionner depuis un certain temps déjà. Mais l’opération Pilier de défense a retardé sa décision. «Je voudrais consacrer davantage de temps à ma famille. J’ai le sentiment d’avoir fait le tour de la vie politique, qui n’a jamais été une vraie passion pour moi, et je pense qu’il est temps de laisser la place à d’autres pour servir au sommet de l’Etat», a-t-il expliqué.

Et de rappeler que la menace iranienne reste le principal sujet de préoccupation pour Israël. Une manière de quitter la scène sur l’un de ses dossiers de prédilection. Selon un classement du magazine américain Foreign Policy, publié dimanche 25 novembre, Ehoud Barak est 13ième sur 100 «Grand penseurs», aux côtés de Binyamin Netanyahou pour les efforts des deux hommes sur l’Iran. «Jadis l’un des étendards de la gauche israélienne et adversaire implacable de Netanyahou, Barak est probablement devenu l’un des plus proches alliés de Bibi dans la lutte pour mettre un terme à la nucléarisation de l’Iran», écrit le magazine. Soldat le plus décoré d’Israël, ancien chef d’état-major (1991-1995), Ehoud Barak a été ministre des Affaires étrangères (1995-1996), Premier ministre (1999-2001) et ministre de la Défense depuis 2007.

La classe politique exprime ses regrets 

Peu après l’annonce de Barak, le Premier ministre Binyamin Netanyahou a publiquement remercié le ministre pour ses services et affirmé respecter sa décision de partir. L’ancienne dirigeante de Kadima, Tzipi Livni, a fait écho à ce sentiment, déclarant que, en dépit de ses divergences d’opinion avec Barak, elle avait de l’estime pour son intérêt «réel» envers Israël. Et rappelé que les citoyens israéliens doivent beaucoup à l’élu.

Shelly Yacimovich, leader du parti travailliste, a également exprimé son regret de voir partir Ehoud Barak en louant la «haute estime» dont bénéficie le ministre sur les questions de sécurité internationale.

Du côté des critiques, le ministre de la Hasbara et de la diaspora, Youli Edelstein, a décrit Barak comme «le pire ministre de la Défense à l’égard des implantations juives» et s’est dit soulagé de son départ. Quant à Zehava Gal-On, présidente du parti Meretz, elle a souligné le «rôle duel» joué par le ministre dans la politique israélienne, tantôt pourfendeur de modération, tantôt «extrémiste». Elle a voulu voir dans son départ, la même semaine que la présentation de la demande palestinienne à l’ONU (pour devenir membre non permanent) un «symbole» et «l’occasion de corriger les dommages historiques» qu’il a causés.