Foire d’empoigne au Likoud

Quelques jours avant l’annonce définitive du nouveau gouvernement, vétérans et jeunes recrues du parti de la majorité se battaient encore pour les postes ministériels.

Knesset Speaker Reuven Rivlin 300 (photo credit: Marc Israel Sellem)
Knesset Speaker Reuven Rivlin 300
(photo credit: Marc Israel Sellem)
A l’heure où nous mettions sous presse, la composition du nouveaugouvernement n’était pas encore dévoilée. Mais une chose était sûre : les postesde ministres étaient comptés et il n’y avait pas de place pour tout le monde auLikoud. C’était donc la foire d’empoigne dans les rangs du parti du Premierministre Binyamin Netanyahou. De nombreux députés privés de portefeuilleministériel ont exprimé leur déception dès dimanche. La possible sortie deterrain de Reouven Rivlin, comme président de la Knesset, a également alimentéles bruits de couloirs.

Il y a d’abord eu des fuites annonçant que le Premier ministre ne soutenaitplus Rivlin. Ce dernier a ensuite démenti. Enfin, Gil Shefer, directeur decabinet de Netanyahou, a affirmé que le Premier ministre souhaitait absolumentmaintenir Rivlin en poste. Bibi, lui, a gardé un silence des plus éloquents.Quoi qu’il en soit, dans la mesure où Rivlin s’est retiré officiellement de lacourse pour le poste, cela tendrait à prouver qu’il n’avait pas le projet des’opposer à la décision du Premier ministre.

Lundi 11 mars, des élections partielles pour élire le nouveau président de laKnesset devaient avoir lieu au Likoud-Beiteinou. Le résultat sera présenté ensession plénière pour approbation.

Youli Edelstein fait campagne depuis plusieurs mois pour remplacer Rivlin.D’aucun confiaient dimanche que Netanyahou et Rivlin ont souvent été endésaccord quant au bien-fondé de rendre publiques les divisions au sein duLikoud sur certaines réformes. Des députés, et pas des moindres, ont avancé queRivlin en payait aujourd’hui le prix.

Le député Ahmed Tibi a pour sa part exprimé son soutien à Rivlin et son souhaitde le voir rester en poste. Et déclaré que tout ce ramdam autour de sonéviction relevait d’une mauvaise sitcom. « C’est lui planter un couteau dans ledos », s’est-il indigné. « C’est un test qui va nous permettre de juger ceuxqui défendent une nouvelle ligne politique comme Yesh Atid ou d’autres. J’aipour ma part des divergences majeures, tant diplomatiques que politiques, avecRivlin, mais je respecte son éthique personnelle. Voyons donc s’ils vont lelaisser être démis de ses fonctions de façon aussi impitoyable, sans broncher», a conclu Tibi.

Pas assez pour tout le monde

Par ailleurs, des parlementaires Likoud de lajeune génération, sortis haut la main aux dernières primaires, comme ZeevElkin, Danny Danon, Tzipi Hotovely, Yarid Levin et d’autres, ont exprimé leurfrustration à l’idée de se voir privés de portefeuilles ministériels. PourDanon, il serait temps que l’arrière-garde cède la place aux jeunes. Neserait-ce que pour aller dans le sens des résultats du scrutin des primaires.La moindre des choses quand on se réclame d’une démocratie, s’est-il agacé.

Tzipi Hotovely, l’élue de la jeune garde la mieux placée au Likoud, a carrémentévoqué une incompétence de Netanyahou affirmant que le Premier ministre nerespecterait pas les désirs exprimés au scrutin en recyclant les anciensministres. « C’est une grave erreur de nommer toujours les mêmes. Si legouvernement ne change pas, cela prouvera un manque de confiance dans lerésultat des primaires et le processus électoral lui-même », a-t-elle déclaréau cours d’une interview sur Galei Israël. Et de citer directement LimorLivnat, ministre sortante des Sports et de la Culture, 27e sur 31 sièges, commequelqu’un qui devrait céder sa place. « J’ai des milliers de voix de plus queLivnat », a-t-elle fait remarquer.