Génération Y, génération de l’espoir ?

Ses aînés la traitent d’égoïste, mais certains chercheurs croient dur comme fer qu’elle sauvera le monde. La génération du millénaire est revenue du capitalisme. Elle aspire à la paix et à un nouvel ordre mondial. Zoom sur une jeunesse qui sera demain aux commandes de l’Etat.

P22 JFR 370 (photo credit: Marc Israel Sellem)
P22 JFR 370
(photo credit: Marc Israel Sellem)
Ils ne sont pascomme nous. Tel est le titre provisoire d’un livre à paraître, cosigné par lePr Oz Almog et son épouse, le Dr Tamar Almog, tous deux enseignants àl’université de Haïfa. Le sujet ? La « génération dumillénaire », ou « génération Y », soit les individus nés entre1980 et 1995.

Une générationest un groupe de personnes nées au cours d’une même période s’étendant généralementsur 20 ans. Ce sont des gens qui ont vécu les mêmes expériences – criseéconomique, guerre, soulèvements – et qui tendent donc à partager des valeurset à adopter des comportements similaires.

La GénérationY, encore appelée « génération du millénaire », ou « générationpost-sabra », a grandi à l’ère du PC, du téléphone portable et del’Internet, du féminisme et des droits civiques ; en Israël, elle aassisté à l’assassinat du Premier ministre Itzhak Rabin et a connu la prospéritééconomique, les Intifadas palestiniennes et les attentats suicides, ainsi queles deux guerres du Liban. Elle est très différente de celle qui l’a précédée. « Soninfluence dans le pays est considérable », estime Oz Almog. « Car sonprofil culturel pose des problèmes cruciaux. »

Dans leurétude, les Almog ont également mis en lumière une génération intermédiaire, la« génération XY », née dans les années 1970 et aujourd’hui âgée de 35à 44 ans : ces gens-là ont un pied dans le mode de vie et les valeurs dela Génération Y et l’autre dans ceux de la précédente, la Génération X. Enfin,il y a les plus jeunes, qualifiés de « Génération Z », nés entre1996 et 2009.

Oz Almogenseigne au département « Connaissance d’Israël » de l’université,Tamar dans celui intitulé « Pédagogie, apprentissage etsupervision ». Ensemble, ils ont créé un site internet extrêmementpopulaire, www.peopleil.org, qui parle de la société israélienne.

Un Israéliensur 10 appartient aujourd’hui à la Génération Y, soit 800 000 individus,qui ne ressemblent en rien à leurs grands-parents, âgés de 65 à 90 ans, ni mêmeà leurs parents, qui ont de 40 à 65 ans. Sachant que ces deux derniers groupesont créé un monde qu’ils qualifient de « chaotique », ce n’estpeut-être pas plus mal…

En dépit del’image déplorable que leurs aînés ont d’elle, la Génération Y possède lepotentiel pour sauver Israël et le monde, rien de moins, expliquent sans sedémonter les Almog. Son vote, par exemple, a déjà transformé la scène politiqueisraélienne : contre toute attente, Yesh Atid a obtenu 19 sièges à laKnesset aux dernières élections.


Une générationde héros… ou d’égoïstes ?

Peut-onvraiment cataloguer les valeurs et la personnalité de toute unegénération ? Faire des généralités sur une foule de gens nés durant lesmêmes dix ou vingt ans, et si différents les uns des autres ? Comme l’ontécrit les anthropologues Henry Murray et Clyde Kluckhohn : « Chacund’entre nous est comme tous les autres, comme certains autres et comme nulautre ». Dans leur livre, les Almog montrent en quoi tous les membres dela génération Y d’Israël se ressemblent.

Pour cela, ilsont procédé avec méthode : en enquêtant d’abord sur le terrain. Ils ontfréquenté les bars, les boîtes de nuit et autres lieux où se rassemble laGénération Y. Ils ont photographié plus de 5 000 personnes et analysé desmilliers de blogs et de discussions sur internet, de posts sur Facebook et detweets de Twitter.

Ils ontégalement créé plusieurs groupes de discussion virtuels, de 14 membres chacun,en leur demandant quelles étaient leurs associations immédiates en entendantdes mots-clés tels que « père », « mariage »,« ordinateur », etc. Les chercheurs ont ensuite documenté lesrésultats dans les 800 pages de leur manuscrit.

En outre, ilsont mis à profit leurs « super-candidats », c’est-à-dire ceux quisavaient le mieux s’exprimer et s’analyser, et qui ont pu parler librementd’eux-mêmes et de leurs amis.

Leursconclusions s’appliquent surtout à la population laïque, mais les religieux dela génération Y sont également évoqués, avec toutefois « un retard dequelques années ». Toutes ces recherches ont été financées par l’InstitutS. Neaman, le laboratoire d’idées de l’Institut de Technologie duTechnion.

« C’estcomme un puzzle dont il faut assembler les pièces », explique Tamar Almog.« Nous avons lu en outre des milliers de livres et d’articles. »

« Ensociologie, la plupart des chercheurs commencent par définir certainesvariables, puis établissent des corrélations entre elles », ajoute Oz, sonépoux. « Nous, nous n’avons pas procédé comme cela. Nous avons préférérassembler tout d’abord des témoignages, des histoires. »

Ce sont deuxuniversitaires américains, Neil Howe et William Strauss – ce dernier étantaujourd’hui décédé – qui ont popularisé ce travail d’étude des valeurs et de lapersonnalité des diverses générations. Leur livre, Millenials Rising : thenext great generation (2000), postule que la Génération Y sauverait le monde.Selon eux, celle-ci ressemblera à la Grande Génération, née aux Etats-Unisentre 1901 et 1924 et devenue adulte pendant et après la Crise de 1929 :une génération qui a fait d’immenses sacrifices pour combattre les nazispendant la Seconde Guerre mondiale.

Dans leurétude, Howe et Strauss affirment que, sur un cycle de 80 ans, ontrouve quatre archétypes générationnels de base. L’actuelle Génération Y est la« génération des héros », qui naît pendant une crise et qui, une foisadulte, remporte des succès politiques majeurs.

La psychologueaméricaine Jean Twenge, de l’université d’Etat de San Diego, propose pour sapart une vision moins rose : en se fondant sur des données plus concrètesque celles de Howe et Strauss, elle qualifie la Génération Y de« Génération Moi ». Le titre de son livre, paru en 2006, résume bienses conclusions : Génération Moi : pourquoi les jeunes Américainsd’aujourd’hui sont plus confiants, plus péremptoires, plus aptes… et pluspitoyables que jamais.


Hédonistes etsurprotégés

La Génération Yd’Israël ressemble-t-elle à celle des Etats-Unis ou d’ailleurs ? Les Almogestiment qu’elle possède en tout cas avec ces dernières de grandes similitudes.Oz précise que la Génération Y est peut-être la première génération réellementmondiale : reliés par Internet, ses membres partagent en permanence leursexpériences et échangent des points de vue. Voyonsci-dessous quelles sont les grandes caractéristiques de la Génération Y :

Prise dedécision : « Les membres de la Génération Y ont beaucoup de mal àprendre des décisions tous seuls », observe Oz Almog. « C’est lesyndrome du portable : la Génération Y a le choix entre un très grandnombre de possibilités, et il y a toujours un adulte responsable ou un ami prêtà être consulté par téléphone, des individus qui sont à ses côtés depuis leplus jeune âge. »

Biensmatériels : « La Génération Y aime l’argent et la belle vie, commeses prédécesseurs », indique Oz. Cependant, elle n’est pas prête à sesacrifier ou à travailler dur pour l’obtenir.

« Ainsi,quand, au restaurant, un membre de la génération X voit sur la carte un vin à200 shekels (45 euros), il en cherche un autre », explique Tamar.« Un membre de la Génération Y, lui, commandera le vin en question… et engénéral, c’est nous, la Gen X, qui le paierons pour lui, et de bon cœuravec ça ! La Génération Y rejette l’idée que “le temps, c’est del’argent”. Elle éprouve “la fatigue du yuppie”. Les différences sociales laperturbent beaucoup. Elle n’a pas envie de nous ressembler, à nous, lagénération au-dessus. »

« C’estune génération de jouissance », renchérit Oz. « Elle aime faire lafête, profiter de la vie. Et parfois, les parents se joignent à la fête… et ilspaient l’addition, bien sûr ! »

Contestation :« Le mouvement de contestation sociale en Israël a été un grand coupd’esbroufe. Il s’est dégonflé comme un ballon de baudruche. La Génération Ypréfère fuir que se rebeller. »

Rôle desparents : « C’est la génération “étrogue” : les parentsl’enveloppent dans du papier de soie, comme on le fait avec les précieuxcédrats, afin de les protéger », tacle Tamar. « Il manque donc à laGénération Y la résilience qui lui permettrait d’affronter les difficultés.Nous, la Gen X, les avons trop entourés d’amour, trop choyés. Cela partaitd’un bon sentiment, nous voulions que la vie leur soit facile, mais nous avonsoublié que souvent, la souffrance nous équipe pour la vie ! »

Howe et Straussparlent des « parents hélicoptères », qui restent présents pourprotéger leurs enfants même quand ceux-ci sont devenus adultes ; desparents qui demandent aux professeurs et aux employeurs de leurs « petits »de « les plaindre, de les cajoler et de les encourager ».

L’arméeisraélienne rencontre ainsi ce problème depuis des années : il n’est pasrare que les commandants de pelotons reçoivent des appels téléphoniques deparents furieux qui protestent parce qu’on oblige leurs enfants à ramper dansla boue et les orties ou qu’on les prive de sommeil pendant les entraînements.


Surconnectés etaltruistes

Travaild’équipe : Les membres de la Génération Y ont beaucoup d’amis et derelations sur lesquels ils peuvent compter. Ils aiment se retrouver dans lesbars ou les boîtes de nuit. Ils sont revenus du capitalisme et rêvent d’unsystème économique plus performant qui atténuerait les différences sociales àtravers une meilleure distribution des richesses. C’est peut-être la raisonpour laquelle on voit la Génération Y revenir vers le kibboutz, dont elleapprécie le style de vie.

Recherche de sens : Les membres de laGénération Y à travers le monde cherchent tous un sens à leur vie. Ils veulentcomprendre dans quelle mesure leur existence est utile, en quoi elle a unevaleur, une influence. Une étude américaine de Harris Interactive menée en 2011a montré que, pour les jeunes adultes de 21 à 31 ans, une carrière réussiepasse avant tout par la sensation « qu’on est là pour quelquechose », par la possibilité d’avoir un impact sur son environnement, laréussite financière n’étant que secondaire. Trois quarts des membres de laGénération Y interrogés ont déclaré que faire un travail riche en significationcomptait parmi les principaux facteurs attestant le succès d’une carrière.

En cela, laGénération Y fait écho à la théorie de Victor Frankl, ce survivant de la Shoahdont la philosophie se focalise sur la recherche de sens pour tout individu.Sachant que le mot « sens » implique d’agir pour les autres, lesmembres de la Génération Y se retrouvent en proie au conflit interne qui sepose quand on veut profiter soi-même de la vie, mais aussi créer de la valeurpour les autres. Il sera fascinant de voir comment ce conflit va être résolu.Car il est clair que la Génération Y se soucie davantage d’autrui que sesaînés.

Le grand hommed’affaires Guy Kawasaki, gourou du marketing chez Apple, propose pour sa partune façon de résoudre ce conflit : « Faites du sens, pas de l’argent »,conseille-t-il aux créateurs d’entreprise dans son livre, L’art de se lancer,paru en français en 2006 aux éditions Diateino. « Si vous créez du senspour les autres, il est probable que vous gagnerez de l’argent. Mais si vouscherchez seulement à gagner de l’argent, vous échouerez à coup sûr. »

Latechnologie : « Peut-être ne faudrait-il pas l’appeler “GénérationY”, mais “Génération I” », lance malicieusement Tamar. « Pourtout ce qui commence par i : iPhone, iPad, iPod. Sauf qu’il faudrait y mettreun i majuscule, comme I, “moi” en anglais. Car c’est avant tout de moi qu’ils’agit ! »

Chaque année,le dictionnaire Oxford English Dictionary choisit le « mot del’année ». Pour 2013, ce fut « Selfie ». Un selfie, c’est unephotographie de soi-même prise avec un téléphone portable, souvent en compagnied’une célébrité. Cette habitude a remplacé la demande d’autographe. Le selfiecaractérise le « C’est avant tout de moi qu’il s’agit » typique de laGénération Y.

Intimité :selon Tamar, « la génération Y n’a pas de vie privée. Contrairement àleurs parents, ces enfants ont grandi sous le règne de la psychologie du“je-dis-tout”. Ils dévoilent tout, parlent de tout sans tabous.

Ils utilisentlourdement Facebook, aiment moins Twitter, dont les textes limités à 140caractères se prêtent moins bien au type de communication qu’ils affectionnent.Ils veulent montrer, annoncer qui ils sont et ce qu’ils font. Ils surfent sur« Ma vé Zeh » (Ceci et cela), un site internet israélien créé par deuxfilles de 27 et 28 ans sur ce que la vie nous inspire. Il comprend désormaispas moins de 300 blogueurs, tous entre 20 et 30 ans, qui y écrivent pour laplupart une fois par semaine.


Pubères et…puérils

Boomerang :Un boomerang revient toujours dans la main de celui qui l’a envoyé. LaGénération Y retourne toujours au domicile de ses parents, quoique ce phénomènesoit plus prononcé en Israël qu’aux Etats-Unis. « Après l’armée, beaucoupreviennent à la maison », commente Oz. « Et généralement, cela faittrès plaisir aux parents. »

Selon uneenquête, 51 millions d’Américains, soit 1 sur 6, vivent dans un logementoù cohabitent au moins 2 générations adultes. » Et ce mélangeintergénérationnel est une bonne chose. Mieux les aînés comprendront laGénération Y, plus ils sauront peut-être en apprécier les qualités.

Filles etgarçons : Les membres de la Génération Y sont unisexes : ils sepréoccupent très peu des différences de sexe. « Notre fils et sa femme ontacheté un jouet classique de la génération Y à leur fille de 18 mois : uncouteau de l’armée suisse en plastique. Elle l’adore. Mais ce mélange des sexespeut aussi causer des problèmes. Une femme de la Génération Y s’est plainte ànous en disant qu’elle n’arrivait pas à trouver un vrai homme pour se marier »,raconte Tamar.

Sexe : Lesmembres de la Génération Y mûrissent plus vite physiquement que ceux desgénérations précédentes. Pour les garçons, l’âge de la puberté s’élevait à 17ans en 1900, il est de 12 ans aujourd’hui. Une fille sur 6 devient pubère à 7ans et les membres de la Génération Y ont leurs premiers rapports plus tôt queleurs aînés. Toutefois, précisent les Almog, ce sont des relations sexuellestrès puériles. Psychologiquement, la Génération Y mûrit beaucoup plus tard queles précédentes.

Travail :Les membres de la Génération Y ont tendance à quitter leur emploi sur un coupde tête s’ils trouvent que le travail est ennuyeux ou n’a pas de sens,contrairement à la génération X et à celle du baby-boom, qui s’y accrochentpour obtenir leur sacro-saint salaire à la fin du mois. Les employeurs s’enirritent beaucoup, mais les plus sages d’entre eux ont appris à s’adapter àcette nouvelle donne. La Génération Y ne se précipite pas pour se mettre enquête d’un nouvel emploi une fois qu’elle en a quitté un. Elle ne trouve pas lechômage insupportable, contrairement à la Génération X. Le travail n’estpas une valeur centrale de sa vie, elle privilégie plutôt les loisirs et tientà ne pas tenir à travailler trop dur.

Education :Les Almog citent l’album des Pink Floyd, The Wall, sorti en novembre 1979.« Nous ne voulons pas d’éducation », dit la principale chanson,Another brick in the wall, 1re partie. « Nous ne voulons pas que nospensées soient contrôlées… Professeurs, laissez ces enfants tranquilles ! »Ces paroles sont devenues l’hymne de la Génération Y.

« Lesystème éducatif actuel n’est plus adapté du tout à cette génération »,déplore Oz. « Il est trop lent. La Génération Y a un très haut niveaud’éducation en termes de diplômes, mais elle n’est pas intellectuelle. »

La Génération Yconsidère les diplômes comme un moyen d’atteindre ses objectifs, mais non commeun objectif en eux-mêmes. Pour ses membres, les diplômes fournissent les moyensde gagner sa vie et de rester plus longtemps célibataire.


Les X enprennent de la graine

Et les aînés,que pensent-ils de tout cela ? Comment la Génération X et celle dubaby-boom réagissent-elles en découvrant les résultats de cette étude ?

« Lesmembres de la Génération Y sont persuadés que, dans dix ans, ils seront commenous », répond Oz, « mais nous, nous savons que ce ne sera pas lecas ! Quant à leurs aînés, ils ont deux réactions différentes : unepartie d’entre eux affirment que leurs enfants ou leurs petits-enfants ne sontpas du tout conformes à la description que nous en avons faite. L’autre, aucontraire, est très contente : “Ouf !”, nous disent-ils, “Moi quicroyais que mon enfant était le seul à être comme ça !” »

« A vraidire, les différences entre générations ont tendance à s’applanir », affirmeTamar, « parce que la Génération Y nous influence et que nous commençons àressembler à nos enfants, à adopter leurs valeurs, leurs conceptions, leurscroyances… mais pas encore à faire suivre tout cela par des actions, parce quenous, la génération X, nous n’allons pas jusqu’au bout de nos idées, nous nemettons pas nos convictions en application, contrairement à eux. »

La Génération Ysauvera-t-elle Israël et le monde ? Oui, répondent les Almog d’une seulevoix. « Ils nous forcent déjà, nous, leurs aînés, à changer et à adapternos institutions. Ils nous disent que le monde que nous leur laissons n’est pasapproprié. Ils n’ont plus aucune foi dans le capitalisme. Ils aspirent à lapaix et à un nouvel ordre mondial.

« LaGénération Y est une zone exempte de testostérone. Ses membres travaillentà l’unisson. Ils ne veulent pas de la guerre », observe Oz. « Et celaest vrai aussi dans les pays de l’islam, y compris en Iran. Dans cessociétés-là, la Génération Y finira par avoir raison des fondamentalistes. LaGénération Y proclame : “Nous avons besoin les uns des autres”. »

Oz Almogindique par ailleurs que, dans les pays arabes, il existe une nouvelle langueinformatique pour les téléphones portables. Une langue qui, contrairement àl’arabe classique, utilise un mélange de caractères arabes et latins.« Les plus âgés ne la comprennent pas. Et les jeunes Arabes, eux,l’utilisent toute la journée pour communiquer », explique-t-il.

En Israël,contre toute attente, les Almog parient sur deux communautés inattendues :les Russes et les ultraorthodoxes. Ce sont elles qui vont devenir « lanouvelle élite israélienne », prédisent-ils de concert. Les chercheursidentifient en effet chez ces deux groupes des aspirations élevées et deréelles capacités.

A la fin de cetteinterview, on se prend à penser à sa propre famille… Mon épouse etmoi-même avons quatre enfants : deux d’entre eux sont de la Génération XY,les deux autres de la Génération Y. Tous les quatre sont merveilleux ets’entendent très bien, mais les deux « fournées » ne se ressemblentpas du tout.

Nos enfants dela Génération Y nous fournissent une petite fenêtre sur leur monde, et celanous donne beaucoup d’espoir et d’optimisme. Ils respectent profondément laplanète et l’environnement, ils pensent différemment, de façon plus créative,et ils ont compris que les cloches de la mondialisation sont en train de sonnerpour nous tous.

La Génération Yne pourra pas faire pire que ce qu’ont fait la Génération X et celle dubaby-boom. Et comme le démontre l’étude des Almog, elle peut même fairebeaucoup mieux. Reste à espérer qu’elle s’y attèlera !


L’auteur de cetarticle est chercheur à l’Institut S. Neaman du Technion.

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