La coalition sous tension

Rififi entre HaBayit HaYehoudi et Yesh Atid, qui s’affrontent cette fois-ci sur les droits de la communauté gay et lesbienne.

P4 JFR 370 (photo credit: Reuters)
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Les homosexuels ne sont « pas normaux ». Lespropos homophobes du ministre de la Construction et du Logement, Ariel Ouri,ont fait scandale samedi 7 décembre. Le lendemain, la commission ministériellelégislative devait se prononcer sur un projet de loi proposé par Ofer Shelah,secrétaire général de Yesh Atid, visant à interdire la discrimination fondéesur l’orientation sexuelle. Le texte a été rejeté avec 5 voix pour et 5 contre.
Samedi soir, Ouri était l’invité de « Rencontrez lapresse » sur Aroutz 2. Il s’exprimait sur le rejet par son parti d’une loiaccordant l’égalité fiscale aux couples de même sexe, soit le même abattementque les parents hétérosexuels. Pour le ministre, « le gouvernement n’a pasbesoin de reconnaître officiellement les droits des couples de mêmesexe ».
HaBayit HaYehoudi s’est en effet opposé la semainedernière à la proposition de la députée Adi Kol (Yesh Atid), craignant que letexte ne crée un précédent juridique reconnaissant les unions homosexuelles.Alors que le projet de loi proposé par Kol avait été approuvé par la commissionlégislative, la secrétaire générale de HaBayit HaYehoudi, Ayelet Shaked, aenvoyé une lettre au Premier ministre Binyamin Netanyahou, au président de lacoalition Yariv Levin, à la ministre de la Justice Tzipi Livni, et au ministredes Finances Yaïr Lapid, affirmant que le projet de loi imposait deschangements incompatibles avec la religion. « Ces changements auront desconséquences graves sur la société israélienne et le caractère du pays »,a écrit l’élue.
HaBayit HaYehoudi a ainsi exercé son droit de veto,arguant que le projet de loi modifiait le statu quo en matière de religion etd’Etat.
En contrepartie, le parti national religieux a offert unealternative de projet de loi qui accorderait cet avantage fiscal aux coupleshomosexuels sans pour autant les reconnaître juridiquement. Une propositionrejetée par Yesh Atid.
Dans la foulée, un autre texte défendu par le député DovHenin (Hadash) et accordant aux couples homosexuels les mêmes avantages pourles crédits bancaires qu’aux couples hétérosexuels mariés a lui aussi étérejeté.
« Les gays ont choisi d’être ce qu’ils sont. Legouvernement n’a pas besoin de les reconnaître pour autant », a déclaréAriel. « Ce n’est pas quelque chose de normatif, normal ou important. Nouspensons que d’autres sujets doivent être traités avant. »
Nitzan Horowitz du parti Meretz, seul membre ouvertementgay de la Knesset et ancien candidat à la mairie de Tel-Aviv, a attaqué Arielet l’a qualifié de « politicien ignorant ». Par ailleurs, dimanche 8décembre, le ministre des Finances Yaïr Lapid s’est exprimé sur l’importancedes négociations israélo-palestiniennes et a laissé entendre que la coalitionse porterait mieux sans le parti HaBayit HaYehoudi. Une véritable bombepolitique, d’aucuns s’empressant déjà d’annoncer la mort de l’actuelgouvernement. Si un autre élu Yesh Atid, le ministre des Affaires sociales MéïrCohen, s’efforçait dès lundi matin de minimiser la polémique (« pas besoinde crier à la fin de la coalition quand notre parti ne fait que préciser sesmessages »), il semblerait néanmoins que les différends deviennent de plusen plus nombreux entre le parti sioniste religieux et le parti centriste.Affaire à suivre…