Le bloc nationaliste se fissure

Contrairement à son habitude, le Likoud lance des attaques contre ses alliés de droite.

Naftali Bennett 300 (photo credit: Marc Israel Sellem/The Jerusalem Post)
Naftali Bennett 300
(photo credit: Marc Israel Sellem/The Jerusalem Post)
La guerre est déclarée au sein du bloc de droite. Le Premier ministre BinyaminNetanyahou et ses alliés du Likoud ont lancé une offensive sur leurs rivaux ducamp nationaliste, dimanche 23 décembre. Publicités négatives, slogans etmessages ont été diffusés contre Habayit Hayehoudi et le Shas.

La semaine dernière, le Likoud avait lancé une campagne négative contre lesleaders du bloc de centre-gauche. Mais la stratégie du parti a changé après lesdéclarations de Naftali Bennett, jeudi 20 décembre, sur les évacuationsd’implantations. Ce dernier avait en effet évoqué le cas de conscience d’unsoldat recevant l’ordre d’évacuer une commune juive. Résultat : un tollé dansla classe politique qui l’accuse d’appeler à la désobéissance militaire LeLikoud a ainsi publié des messages anonymes dans la presse, dimanche, traitantBennett d’irresponsable. Le parti de droite craint que suite aux déclarationsde Benett, « les soldats refuseront de garder les implantations de Judée-Samarie et d’attaquer les pays ennemis ». Objectif du parti de droite : fairepasser l’idée que les Israéliens de la droite modérée ne peuvent se permettrede soutenir Bennett et les membres de son parti, dont Orit Struck et HillelHorowitz, habitants de Hébron.

Rectification du tir

Le millionnaire à kippa a répliqué par voie de presse,également, avec un message signé par 62 vétérans de son unité militaire(Sayeret Matkal - force spéciale d’élite) louant ses services d’officier.Dimanche soir, Bennett a appelé Netanyahou à cesser de l’attaquer : « Vos stratègesvous ont sans doute conseillé d’attaquer tous azimuts, mais la sociétéisraélienne s’en retrouve divisée », a-t-il lancé.

« Nous sommes du même camp ; nous avons servi dans la même unité. Ne tirez passur le char ! Les attaques issues du camp nationaliste doivent cesser ». Lepoliticien est aussi revenu sur ses propos qui ont déclenché la polémique,disant avoir beaucoup réfléchi pendant que le Likoud « lançait l’enfer à sestrousses ». « Tout soldat de Tsahal, moi y compris, qui reçoit l’ordre d’évacuerun village juif, ou arabe – ce qui est horrible, intolérable - doit obéir à cetordre voté démocratiquement par le gouvernement. Je ne saurais être plus clair».

Shas a également fait les frais de l’offensive du Likoud, dimanche. Dans lecollimateur du parti : les étudiants de yeshiva qui évitent le servicemilitaire, la mainmise de Shas sur le ministère du Logement et le soutiend’Arieh Déri, numéro 2 de la formation religieuse, aux accords d’Oslo àl’époque de leur signature. Ce à quoi le parti sépharade a répliqué via l’un deses membres : « Netanyahou est connu dans l’arène politique pour profiter desgens et ensuite les laisser tomber sans même le leur faire savoir ».