Un voyage, trois étapes

Shimon Pérès était en déplacement en Europe cette semaine. L’occasion de délivrer des messages de paix, mais aussi de mettre quelques points sur les « i ».

President Shimon Peres meets in Paris with Immams 370 (photo credit: GPO / Moshe Milner)
President Shimon Peres meets in Paris with Immams 370
(photo credit: GPO / Moshe Milner)
 Premièreétape pour le président israélien : Bruxelles.
« Que feriez-vous à notre place ? », a-t-il demandé à l’assistance deparlementaires européens. Avant d’ajouter qu’aucun pays n’a dû se battre pourson existence comme Israël. Et de rappeler qu’en 65 ans, le pays a connu 7guerres. Puis Peres a rencontré le président de la Commission européenne, JoseManuel Barroso et le secrétaire général de l’OTAN, le général Anders FoghRasmussen. Sans grande surprise, cet échange très consensuel a débouché sur lapromesse d’un rapprochement entre Israël et l’Union européenne. Sans surpriseégalement, le débat a d’abord porté sur le danger nucléaire iranien etl’arsenal chimique syrien, soutenu, au même titre que le Hezbollah, parTéhéran.

La visite de Shimon Peres s’est poursuivie à Paris, vendredi 8 mars. Leprésident Hollande y a surpris son monde en déclarant que la communautéinternationale, et non Israël, devait prendre en charge le problème iranien. «L’Iran n’est pas un danger seulement pour Israël, c’est un danger pour les paysdu Golfe, pour l’Europe et pour le monde entier », affirme Hollande à l’issuede la conférence de presse qui scelle la rencontre entre les deux présidents.Peres a alors renchéri sur le même ton : « Les Iraniens jouent un jeu dangereuxet sont susceptibles de perdre la dernière chance que le monde leur offre ».

Par la suite, Hollande a fait référence au processus de paix, et à l’avancéedes constructions en Judée-Samarie qui bloque les négociations. Pérès a, poursa part, défendu la solution à deux Etats comme unique réponse pour sortir del’impasse israélo-palestinienne. Et de qualifier le chef de l’Autoritépalestinienne, Mahmoud Abbas, de « partenaire sérieux pour la paix, qui combatla terreur ». Le président a en outre annoncé que les négociationsreprendraient dès la formation du nouveau gouvernement. La visite de BarackObama serait un ciment pour ces pourparlers.

Peres a ensuite insisté sur le cas du « Hezbollah » en réitérant la demandeconjointe des Etats-Unis et d’Israël de placer le mouvement libanais, auteur denombreux attentats, sur la liste noire du terrorisme par l’Union européenne. Lerefus de l’Europe de s’engager contre le groupe terroriste est motivé par lapeur de fragiliser le gouvernement libanais, déjà bancal, ce qui contribueraità déstabiliser encore davantage le Proche-Orient. En retour, Hollande a promisdes décisions conséquentes à la fin de l’enquête menée par la Bulgarie surl’attentat de Burgas contre des touristes Israéliens l’été dernier.

« Ensemble, nous combattrons le terrorisme » 

Le président israélien a égalementrencontré une délégation d’imams à Paris. Une initiative qui a coïncidé avec ladate anniversaire des premiers crimes de Mohammed Merah contre des militairesfrançais, en mars 2012. Peres a ainsi déclaré devant les responsables musulmansque « Toulouse, c’était certainement un tournant, parce que celui qui a voulutuer a montré le visage le plus hideux du crime ».

L’imam Hassen Chalghoumi, de la mosquée de Drancy, faisait partie de ladélégation qui a visité Israël en novembre dernier.

Connu pour son combat contre l’intégrisme en France, il a, quant à lui, rappeléla « période difficile à la veille du 11 mars et les terribles crimes » commispar Mohamed Merah qui a « assassiné des musulmans avant de tuer des juifs ».

Comme une note d’espoir, Peres a choisi de conclure par la promesse de luttercontre le terrorisme : « Parce que les terroristes, et je vais vous révéler unsecret, ne sont jamais aussi forts que nous le pensons et jamais aussiimportants qu’ils le disent. Nous allons oeuvrer pour une vie commune entrechrétiens, musulmans, juifs, Palestiniens et Israéliens ».

Les imams présents, représentants des mosquées les plus éminentes de France,faisaient partie d’une délégation musulmane qui comprenait également desreprésentants des communautés égyptienne, africaine, marocaine et sénégalaiseen France. Au cours de la discussion, les imams ont loué la liberté de culteisraélienne pour les gens de toutes confessions.

Ils ont également manifesté leur soutien à la lutte de l’Etat hébreu contre leterrorisme. « Vous aspirez à la paix comme nous. Je vous considère comme mesfrères de cheminement.

Le dialogue entre nous est important et utile. Et c’est pourquoi notrerencontre est d’une importance cruciale à mes yeux.

Nous allons travailler ensemble au nom des peuples du monde entier, au nom desIsraéliens et des Palestiniens et au nom de la paix dans le monde », a concluPeres.