Violentes protestations au Kotel

Pour la première fois, les Femmes du Kotel ont pu prier en toute légalité, pour Rosh Hodesh.

JFR P5 370 (photo credit: Marc Israël Sellem/The Jerusalem Post)
JFR P5 370
(photo credit: Marc Israël Sellem/The Jerusalem Post)
Peut-on parler d’une victoire ?Pour la première fois depuis 24 ans, les Femmes du Kotel avaient le droit de serecueillir comme elles l’entendaient, au Kotel, à l’occasion de Rosh Hodesh, lanéoménie juive. Ce groupe de femmes, présidé par Anat Hoffman et récemmentsoutenu par plusieurs députées de l’opposition, ont pour coutume de prier enempruntant des rituels traditionnellement réservés aux hommes : tefilin, châlesrayés, lecture de la Torah.

Il y a 15 jours seulement, le tribunal de Jérusalem a reconnu leur droit àprier selon leurs propres convictions libérales, chose qui leur avait étérefusée jusqu’à présent au nom de la coutume locale orthodoxe.

Soutien de 48 % des Israéliens 

Habituées aux arrestations, cette fois-ci lesmilitantes ont dû être elles-mêmes protégées par la police. 400 femmesorthodoxes étaient venues protester contre leurs pratiques, bientôt rejointespar des milliers d’élèves, garçons et filles, et des hommes harédim. Desdéputés du Judaïsme unifié de la Torah (JUT) avaient encouragé la venue desécoliers orthodoxes, également soutenue par le rabbin le plus influent dans lemilieu ashkénaze, le rav Aharon Leib Steinman.

Les opposants ont lancé bouteilles d’eau, pierres, sacs d’ordures et chaises endirection des Femmes du Kotel, tout en se battant contre la police, avec forcecris et hurlements.

Trois émeutiers orthodoxes ont été arrêtés, tandis que 2 officiers, légèrementblessés au cours des heurts, ont reçu des soins. Les forces de l’ordre ontescorté le groupe de femmes jusqu’aux cars qui les attendaient à la porte desImmondices, tandis que des manifestants continuaient de lancer des pierres enleur direction.

Selon un sondage réalisé par l’institut de Démocratie en Israël au moisd’avril, 48 % des Israéliens pensent que les Femmes du Kotel ont le droit deprier comme elles le souhaitent, tandis que 38 % s’y opposent. Parmi lessympathisants, 63,5 % des sondés se définissent comme laïcs, 53 % se disent «traditionnels mais non religieux » et 27,5 % « religieux ».

Aucun orthodoxe n’a émis de soutien.

Le président de l’Agence juive Natan Sharansky a réagi aux émeutes en déclarantqu’elles ne rendaient que « plus urgent encore le besoin de trouver unesolution durable permettant à tout juif, groupe ou communauté, de prier au Muroccidental à sa manière ». Sharansky planche actuellement sur la création d’unezone de prière égalitaire qui mettrait fin au conflit sur le long terme.

Les Femmes du Kotel se sont dites fières d’être arrivées « à ce tournanthistorique où des femmes prient en toute liberté, protégées et défendues par lapolice. Notre groupe est également attristé par la violence employée par deshommes harédim et appelle les leaders ultraorthodoxes à dénoncer toute forme deviolence faite aux femmes ».