Liberman : son avenir politique s’assombrit

Le ministère de la Justice a officiellement saisi le tribunal de Jérusalem pour fraude et abus de confiance.

Foreign Minister Avigdor Liberman 390 (photo credit: Flash 90)
Foreign Minister Avigdor Liberman 390
(photo credit: Flash 90)

Dimanche 30décembre, Avigdor Liberman, leader d’Israël Beiteinou et ancien ministre desAffaires étrangères, est officiellement accusé de fraude et abus de confiancedevant le tribunal de Jérusalem par le ministère de la Justice. Cetteinculpation ne l’empêche pas de se présenter aux élections et il demeure numéro2 sur la liste de Likoud-Beiteinou, juste derrière le Premier ministre BinyaminNetanyahou. Il ne devra pas non plus démissionner de la prochaine Knesset, saufs’il est condamné pour manquement à la probité au terme du procès. Si tel étaitle cas, et qu’une peine de prison accompagnait la sentence, le dirigeantrussophone ne pourrait plus occuper de fonction ministérielle pendant sept ans,comme l’ancien ministre de l’Intérieur et actuel candidat Shas, Arieh Deri.Même en l’absence d’une peine pénitentiaire, la Cour suprême pourrait déciderd’une mise à l’écart durant sept ans. Dans le cas où Liberman irait en prisonsans condamnation pour manquement à la morale, il pourrait redevenir ministreaprès avoir purgé sa peine. 

Implication d’Ayalon 

Jeudi 27 décembre, le procureurd’Etat Yehouda Weinstein a présenté à la Knesset des modifications dansl’inculpation de Liberman (qui a eu originellement lieu le 13 décembre).Principal changement : la description d’un rôle bien plus actif joué par l’éludans la nomination de l’ambassadeur Zeev Ben-Arieh en Lituanie. Pour rappel, cedernier a avoué avoir fait part à l’ancien ministre des Affaires étrangèresd’informations sur une enquête pour blanchiment d’argent le concernant.Liberman est accusé d’avoir, en retour, favorisé l’avancement du diplomate,tout en dissimulant ses véritables motifs à ses équipes. Les changements dansl’acte d’accusation sont intervenus après que plusieurs membres de lacommission des nominations au ministère des Affaires étrangères aient étéentendus par la justice. Parmi eux, figure Danny Ayalon, vice-ministre encharge du ministère depuis la démission de Liberman. Celui-ci préside notammentla commission des « hautes nominations », qui comprend les postesd’ambassadeurs et de consuls. Selon Ayalon, Liberman lui aurait déclaré queBen-Arieh était le candidat le plus compétent pour le poste, sans rien préciserde leurs relations. Le vice-ministre, qui ne connaissait quasiment pas lediplomate, s’est donc fondé sur les recommandations de Liberman pour promouvoirla nomination de Ben-Arieh devant la commission. L’acte d’accusation nedétaille pas les actions entreprises par Ayalon à cet égard, mais cesinformations seront sans doute dévoilées au cours du procès. Le chef d’IsraëlBeiteinou a réagi par un communiqué en niant tout méfait. Et réitéré sa volontéd’aller rapidement au procès. C’est pourquoi, a-t-il rappelé, en plus d’avoirdémissionné de ses fonctions ministérielles, il a demandé à la Knesset deretirer son immunité parlementaire dès le début de l’affaire. Et de conclure :« Toutes les rumeurs sur une négociation de peine sont infondées et la véritéémergera devant la Cour ».


Critiques d’Ehoud Olmert contre Tzipi Livni 

Lacandidate centriste subit également des attaques sur sa gauche. 

Lahav Harkov etGil Hoffman 

L’ancien mentor de Tzipi Livni fait volte-face. Ehoud Olmert,ancien Premier ministre donné un temps candidat pour la campagne actuelle, aattaqué celle qui lui a succédé à la tête de Kadima au cours d’une réunion avecl’actuel chef de la formation centriste, Shaoul Mofaz, ce week-end. Olmert aappelé les électeurs à s’interroger : veulent-ils accorder un 10e siège dedéputé au Parti de Tzipi Livni ou aider Kadima à dépasser le seuilparlementaire ? « Elle a perdu la présidence du parti avec un très grand écartlors des primaires, parce que les membres de Kadima ne lui faisaient plusconfiance », a lancé Olmert. « Voilà la vérité. Elle a échoué en tant que chefde l’opposition ». Le Parti de Tzipi Livni a répondu en rappelant que ce quicomptait le plus pour Olmert, tout comme pour Livni, était de vaincre lePremier ministre Binyamin Netanyahou, peu importe les propos d’Olmert. Cedernier n’a pas non plus ménagé ses critiques envers Bibi et affirmé qu’ilcraignait pour l’avenir du pays. Il a raconté que, selon certains diplomateseuropéens, les leaders du Vieux continent se retiennent actuellement decritiquer le gouvernement israélien pour ne pas aider Netanyahou dans lessondages, mais qu’après les élections, « ils parleront haut et fort et vous lesentendrez, ainsi que les Américains ». Dimanche 30 décembre, Tzipi Livnicélébrait le lancement officiel de sa campagne à Tel-Aviv. Et s’en estégalement prise au Premier ministre. Le dernier slogan publié par son partiveut croire que « L’espoir vaincra la peur », un hommage à la campagne 2008 duprésident Barack Obama. « Quatre ans de Netanyahou, et tout ce qui nous reste,c’est la peur. Personne n’a le droit de nous voler notre espoir, un Premierministre pas plus qu’un autre », a lancé Livni, avant d’ajouter que « lorsquela peur règne, on n’exige rien du gouvernement. Sans espoir, il n’y a plus demanifestations ». Et de citer la Tikva : « l’espoir d’être un peuple libre surnotre terre n’est pas juste un hymne : c’est une réalité ». Plus tôt dans lamatinée, Livni avait été interrogée sur un nouveau retrait de la politique encas de mauvais score électoral au micro de la radio militaire. La candidate arépliqué que ceux qui répandaient de telles accusations avaient peur d’elle. «Je suis revenue en comprenant fort bien que je payerai peut-être le prix fortpour avoir recommencé presque de zéro, mais je dois continuer à me battre »,a-t-elle affirmé. « Je suis revenue pour me battre et je le ferai de partout,que ce soit à la Knesset ou au gouvernement ». A l’extérieur de l’évènement,des militants Meretz étaient venus protester contre une éventuelle alliance deLivni avec le Likoud. Fredonnant le thème musical de Dark Vador dans la Guerredes étoiles, ils brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire : «Tzipi, engage-toi à ne pas siéger avec Bibi ». Cette manifestation faisaitsuite à un appel de la dirigeante de Meretz, Zehava Gal-On, à Tzipi Livni, YaïrLapid (Yesh Atid) et Shelly Yacimovich (Avoda) pour ne pas former de coalitionavec Netanyahou. « Aujourd’hui, Meretz conclut un pacte avec les Israéliens :nous ne vendrons pas nos voix à la droite », a martelé Gal-On lors d’uneconférence de presse à Tel-Aviv, dimanche matin. « Quiconque votera pour Meretzpeut être certain que sa voix sera employée à combattre le gouvernement racistede Likoud-Beiteinou ».