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P22 JFR 370.(Photo by: DR)
Si on chantait ? En Israël !
By DAHLIA PEREZ
06/11/2013
Julien Clerc : un show très attendu en dépit des pressions.
Détendu, chaleureux, le sourire de Julien Clerc se donne à voir et à entendre. Une actualité chargée pour l’artiste qui a plus de quarante ans de carrière derrière lui et qu’on ne présente plus. Ce n’est rien, Ma préférence, Femmes je vous aime, on a tous fredonné un jour un des tubes de l’artiste. En dépit des dernières polémiques, notamment relayées par le Nouvel Obs sur cette fameuse date en Terre promise, et malgré les pressions du BDS, association pro-palestinienne, et les manifestants venus protester devant le théâtre du Châtelet lors de ses derniers concerts parisiens, Julien Clerc se produira bel et bien pour la première fois en Israël le 7 juillet prochain, reprenant pour l’occasion son spectacle Symphonique créé à l’Opéra national de Paris.

Le show, qui a suivi son dernier album du même nom sorti en 2012, a connu un beau succès à Paris et s’exporte sans problème. Avec une prestation telavivienne, prévue aux côtés de quarante musiciens locaux, la rencontre promet d’être belle. Sa venue est même relayée par la ministre de la Culture et des Sports, Limor Livnat. Dans une lettre de bienvenue à l’artiste, celle-ci précise : « Les Israéliens sont connus pour leur amour des arts […] et nombreux sont ceux parmi eux qui vous connaissent, vous aiment et vous admirent ».

L’artiste a accepté de répondre avec sa gentillesse légendaire aux questions du Jerusalem Post. Son enthousiasme donne hâte de le voir prochainement sur scène.

Pourquoi avoir attendu toutes ces années avant de venir en Israël ? 

Je ne sais pas (rires). Je réponds aux propositions… Je n’ai pas été si demandé que ça ! (rires) C’est une réponse toute bête, mais en fait je suis ravi de venir… 

Qu’attendez-vous de cette rencontre avec le public israélien et plus spécifiquement avec le public francophone local féru de culture française ? 

Je suis ravi de le rencontrer. J’ai déjà présenté ce spectacle, Symphonique, l’année dernière. Je tournais avec mes propres orchestres en France, puis j’ai ensuite été accompagné par des orchestres locaux à l’étranger : au Canada et au Liban entre autres.

Cette fois-ci, c’est l’orchestre de Tel- Aviv qui m’accompagnera, j’emmène juste avec moi le chef d’orchestre, mon pianiste et mon batteur. Ces déplacements sont en général difficiles, bien que les rencontres avec le public francophone m’importent beaucoup. Mais pour des questions de budget, elles sont peu nombreuses… Ce concert symphonique est sonorisé de telle manière que le ton restera très pop. Ce ne sera pas vraiment calme, beaucoup de morceaux « Up tempo », rapides, sont prévus, ainsi que des ballades… Mon but : faire danser les gens avec un orchestre philharmonique ! (rires) 

Est-ce que ce tour de chant israélien a été conçu comme dans les autres pays ou est-il différent ? 

Non, le spectacle reste le même, une fois la dramaturgie, le show « fixé », je ne bouge plus.

Connaissez-vous des mots d’hébreu ? 

Non je n’en connais pas, mais vous pouvez m’en apprendre ! (rires) 

Vous pourrez saluer votre public d’un « shalom »… Qu’avez-vous choisi de privilégier dans ce dernier spectacle ? Les chansons du dernier album ou plutôt vos morceaux culte ? 

Je vais interpréter trois chansons du dernier album. Il y aura aussi des vieux tubes, je chante depuis quarante ans un répertoire très large.

Connaissez-vous des chanteurs israéliens, des artistes locaux ? Est-ce toujours compliqué, pour un artiste israélien, de se faire connaître en France ? 

Oui, je connais Noah, et j’ai vu beaucoup de films israéliens récents, il y a une nouvelle vague épatante.

La France reçoit beaucoup d’artistes étrangers qui chantent, c’est vrai, en anglais. C’est un problème, car la francophonie a perdu du terrain. J’ai reçu par ailleurs une gentille lettre du ministère de la Culture israélien qui m’a beaucoup touché.

Quel est le pays qui vous a le plus marqué dans votre rencontre avec le public ? 

C’était une tournée que j’ai faite il y a dix ou douze ans, à Phnom Penh au Cambodge. Le matériel, piano et son, n’était pas terrible, mais quelle ferveur ! Sur le plan émotionnel, c’était extraordinaire, on a vécu un moment très touchant, on a vraiment été récompensés. C’est un pays à part, qui a été ravagé par les Khmers rouges, bouleversant. L’alliance française avait monté le concert, qui a été difficile sur un plan technique, mais s’est révélé extraordinaire en emotion.

Lollyprod, envers et contre tout 

A la tête de Lollyprod : David Stern. Ce jeune chef d’entreprise nous en dit plus sur la société qu’il a créée il y a 5 ans. Son but : produire des spectacles francophones, « un marché israélien difficile sur cette niche », confie-t-il, « nous ne sommes pas les seuls sur le créneau. Et puis, surtout, on tente de faire venir des artistes français dans un contexte de boycott d’Israël souvent difficile. Vanessa Paradis n’a pas résisté à la pression, mais que Julien Clerc maintienne sa venue a été un grand soulagement pour nous. Il faut savoir que ces lobbys disposent d’un véritable arsenal de communication anti-israélien, et sont très déterminés ».

Mis à part des artistes comme Patrick Bruel, Gad Elmaleh, ou Elie Semoun, proches de la communauté, les chanteurs sans lien avec Israël s’attirent systématiquement les foudres de ces mouvements. Mais depuis l’affaire Paradis, ajoute Stern, « des soutiens sont apparus, notamment du ministère de la Culture israélien ».

Lollyprod a en outre été choisi par le Collège académique de Netanya pour produire la cérémonie de remise de diplôme honoris causa à Nicolas Sarkozy. « Etre producteur en Israël dépasse les notions de régie inhérentes à l’organisation de spectacles », note Stern.

« Il existe une autre dimension ici, qui nécessite une vraie finesse du métier », explique-t-il. Et de préciser : « En gros, comment produire dans un contexte où beaucoup veulent nous marginaliser ? Bien qu’apolitique, j’ai été obligé de me pencher sur la question. On n’a pas le choix si on veut faire ce métier. Lollyprod, pour les Français, est devenu un peu le porte-drapeau de cette histoire de boycott. Mais Dieu est avec nous, et nous aide. Et pour la première fois, depuis 2008, nous allons pouvoir proposer au public francophone une saison complète avec des artistes comme Patrick Bruel qui se produira en août au parc expo, mais aussi Max Boublil. Et la rentrée sera elle aussi prometteuse ! ».

Julien Clerc se produira à Tel-Aviv Le 7 juillet, à l’Opéra national d’Israël, 19 Shaoul Hamelekh www.lollyprod.com Réservations : 03-658 5959
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