Bras de fer

Paris a proposé une présence internationale sur le mont du Temple. Jérusalem a refusé. Que se cache-t-il derrière la motion française ?

By SYLVIE BERGER
October 22, 2015 18:07
3 minute read.
Des observateurs internationaux sur le mont du Temple?

Des observateurs internationaux sur le mont du Temple?. (photo credit: MARC ISRAEL SELLEM/THE JERUSALEM POST)

Verrons-nous bientôt les casques et bérets bleu clair des forces de maintien de la paix des Nations unies sur le Mont du Temple ? Si Paris parvient à imposer sa volonté, le Conseil de sécurité de l’ONU acceptera une motion française et votera en faveur d’un stationnement d’« observateurs indépendants » sur le site pour « identifier de possibles violations du statu quo. »
Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a clairement affirmé dimanche 18 octobre qu’il rejette la proposition française. Mais l’ONU – une institution qui n’est pas connue pour son impartialité lorsqu’il est question de l’Etat juif – pourrait exercer des pressions sur Jérusalem afin qu’elle accepte de se soumettre à une telle décision, si jamais elle était prise. La France s’imagine apparemment qu’une force de maintien de la paix de l’ONU parviendra à apaiser les tensions sur un site qui est depuis longtemps l’épicentre de la violence palestinienne. Visiblement, les leçons de l’histoire n’ont pas été assimilées.

Triste palmarès

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Parmi les nombreux échecs de l’ONU depuis les soixante-dix ans de sa fondation, les forces de maintien de la paix se sont particulièrement distinguées par leur inefficacité.

Dans la période qui a précédé la guerre des Six Jours, la Force d’urgence des Nations unies, stationnée le long de la frontière entre Israël et l’Egypte, s’est avérée totalement incompétente. Elle n’a ainsi pas empêché l’agression égyptienne qui a conduit au déclenchement de la guerre. Les Egyptiens ont simplement demandé à la FUNU d’évacuer la zone et le secrétaire général de l’ONU d’alors, U Thant, a facilité cette démarche.
Les forces de maintien de la paix de l’ONU sur la frontière nord d’Israël n’ont pas fait beaucoup mieux. La mission de la « Force intérimaire des Nations unies au Liban » ou FINUL, qui a débuté en 1978, n’a pas vraiment un caractère d’intérim puisque’elle s’est largement développée dans le sillage de la seconde guerre du Liban de 2006. Son budget annuel est de près de 500 millions de dollars ; elle est composée de plus de 10 000 soldats armés et emploie près de 1 000 civils. D’après la Résolution 1701 du Conseil de sécurité, la FINUL est chargée d’empêcher le Hezbollah de se réarmer et doit s’assurer que le Sud-Liban est une « zone sans armes ». Or les casques bleus ont lamentablement échoué dans leur mission. Depuis le déclenchement de la guerre civile syrienne, le Hezbollah a introduit en contrebande au Liban des armes de plus en plus sophistiquées, y compris des missiles antinavires de fabrication russe, les SS-N-26 Yakhont.

A l’échelle internationale

Les échecs des missions de maintien de l’ordre de l’ONU ne se limitent pas à Israël. En 1994, au Rwanda, une mission d’assistance était au courant du génocide imminent. Mais les forces de maintien de la paix ne sont pas parvenues à empêcher le massacre de près d’un million de personnes issues de la minorité Tutsi. En 1995, à Srebrenica, plus de 8 000 Bosniaques musulmans ont été exécutés sommairement, pour la plupart par des escouades serbes. Cet événement est survenu après que la ville ait été déclarée « zone de sécurité » et suite à l’envoi par l’ONU d’une force de protection hollandaise, chargée précisément d’éviter une telle atrocité. Une photo du commandant hollandais portant un toast avec le général Ratko Mladic, le commandant serbe, avait irréversiblement détruit la réputation de l’ONU.
Plus récemment, en 2005, on apprenait que des membres des forces de maintien de la paix de l’ONU déployées dans la République démocratique du Congo faisaient du proxénétisme et violaient des jeunes filles, plutôt que de les protéger. Des accusations semblables ont été portées contre les forces de l’ONU déployées au Cambodge, en Bosnie et à Haïti.
Est-ce à de telles « forces de maintien de la paix » que Paris veut confier la garde du mont du Temple ? Les Français pensent-ils sincèrement que les casques bleus, forts d’un palmarès aussi sordide, réussiront à apaiser les tensions, ou ont-il une autre idée en tête ?

Ainsi, selon certains, la motion française aurait moins à voir avec le retour de la sécurité, et viserait davantage à profiter de la récente vague de terreur pour « internationaliser les lieux saints ». Le but ultime étant de céder à la pression des Palestiniens et de forcer Israël à renoncer au contrôle du mont du Temple.
Or le vrai problème sur le mont du Temple n’est pas le non-respect du statu quo. Les Français feraient donc peut-être mieux de concentrer leurs efforts ailleurs : exhorter par exemple les dirigeants palestiniens à cesser de répandre des mensonges et attiser les violences.
 

© Jerusalem Post Edition Française – Reproduction interdite


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