Physiciens en herbe

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June 4, 2017 17:12

Certains de nos plus brillants esprits visent le podium aux prochains Jeux olympiques de physique




Des élèves se préparant pour les prochains Jeux olympiques de physique

Des élèves se préparant pour les prochains Jeux olympiques de physique. (photo credit:SARAH LEVI)

Les Jeux olympiques et les différentes compétitions mondiales sont des modèles d’esprit sportif et de camaraderie qui dépassent les frontières : les peuples se trouvent rassemblés autour d’un objectif commun pour quelques jours, et le monde a les yeux rivés sur ces athlètes talentueux qui portent fièrement les couleurs de leur pays, dans une démonstration de prouesse et de force physique. La science offre, elle aussi, l’opportunité de compétitions entre nations. A son niveau, elle joue également un rôle important afin de créer des liens significatifs sur le plan international, dans une ambiance de saine concurrence intellectuelle.

Ainsi, depuis près de 50 ans, les Olympiades internationales de physique sont l’objectif ultime visé par certains des lycéens les plus prometteurs dans 83 pays, dont Israël. Leur 17e édition se déroulera en juillet dans la ville sibérienne de Iakoutsk. Retour sur la préparation des huit candidats en lice, âgés en moyenne de 17 ans.

Une sélection ardue


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Ne participe pas aux Olympiades qui veut. Seule une élite, sélectionnée au terme d’un processus particulièrement ardu, est habilitée à y prendre part. Ainsi, tandis que la plupart des lycéens israéliens profitaient de leurs vacances de printemps, quatorze des meilleurs élèves du pays ont passé la semaine précédant Pessah à l’Institut Weizmann de Rehovot, à l’occasion de son camp annuel de préparation aux Olympiades asiatiques de physique. L’équipe bleu-blanc affrontera 20 autres pays au cours de cette compétition.

L’aventure a commencé il y a environ un an et demi pour ces jeunes, qui ont d’abord passé un examen d’évaluation normalisé, parmi plus de 3 500 lycéens inscrits à des cours de physique, dans près de 150 établissements secondaires d’Israël. Les détenteurs des 400 meilleurs scores ont été invités à la deuxième phase de sélection : un examen d’entrée pour participer au camp de physique d’été de deux semaines au Technion, où 35 d’entre eux ont été admis. Là, ils ont participé à des expériences et étudié des principes de physique théorique de haut niveau. Une vingtaine d’étudiants a été retenue.

Chacun des élèves sélectionnés a ensuite regagné son lycée jusqu’aux vacances d’hiver, durant lesquelles ils se sont tous retrouvés pour participer à un nouveau stage de physique, à l’université Ben-Gourion de Beersheva. Entre les congés de Hanoucca et de Pessah, ces derniers ont reçu douze à quinze heures de devoirs hebdomadaires pour préparer le camp d’entraînement de printemps à l’Institut Weizmann. Le groupe de jeunes physiciens ne comptait alors plus que quatorze candidats.

Cette semaine d’entraînement est des plus intenses : pendant cinq longues journées, les membres de l’équipe renoncent à leur temps libre, au soleil et aux activités typiques de leur âge, pour se préparer. Et même à ce stade, leur place n’est pas encore acquise : au bout du compte, seuls huit d’entre eux se rendront à Iakoutsk. Chaque jour, les candidats doivent réaliser des expériences complexes sur cinq heures, suivies de cours théoriques. Une préparation indispensable afin de se hisser au niveau de la compétition qui les attend pour les deux jours d’Olympiades.

Hors des sentiers battus

L’entraîneur principal de l’équipe olympique israélienne est le Dr Eli Raz, responsable du département de physique et d’ingénierie optique du collège Braude de l’ORT. Selon lui, le secret du succès de l’équipe réside dans sa capacité à maîtriser les capacités de réflexion critique, de manière indépendante et créative, pour sortir des sentiers battus au lieu de se contenter d’absorber l’information telle quelle.

Les élèves ne reçoivent jamais leurs résultats après soumission de leurs expériences ou examens à l’équipe encadrante, composée d’anciens participants aux Jeux olympiques. Cela favorise la motivation et diminue l’excès ou le manque de confiance. Ainsi, les jeunes s’entraident et se soutiennent mutuellement, au lieu de se sentir constamment en concurrence.
L’équipe, cette année, est essentiellement masculine, juive et laïque, avec un jeune homme qui porte la kippa ainsi qu’une jeune fille. La plupart de ces étudiants ne sont pas originaires de zones fortement peuplées comme Tel-Aviv, Jérusalem ou Haïfa, mais plutôt de petites villes et villages. Une majorité vient de Modiin.

« Nous ne posons aucune question sur l’origine familiale ou le statut socio-économique des élèves, mais parfois, leurs parents appartiennent au milieu scientifique, ce qui influe sans doute sur la façon dont certains candidats arrivent ici. Il arrive aussi que des frères et sœurs de candidats aux Olympiades précédentes soient sélectionnés. »

Lorsqu’Eli Raz a commencé à entraîner l’équipe en 1994, la majorité des participants arrivaient de l’ex-Union soviétique, avec leur propre méthode de travail, puis ils se sont adaptés à la mentalité israélienne. « Au fil du temps, la présence de ces jeunes physiciens d’origine russe a nettement diminué. » C’est aussi en 1994 que l’équipe a compté le seul candidat arabe de son histoire. « J’ai investi beaucoup d’efforts pour accroître leurs chances de réussir en physique », explique Raz. « Mais ces tentatives sont restées infructueuses, en partie en raison du système scolaire, mais aussi parce que la plupart des élèves arabes de haut niveau préfèrent étudier la biologie et finissent par s’orienter vers la médecine. »

Des têtes bien pleines

On ne peut passer sous silence le fait que notre équipe représente un pays souvent controversé sur la scène internationale, souligne Raz.
« La politique n’a pas sa place ici. Je le répète souvent aux étudiants : ne vous mêlez pas de politique. » Incarner le minuscule Etat juif du Moyen-Orient, ne va pas, en effet, sans poser de problèmes. Nitzan Shapira et Dana Zeidman, anciens participants à la compétition de Hong Kong l’an dernier, évoquent notamment l’accueil glacial de l’équipe saoudienne. Ils précisent toutefois que les autres équipes rencontrées étaient plutôt amicales et respectueuses. Shapira a même eu le plaisir de jouer aux cartes avec l’équipe Qatarienne.

Israël se classe généralement dans les dix premiers aux Olympiades d’Asie, où il affronte des équipes comme celle de la Chine (qui remporte toujours la première place, tant aux JO asiatiques qu’aux internationaux), de la Russie et de Taiwan. Egalement en compétition, des équipes d’Asie centrale et celles de quelques rares pays du Moyen-Orient, qui finissent souvent aux derniers rangs. La Corée du Nord est également présente, bien que son équipe ait été disqualifiée l’an dernier pour tricherie. Au niveau international, Israël termine toujours parmi les vingt premiers.
L’équipe de cette année est très prometteuse, affirme l’entraîneur. Malheureusement, le concours international se déroulera cette année en Indonésie, donc même si Israël se qualifie, il ne pourra y participer, en raison de l’absence de relations diplomatiques avec ce pays et des risques encourus sur le plan sécuritaire. En 2019, ce sera au tour d’Israël d’accueillir les 50es Olympiades internationalesde physique.

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