Oignez vilain, il vous poindra, poignez vilain, il vous oindra…

By MICHELE MAZEL
August 6, 2017 15:44

Israël aura difficilement le dernier mot tant que sa légitimité sera contestée

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Oignez vilain, il vous poindra, poignez vilain, il vous oindra…

Prière lors du jeûne du 17 Tamouz. (photo credit:MARC ISRAEL SELLEM/THE JERUSALEM POST)

Ce dicton, fruit de la sagesse médiévale, prend tout son sens dans le Moyen-Orient aujourd’hui. Ce qui ailleurs passe pour de la retenue, voire de la sagesse, est perçu dans nos contrées comme marque de faiblesse. L’Occident, qui devrait le savoir, fait semblant de l’ignorer. Comment expliquer autrement l’attitude irresponsable des médias et des grands pays occidentaux ? Bien difficile, alors, pour les dirigeants israéliens de formuler une ligne de conduite claire et de s’y tenir. Le bon sens dit que céder, c’est appeler de nouvelles exigences, mais de Paris à Londres et à Berlin, le chant des sirènes appelle à la modération et à la compréhension. Il faut, dit-on, respecter les coutumes de l’autre, le laisser prier sur ses lieux saints.

Si regrettable que soit « l’incident » intervenu – le meurtre de deux policiers israéliens druzes –, les mesures prises par Israël seraient excessives ; d’ailleurs, le 24 juillet, le quotidien Le Monde n’hésitait pas à écrire : « Les forces de l’ordre ont pris une mesure exceptionnelle, en fermant l’esplanade au public et en procédant à des fouilles complètes des bâtiments du Waqf, la fondation pieuse jordanienne gérant ces lieux. Elle soupçonnait l’existence de possibles caches d’armes. Elle n’a trouvé que quelques couteaux. » Vous avez bien lu, « que quelques couteaux ». Piotr Smolar, auteur de ces lignes, ignorait-il que moins de 48 heures avant que ne soient rédigées ces lignes, c’est à coups de couteau qu’un terroriste avait assassiné un grand-père et deux de ses enfants à Halamish ? Dans le même temps, la presse arabe se déchaînait… Chez nous, comme d’habitude, des hommes politiques de tous bords ne se privaient pas de critiquer leur gouvernement.

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La crise pouvait-elle se terminer autrement ? Peut-être, s’il ne s’était rien passé à Amman. La volonté bien légitime d’éviter de revoir les images dramatiques de notre ambassade au Caire prise d’assaut par des émeutiers, et le personnel de sécurité sauvé in extremis grâce à l’intervention directe du président Obama auprès du président Morsi, qui avait refusé de prendre les appels du premier ministre israélien, a peut-être joué un rôle décisif. Reste à savoir si le prix à payer ne s’avérera pas bien lourd. Le triomphalisme arabe n’est que trop familier, et le sentiment d’avoir gagné une bataille, exalté dans des discours enflammés jusqu’au cœur des communautés arabes d’Israël, risque d’entraîner de nouvelles tentatives. Le fond du problème est, hélas, bien connu : le refus quasi viscéral de reconnaître l’antériorité du judaïsme en terre d’Israël et les racines juives des lieux saints, dont l’islam revendique l’exclusivité. Les récentes déclarations de l’UNESCO n’ont fait que conforter les musulmans dans cette croyance et nourrir le refus obstiné des Palestiniens d’accepter qu’Israël est un Etat juif. Une pierre d’achoppement sur laquelle viennent buter toutes les tentatives de négociation.

L e 1er août a eu lieu le jeûne de Tisha beAv commémorant la destruction du Temple. On voudrait pouvoir espérer que la classe politique prenne conscience de la gravité de l’heure et s’unisse pour y faire face…

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