Comment devenir un bon rabbin

En suivant le programme Barkai qui propose des cours pour aider les leaders cultuels à gérer le quotidien.

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December 11, 2012 12:42
Chief rabbi Yisrael Meir Lau

Chief rabbi Yisrael Meir Lau 521. (photo credit: Courtesy)

De la nécessité de la pratique. « Confiriez-vous votre santé à un médecin qui a fait médecine, mais n’a aucune expérience pratique car il n’a pas fait son stage de fin d’études ? », lance métaphoriquement le rabbin David Fine. Et de continuer : « Qui irait poser une question d’ordre spirituel à un rabbin qui a certes la semikha (ordination rabbinique) mais pas forcément les outils pratiques pour vraiment servir de leader et de conseiller à la communauté ? » Né aux Etats-Unis, Fine a fait son aliya en 2008. Il est le cofondateur de l’association Barkaï, un centre éducatif à Modiin pour les pratiques rabbiniques. Son associé, le rabbin Shlomo Sobol, est lui originaire de Jérusalem, et chef de la synagogue Shaarei Yona Menahem, dans le quartier Buchman à Modiin.

Ensemble, ils ont créé Barkaï « dans le but d’entraîner des rabbins israéliens ordonnés à devenir, concrètement, des rabbins de communautés », explique Fine.

C’est Sobol qui a eu l’idée après avoir servi d’émissaire dans la communauté juive de Detroit aux Etats-Unis et admiré le professionnalisme du rabbin pour gérer sa congrégation. « Je sais qu’à la Yeshiva University (basée à New York) ils ont un programme similaire et je me suis dit : Haval (dommage) qu’on n’ait rien de tel ici en Israël », raconte le Rav.

Comprendre la Halakha et le monde d’aujourd’hui 

Grâce à leur initiative, soutenue par le président de l’association, l’ancien Grand Rabbin d’Israël Méïr Lau, un groupe de 25 rabbins issus du monde sioniste-religieux est arrivé le mois dernier à Modiin pour une formation de deux ans.

Une fois par semaine, les étudiants se rencontrent pour 7 heures de cours (500 au total sur 2 ans).

Au programme, les questions quotidiennes gérées par un rabbin de communauté : événements marquants de la vie, éthique médicale et technologie dans la Halakha.

« Nous avons des éducateurs spécialisés dans chaque domaine, médecine, éducation, loi et santé mentale », note Fine. « Ce sont des professionnels qui comprennent à la fois la Halakha et son application dans le monde d’aujourd’hui ». Les cours mettent notamment l’accent sur le domaine allant croissant de l’aumônerie pour que les rabbins apprennent à réconforter et soutenir au mieux les patients hospitalisés et les personnes âgées en maison de retraite. Pour Fine, le bikour holim (visite aux malades) « est une véritable science ».

C’est pourquoi, continue-t-il, « nous nous sommes associés à des organisations professionnelles d’aumônerie qui viennent enseigner cet art à nos étudiants ».

Autres matières : prise de parole en public, langage corporel, coaching de vie, supervision et management, relations publiques et aptitudes au leadership. En plus des heures de cours, les rabbins participent à un travail encadré dans les hôpitaux, les maisons de retraite, les prisons et les écoles.

Barkaï prévoit également de mettre en place un service de « shiddouch » entre les communautés et les leaders religieux qui leur correspondent.

Des conférences organisées devraient permettre aux rabbanim de partager leur expérience et échanger des informations, sensibiliser sur des questions importantes et augmenter leur savoir et outils professionnels.

Enfin, l’association propose également de courtes formations aux épouses des rabbins-élèves, les membres des communautés faisant souvent appel à elles pour des questions personnelles.

Les outils nécessaires pour mieux diriger une communauté Le rabbin Ziv Abramovitz, professeur dans une Yeshiva Hesder de Dimona, fait le trajet une fois par semaine jusqu’à Modiin pour participer aux cours. C’est sa mère qui lui en a parlé, après avoir vu une annonce dans un des journaux thoraïques distribués chaque fin de semaine dans les synagogues du pays. L’homme a servi de rabbin communautaire à Guedera pendant trois ans et voudrait bien retourner à la fonction. « Je me suis inscrit au programme Barkaï car je souhaite m’améliorer dans certains domaines », sourit-il.

« Pour commencer, je voudrais être meilleur lors des prises de parole en public. Je dois également étudier les technologies les plus récentes, ainsi que les derniers développements pour tout ce qui concerne la médecine et la Halacha. Enfin, je voudrais me remettre à niveau sur les aspects pratiques de la famille et du rituel de pureté ».

Les cours n’ont fait que commencer, mais Abramovitz ajoute : « Je pense déjà qu’en finissant, j’aurai les outils nécessaires pour mieux diriger une communauté et apporter quelque chose en plus ».

« Il y a tant de sujets et de questions que les rabbins doivent affronter quotidiennement », ajoute Fine.

« Les lois de plantations sur la Terre d’Israël, les mezouzot, définir si une Soucca est casher, la cacherout en général, etc. En plus, les rabbins doivent être au fait des derniers gadgets de cuisine par rapport à Shabbat. Ce sont des choses que l’on apprend théoriquement durant le processus d’ordination...

Mais dans ce pays, ils ne sont pas à jour ».

« Et le couple ! » 

Sobol renchérit sur d’autres exemples : « Je pense que 99 % des rabbins ignorent les lois pratiques concernant le mikvé (bain rituel) ou n’ont jamais vu de mikvé casher. Et bien qu’ils apprennent les lois de Shabbat, qu’en est-il par exemple du doud shemesh (chauffe-eau solaire généralement installé sur le toit) pendant Shabbat ? Voilà seulement quelques exemples de toutes les questions que nous devons soulever » « Et le couple ! », intervient Fine.

« De nombreuses personnes s’adressent d’abord au rabbin pour des problèmes conjugaux, mais celui-ci doit savoir reconnaître quand les difficultés dépassent ses propres compétences. Si c’est le cas, le couple doit peut-être consulter un professionnel ».

La liste des responsabilités rabbiniques semble infinie, mais Fine et Sobol sont optimistes : Barkaï constitue un pas dans la bonne direction pour ce qui est d’aider les rabbins à gérer leurs communautés plus efficacement.

« Avant, les nouveaux ordonnés servaient d’apprentis aux côtés des leaders spirituels avec expérience », explique Sobol.

« Mais comme cela n’existe plus en Israël, notre programme représente leur apprentissage ».

Et Fine de conclure : « Cette approche, consistant à enseigner aux rabbins les réponses halakhiques aux questions pratiques pour le bien des membres de leur communauté, est en réalité ce que le rabbinat fait depuis la nuit des temps ».


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