Opération manuscrits

By JUDITH SUDILOVSKY
July 10, 2017 14:39

Les archéologues sont engagés dans une course contre la montre pour récupérer les trésors des grottes de la mer Morte avant les pillards




Opération manuscrits

Une vue de la grotte de Qumran. (photo credit:IAA)

La grotte creusée dans la falaise à l’ouest de Qumran, dans le désert de Judée, est minuscule : trois mètres sur cinq seulement. Elle est constituée de deux niches latérales d’où part un petit tunnel. C’est là que le Dr Oren Gutfeld de l’institut d’archéologie de l’Université hébraïque de Jérusalem et son collègue, le Dr Randall Price de la Liberty University en Virginie aux Etats-Unis, ont fait des découvertes surprenantes.

Les excavations précédentes, pratiquées en novembre dernier à l’extérieur des « Grottes jumelles » situées en face du kibboutz Kalia, s’étaient révélées décevantes. La deuxième série de fouilles aura été plus fructueuse. Dans une autre grotte au sud de Wadi Qumran, les archéologues ont commencé par découvrir, sous la poussière accumulée et sans même avoir à creuser, un matelas de feuilles de palmiers ainsi que des poteries datant de l’époque du Second Temple, éparpillées à même le sol. Fait plus rare et surprenant, la présence de matières organiques datant de la même période : noyaux d’olives et de dattes, graines de toutes sortes et fragments de corde. Des découvertes passionnantes, surtout en raison de leur excellent état de conservation que l’on doit à l’air sec et chaud du désert. Mais rien d’unique non plus, pour des archéologues fouillant régulièrement le désert de Judée.

Une grotte minuscule pour une surprise de taille


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Parmi les ouvriers affectés à ce chantier se trouvait Yousef Taamireh, un Bédouin de la tribu Taamireh, à laquelle appartenait le légendaire berger qui, selon le récit de la découverte des manuscrits de la mer Morte, avait trouvé le premier rouleau, au cœur de ces grottes montagneuses. Le Dr Gutfeld l’observait, alors qu’il tentait de dégager un grand rocher qui encombrait la niche orientale de la grotte. En y regardant de plus près, l’archéologue s’est aperçu que ce rocher ne s’était pas accidentellement décroché de la paroi, mais qu’il avait été amené jusque-là et placé intentionnellement le long du mur pour dissimuler quelque chose.

Eenthousiasmé par cette découverte, l’archéologue s’est alors emparé lui-même d’une pioche et s’est mis à creuser avec ferveur. Au bout de quelques minutes, il a découvert les fragments d’une grande jatte et de son couvercle. Puis, comme tombé de nulle part, un vieux parchemin est apparu sous ses yeux. « Je suis resté sans voix », se souvient le Dr Gutfeld, qui nous reçoit dans son laboratoire universitaire. Plusieurs mois plus tard, l’importance de l’événement lui donne encore des frissons. « J’ai voulu appeler mon assistant, mais j’étais incapable de dire un mot. C’était une trouvaille tellement excitante. »

L’équipe s’est empressée d’organiser le transport de ce précieux parchemin. Personne ne s’attendait à un tel trésor, mais Miriam Lavie, chef du laboratoire de conservation de l’Institut d’archéologie de l’Université hébraïque, avait tout de même préparé, au cas où, un kit spécial – composé de gants en caoutchouc et en soie, d’une boîte de rangement appropriée, doublée également de soie ainsi que d’une paire de pincettes – destiné au transport délicat des trouvailles. Muni de pincettes, Gutfeld a ramassé le rouleau avec d’infinies précautions. Après l’avoir enveloppé, il l’a délicatement placé dans la boîte afin de l’acheminer jusqu’à son laboratoire hiérosolomytain pour le placer en lieu sûr. Par la suite, le parchemin a été transféré à l’Autorité des antiquités d’Israël, où il est stocké depuis dans le laboratoire de conservation des manuscrits de la mer Morte.

Seulement voilà : lorsqu’ils ont ouvert le parchemin pour le scanner, les spécialistes ont découvert que le précieux rouleau était parfaitement vierge. « Peut-être avait-il été préparé en vue de son utilisation. Mais dans ce cas, pourquoi le cacher ? Il se peut aussi que l’écriture ait été effacée… Il n’y a qu’à Qumran qu’on trouve des choses aussi étranges », confie le Dr Gutfeld. Et l’archéologue de rappeler que dans les années 1950 lors des premières fouilles des grottes de la mer Morte menées par le père dominicain Roland de Vaux, directeur de l’Ecole biblique et archéologique française de Jérusalem, alors sous contrôle jordanien, une énorme jatte de stockage avait été découverte intacte, dissimulée dans une décharge. Intacte, et parfaitement vide. « C’est très étrange, nous sommes perplexes. Il y a tant de questions qui, pour l’heure, demeurent sans réponse », avoue-t-il.

Dans un deuxième temps, Oren Gutfeld et son équipe ont creusé la roche pour se frayer un passage le long du tunnel étroit de la grotte, large de seulement cinq mètres, pour parvenir au bout, environ 15 à 17 mètres plus loin. En chemin, ils ont trouvé beaucoup de matériaux organiques, de même nature que ceux qu’ils avaient découverts à l’intérieur de la grotte, ainsi que deux bandes de cuir certainement utilisées pour lier des rouleaux ainsi qu’un grand nombre de fragments de poteries. Ils ont aussi trouvé quinze petits morceaux de textile qui devaient sûrement provenir d’un tissu servant à envelopper les rouleaux. Enfin, derrière un grand rocher au bout du tunnel, se trouvaient les débris de quatre énormes jattes avec leur couvercle. Tous ces vestiges ont été datés du Ier siècle de l’ère courante, époque où la communauté de Qumran était en pleine activité. Cependant, les archéologues ont été interpellés par deux autres objets remontant, de toute évidence, à une époque plus récente. En métal rouillé, ils gisaient parmi les fragments épars. Yousef Taamireh, l’ouvrier bédouin, y a jeté un bref coup d’œil et les a immédiatement identifiés, certain qu’il s’agissait de têtes de pioches qui avaient appartenu à des membres de sa tribu, il y a seulement 50 ou 60 ans. « Cela signifiait que des voleurs d’antiquités étaient passés par là avant nous et s’étaient emparés des rouleaux », explique Gutfeld.

Bien que tous les rouleaux certainement conservés dans ces jattes aient disparu, les fouilles n’ont pas été vaines car les découvertes sont riches d’enseignements. Les fragments retrouvés permettront de reconstituer sept ou huit jattes de stockage,  quatre ou cinq couvercles, ainsi que des lanières de cuir utilisées pour attacher les rouleaux et les fragments de textile qui devaient servir à les envelopper. Les archéologues ont également récupéré des tendons et des morceaux de peau utilisés pour relier ces tissus. Certains de ces éléments remontent au Chalcolithique et au Néolithique. Un morceau de papyrus plié, également trouvé sur les lieux, ne portait aucune écriture. « Pour une mystérieuse raison, ces papyrus étaient vierges aussi. On se souviendra de moi comme de l’archéologue qui a découvert des rouleaux vierges », plaisante le Dr Gutfeld. « Mais même vierge, un rouleau de parchemin, ce n’est pas rien. »

Des manuscrits qui pourraient en cacher d’autres

Pour la première fois depuis plus de 60 ans, une nouvelle grotte a été correctement excavée. Elle se situe au sud de l’oued de Qumran, alors que les autres cavités explorées jusqu’ici se trouvaient au nord. C’est la raison pour laquelle Gutfeld est si impatient d’y retourner en novembre prochain. Prenant soin de ne pas dévoiler précisément la situation géographique, il explique en effet que ces découvertes sont importantes, justement du fait de leur emplacement. « Peut-être que davantage de grottes situées au même endroit devraient être passées au peigne fin », dit l’archéologue. « Nous avons bien failli mettre la main sur de nouveaux manuscrits, alors que depuis des décennies nous étions convaincus que les rouleaux de la mer Morte avaient tous été cachés dans ces fameuses onze grottes de Qumran. Mais désormais, il ne fait plus aucun doute que nous avons découvert une douzième grotte qui contenait, elle aussi, des rouleaux. »

Les matériaux organiques et les fragments de poterie qui s’y trouvaient ne cessent d’interroger. Ces vestiges laissent penser que la grotte a servi d’hébergement ou de refuge, contrairement à la plupart des autres cavités qui semblent avoir été utilisées uniquement à des fins de stockage. « Les paniers, les cordes, les noyaux d’olive et les matelas organiques prouvent que des individus y ont vécu », indique Oren Gutfeld. «Son utilisation était-elle temporaire ou saisonnière ? Les rouleaux ont-ils été écrits là ? Ces matériaux font toute la singularité de cette grotte. »

Ces fouilles au sud du désert de Judée sont les premières de l’« Opération manuscrits », un nouveau projet national sous la houlette de l’Institut universitaire hébraïque d’archéologie, en coordination avec le département du patrimoine du ministère des Affaires de Jérusalem, ainsi que le ministère de la Culture. Ces excavations ayant lieu en territoires disputés, aux abords de la Ligne verte, elles sont également encadrées et soutenues par l’administration civile, l’Autorité des parcs et forêts d’Israël et l’Autorité des antiquités d’Israël (IAA).

A l’origine, ce projet a été initié dans le but de déjouer les vols d’antiquité et de démanteler les réseaux de contrebande. Désormais, les fouilles menées dans les grottes dans le désert de Judée, cibles privilégiées pour le vol d’antiquités en raison de leur emplacement géographique isolé, feront l’objet d’enquêtes systématiques.

Dans le sillage des accords d’Oslo il y a 24 ans, l’IAA avait déjà entrepris une « Opération manuscrits », juste avant que Jéricho ne soit rendue à la nouvelle Autorité palestinienne. Dans la crainte qu’Israël ait bientôt à céder cette région, les fouilles avaient été menées à la hâte, et rien de significatif n’avait été découvert. A cette époque, la cavité de Gutfeld portait le nom de Grotte 53. On l’appelle aujourd’hui Q12 pour mettre en évidence son lien avec les onze autres grottes de la zone. Par la suite, le Dr Gutfeld, qui avait déjà participé à plusieurs fouilles dans la région, a eu connaissance du rapport de l’IAA évoquant l’existence d’un tunnel qui partait de la grotte pour s’enfoncer dans la roche, ce qui n’avait pas manqué d’éveiller son intérêt.

Une course contre la montre


Cependant, le but de cette seconde Opération manuscrits n’est pas de procéder à l’excavation de toutes les grottes, mais d’explorer l’ensemble de la falaise rocheuse de la zone, et d’en sélectionner 10 à 15 % à excaver, explique Gutfeld. « L’existence de fouilles dans ce périmètre devrait dissuader les Bédouins de tenter de voler des antiquités», dit-il. «Si nous n’agissons pas, les voleurs continueront de sévir, comme ils le font depuis de nombreuses années. D’une certaine manière, nous sommes engagés dans une course contre la montre qui a débuté en 1947. Dans cette course, les pillards ont quelques longueurs d’avance. Et si nous ne faisons rien maintenant, ils gagneront pour de bon. »

« Les voleurs d’antiquités, motivés par l’appât du gain, font main basse sur un patrimoine culturelmondial. L’Etat d’Israël doit mobiliser ses forces pour les mettre en échec. Cela implique de débloquer les fonds nécessaires pour lancer une opération historique avec le soutien du public, pour effectuer l’excavation systématique de toutes les grottes du désert de Judée », renchérit Israël Hasson, directeur général de l’IAA.

Ces nouvelles fouilles sont particulièrement cruciales. Ces cinq ou six dernières années, l’unité de lutte contre le vol des antiquités de l’IAA s’est en effet aperçu que de nouveaux fragments de manuscrits de la mer Morte de la période romaine et de la période de fer étaient apparus sur le marché noir des antiquités. Cela prouve que les pillages vont bon train et que les réseaux sont très organisés dans la région. Or, les voleurs d’antiquités endommagent les sites archéologiques de façon irrémédiable : ils creusent de façon anarchique dans les différentes strates géologiques, ce qui empêche les archéologues de dater ces centaines d’objets mis sur le marché, et de déterminer leur emplacement original exact.

Pour l’heure, les mesures prises pour prévenir les vols sont insuffisantes et inefficaces. Il s’avère donc que la meilleure façon d’assurer la conservation et la protection de ces sites et de leurs trésors encore dissimulés est d’y effectuer des fouilles professionnelles. Cela permet de transférer les découvertes effectuées aux autorités compétentes, tout en garantissant leur bonne conservation. Oren Gutfeld affirme qu’il en va de la « responsabilité et du devoir » des archéologues d’empêcher le pillage des grottes en lançant des fouilles de grande ampleur.

On suppose que les manuscrits originaux de la mer Morte ont été pillés dans ces grottes, puis vendus sur le marché noir des antiquités. Des érudits israéliens en auraient fait l’acquisition en 1947. De Vaux en avait lui aussi découvert quelques-uns, lors des fouilles qu’il a dirigées dans la région. Par la suite, des rouleaux supplémentaires sont apparus sur le marché noir. Quatre autres ont été achetés clandestinement par Yigaël Yadin, célèbre archéologue et ancien vice-chef d’état-major de Tsahal. Ces parchemins auraient été acquis grâce à l’entremise d’un intermédiaire aux États-Unis, après que l’archevêque syriaque orthodoxe de Jérusalem ait fait paraître une annonce dans le Wall Street Journal, faisant part leur mise en vente. Le dignitaire chrétien avait acheminé les rouleaux aux Etats-Unis en 1949, de crainte qu’ils ne soient endommagés par les combats lors de la guerre d’Indépendance d’Israël.

A ce jour, la collection totale des manuscrits de la mer Morte comprend un millier de textes juifs anciens. Parmi eux, quelques-unes des premières copies connues de textes bibliques, écrites en araméen ou en hébreu ancien. Toutes ces reliques datent de la période du Deuxième Temple.

Le jeu du chat et de la souris

Il y a un an, l’IAA a annoncé les premières étapes de l’« Opération manuscrit », en lançant une campagne d’excavations complexes afin de trouver d’autres rouleaux. Les fouilles ont commencé à Nahal Tzeelim dans la « Grotte aux crânes », ainsi nommée à cause des sept crânes et autres restes de squelettes découverts à cet endroit en 1960 par le Pr Yohanan Aharoni. Son emplacement dans l’une des régions les plus arides et les plus reculées du désert de Judée, sur une falaise abrupte le long du versant nord du ruisseau Tzeelim, est loin de décourager les pillards. En novembre 2014, les inspecteurs de l’unité de l’IAA pour la prévention du vol d’antiquités, ont surpris un groupe d’individus en train de piller la fameuse grotte. Ces voleurs, originaires du village de Sair près de Hébron, étaient de véritables professionnels. Pour atteindre le site, ces experts en varappe et en escalade se sont déplacés le long de la falaise en rappel, harnachés d’un équipement spécialisé. Les voleurs d’antiquités d’aujourd’hui ne sont plus dotés de simples pioches. Ceux-là ont été capturés en possession de détecteurs de métaux et d’outils d’archéologues. Lorsqu’ils ont été surpris par les inspecteurs de l’IAA, ils étaient en possession d’artefacts vieux de 2 000 ans, datant de la période romaine, et d’autres datant du Néolithique qui avaient 8 000 ans. Jugés, les malfaiteurs ont été condamnés à une peine de prison et à une amende de 100 000 shekels.

En 2009, l’unité de prévention du vol d’antiquités et la police israélienne ont lancé une perquisition lors d’une réunion de marchands d’antiquités. A cette occasion, ils ont saisi un ancien papyrus recouvert d’une écriture hébraïque datant de l’an 139 de l’ère courante, soit de l’époque du soulèvement de Bar Kokhba. Un véritable trésor mis en vente par les receleurs pour 2 millions de dollars. L’enquête conjointe a révélé que ce papyrus avait probablement été dérobé sur le site de Nahal Tzeelim. Le manuscrit fait mention de villes et d’implantations de la région des hauteurs de Hébron ; de l’avis des archéologues, ce papyrus faisait partie d’archives appartenant à des juifs, qui avaient fui la région de Hébron pour se réfugier dans le désert après l’insurrection de Bar Kokhba.

En 2016, une équipe de l’unité de lutte contre les vols d’antiquités de l’IAA, accompagnée de chercheurs du « Centre de recherche des grottes » de l’Université hébraïque et de centaines de bénévoles, ont participé à des fouilles dans la Grotte aux crânes. En raison de la situation géographique du site, il a d’abord fallu obtenir l’autorisation de l’Autorité israélienne des parcs et de la nature afin d’utiliser des équipements pour l’escalade en rappel. Ainsi qu’un feu vert pour aménager une piste d’accès. Il va sans dire que les voleurs d’antiquités, n’ont pas à s’encombrer de ce genre de formalités. De fait, ils sont donc plus rapides et plus efficaces pour atteindre ces sites difficiles d’accès, et les spécialistes sont souvent pris de court.

Les découvertes effectuées dans cette douzième grotte sont encore modestes. Pour autant, ces fragments de cuir, cordes, textiles, objets en bois (dont un peigne à poux), ustensiles en os, tessons de poterie, vases en pierre et objets en silex promettent de nourrir la réflexion des chercheurs et de leur fournir de précieux renseignements. Des fragments de manuscrits de la mer Morte y ont également été trouvés, mais de très petite taille et recouverts d’une écriture difficile à déchiffrer en raison de leur mauvaise conservation, si bien qu’il est même impossible de distinguer à l’œil nu dans quelle langue ils ont été rédigés. Il reste à espérer que des analyses plus poussées permettront d’en savoir plus. Un autre artefact des plus intrigants a également été mis au jour :  un paquet de billes datant de la période préhistorique du Chalcolithique, le troisième de ce type à avoir été découvert.

« Malgré les mesures rigoureuses prises à l’encontre des voleurs, nous sommes encore témoins d’actes de pillages dévastateurs rendus possibles du fait de la vaste étendue géographique de ces régions désertiques », regrette Amir Ganor, directeur de l’unité de l’IAA pour la prévention du vol d’antiquités. « Il existe des centaines de grottes dans la région creusées à même les falaises. Leur accès difficile en fait des sites dangereux. Or, dans presque toutes les cavités que nous avons fouillées, nous avons trouvé des indices prouvant que des pillards nous avaient précédés. Ces pertes sont absolument dramatiques pour notre patrimoine. Il est grand temps d’y mettre fin. »

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