Celle-ci a été construite sur les ruines du village arabe de Beit Natif, qui
avait lui-même été érigé sur une ancienne ville de Judée.
Les vestiges historiques de la ville sont toujours en évidence, tels que certains
sols en mosaïque.
Jusque dans les années 1990, Beit Shemesh est perçue comme la ville-type de
développement. Avec une population de moins de 30 000 habitants, les emplois
sont plutôt rares, les systèmes d’éducation relativement faible et la
population compte essentiellement des familles sans le sou principalement
originaires d’Afrique du Nord.
Puis tout va commencer à changer au début des années 1990, avec un important
afflux de nouveaux immigrants venus d’URSS. Ils sont alors quelque 8 000 à
constituer la première vague, très différents des habitants déjà établis. La
population d’origine était jusque-là orientale, et religieuse, au contraire de
ces nouveaux arrivants séculaires et dotés d’un bien meilleur niveau
d’éducation.
Très vite, les tensions apparaissent. On trouve ici et là des boucheries non
casher qui vendent du porc, parmi d’autres mutations. Et un parc industriel
voit le jour, pour attirer industries modernes et autres compagnies de
high-tech. Car il fallait bien proposer des emplois à ces Russes diplômés.
Les premiers habitants de Beit Shemesh redoutent alors de voir leur mode de vie
traditionnel et religieux par trop bousculé. Et tel sera le cas. Non pas à
cause des nouveaux immigrants d’Europe de l’Est, mais en raison des centaines
de familles ultra-orthodoxes qui vont arriver plus tard, en s’installant en
priorité à Ramat Beit Shemesh Bet.
Quand les nouveaux immigrants d’URSS posent leurs valises à Beit Shemesh, le
gouvernement est confiant : il a bon espoir de les voir se mêler aux populations
déjà sur place.
Mais l’arrivée des haredim va modifier l’ordre des choses, puisque le ministère
de la Construction et du Logement décide alors de créer un quartier séparé,
doté de ses propres infrastructures. Il sera construit dans les environs de la
localité, sur une montagne qui domine la région : Ramat Beit Shemesh était né.
Beit Shemesh dispose d’une autorité gouvernementale locale qui administre les
deux villes. Même si la distinction est claire : l’ancienne localité a gardé un
mélange de population séculaire et traditionaliste, alors que le quartier de
Ramat Beit Shemesh est presque exclusivement religieux.
Conséquence : de réelles différences sur le plan immobilier entre les deux
quartiers.
Quant à Guivat Sharret, il est situé sur l’un des plus hauts points de Beit
Shemesh, et sa population est plus séculaire.
Sheinfeld – un quartier de Guivat Sharret – compte une forte concentration
d’anglophones. A tel point que quand Yifat Hashemesh Ltd., vaste société de
développement, a commencé à construire la zone, elle a engagé une forte
main-d’oeuvre anglophone. Aujourd’hui, le secteur a pris de la valeur.
Selon Shelly Levine, directrice d’une agence immobilière : « Tout a commencé
dans les années 1990, quand l’endroit est devenu prisé. Jusque-là, Beit Shemesh
n’était qu’une petite bourgade dormante, au milieu de nulle part – ni vraiment
Jérusalem, ni vraiment Tel-Aviv, mais proche des deux ».
Toujours est-il que les choses ont changé de manière drastique. La culture des
oranges a disparu peu à peu, au profit des compagnies de high-tech et
d’informatique.
Aujourd’hui, beaucoup de jeunes couples qui peuplent le quartier occupent deux
emplois, un à Tel Aviv ou à Ramat Gan et un autre à Jérusalem. Leur
installation doit aussi beaucoup à l’organisme qui encourage à l’aliya des
anglophones, Nefesh B’Nefesh.
C’est ce climat de changement qui a poussé Shelly Levine à cibler le marché
anglophone. Un succès. A ce jour, la communauté ne cesse de s’épanouir dans des
logements de haute qualité. A Sheinfeld, l’accent est mis sur la construction
de grands appartements. Mais il existe aussi des maisons jumelées.
Pour autant, la situation immobilière à Guivat Sharret, y compris le quartier
de Sheinfeld, est actuellement sur une mauvaise pente. Le secteur de l’immobilier
dans l’ensemble du pays stagne. Et Beit Shemesh n’échappe pas à la règle.
Selon un spécialiste du marché : « L’offre est aujourd’hui supérieure à la
demande. Ce qui a un effet direct sur les prix d’une part, et sur la quantité
de transactions d’autre part ».