Givatayim est techniquement une « ville », mais, dans les faits,
c’est devenu une banlieue pour classes moyennes, à l’est de Tel-Aviv. Située à
une rue à peine du centre Azrieli et de la station de train Hashalom, la zone
est « purement » vouée aux foyers avec enfants, ni aisés, ni modestes. Les prix
de l’immobilier y sont assez hauts. Ironique n’est-ce pas ? Givatayim a été
fondée dans les années 1920 pour être une périphérie ouvrière de Tel-Aviv.
Les
syndicats ouvriers y avaient acheté des terres, revendues par la suite aux
travailleurs du Réseau ferré de Palestine, qui y ont construit de petites
maisons individuelles. Givatayim était un îlot, entouré de Tel-Aviv et Ramat
Gan, et dirigé politiquement par le nouveau parti bourgeois des sionistes
généraux (Tsionim clalim), ancêtre du Likoud. Givatayim est devenu pendant de
nombreuses années le terreau des travaillistes et du Mapaï.
La scène immobilière du secteur se caractérise ainsi : – Presque toute la ville
est remplie de logements, de parcs et de bâtiments publics, comme des écoles
par exemple. Par conséquent, les terrains disponibles à la construction sont
quasi inexistants.
– La majorité des immeubles sont résidentiels. On y trouve peu d’industries et
encore moins de bureaux. Le peu qui existe est situé à la sortie de la ville.
– Le nombre d’immeubles qui s’inscrivent dans le projet Pinoui Binoui (évacué
et construit) est important, aussi bien que les étages rajoutés aux vieux
immeubles résidentiels.
C’est la seule manière de reconstruire. La plupart des habitations familiales
érigées dans les années 1920 et 1930 sur des rues comme Sheinkin, Gilboa,
Poalei harakevet et Boroshov ont été détruites pour faire place à de nouveaux
développements. Maintenant, ce sont les constructions des années 1950 et 1960
qui font l’objet de démolitions.
Nommons par exemple les rues Hameri et Halamed He.
Rotem Shani est une des compagnies en charge de ces projets. Elle en compte
déjà trois à son actif dans la ville et en développe actuellement deux autres.
Afin de donner une idée de l’importance des « Pinoui Binoui » dans
l’augmentation des logements à Givatayim, le projet récent de Rotem Shani offre
un ordre d’idée : 30 appartements sur 8 étages sont en construction, en
remplacement d’un vieil immeuble qui ne comprenait que 3 appartements sur 2
étages.
La science du Pinoui Binoui
Yoram Pomerantz, président du mouvement politique «
Givatayim la verte » raconte : « Givatayim est une ville où il est très
plaisant de vivre, mais elle reste vieille et surpeuplée.
Le seul moyen de la rajeunir et de la convertir en cité verte est de détruire
les vieux immeubles pour reconstruire à la place de grands bâtiments, seul
moyen aussi de gagner de l’espace pour les places de parkings, un problème
chronique pour la municipalité. » Pomerantz ajoute que la ville a tendance à
vieillir. Plus de 25 % de la population a plus de 65 ans. Il pense que les
autorités devraient encourager la construction de logements de petite taille et
relativement bon marché pour attirer les jeunes.
Le maire de la ville, Reouven Ben-Shahar, est très friand des Pinoui Binoui et
de Tama 38, mais jusqu’à un certain point. Il explique le but de son
administration : « Il est vrai qu’en raison du manque critique de terrains
destinés aux constructions, les Pinoui Binoui et Tama 38 sont presque les seuls
moyens d’augmenter le nombre de logements dans la ville. C’est aussi la
meilleure façon d’améliorer l’aspect esthétique de la cité. Tama 38 n’ajoute
pas seulement des étages de résidence, il permet aussi la restauration des
vieilles façades d’immeubles en ruine. Cependant, les régulations en la matière
sont très strictes. Elles préservent l’intérêt des résidents de Givatayim. Nous
n’autorisons pas les immeubles très hauts, sauf circonstances exceptionnelles.
Nous ne voulons pas une ville bondée de hautes infrastructures.
Cela pourrait détériorer la qualité de vie des citoyens de Givatayim. De plus,
nous n’autorisons pas la construction d’appartements de moins de 70 mètres
carrés. C’est le but de notre administration d’améliorer constamment les
infrastructures physiques et culturelles de la ville : les rues, les routes, le
système d’égout, etc. La municipalité encourage notamment le développement des
activités culturelles. » Givatayim est très proche de Tel-Aviv à la fois dans
sa population et dans sa géographie. Mais elle fournit beaucoup d’efforts pour
ne pas être assimilée au centre métropolitain.
Un immobilier légèrement surcoté
Dans un passé pas si éloigné que ça, la seule
chose que l’on pouvait trouver à Givatayim était des immeubles résidentiels, de
petites boutiques qui se contentaient de vendre des biens de première
nécessité, et des cinémas. Toute autre forme de divertissement se trouvait à
Tel-Aviv.
Aujourd’hui les choses ont changé. Tel-Aviv est toujours un centre d’emploi
important, mais Givatayim a vu fleurir des magasins spécialisés, des
restaurants, des cafés et un théâtre.
Résultat : la classe moyenne de la ville a converti le marché immobilier en un
des plus inaccessibles du pays. Certes les prix restent moins élevés qu’à
Jérusalem et à Tel-Aviv, ou d’autres localités comme Savyon, Kfar Shmaryahou et
Omer, mais par rapport au reste du pays, le coût moyen de l’immobilier est
au-dessus de la moyenne.
En outre, la demande dépasse souvent l’offre. Conclusion : les prix montent en
flèche. Ronen Cohen, le patron de l’agence immobilière Shavit Properties,
développe : « La demande à Givatayim est conséquente. Givatayim est populaire
et prisée. Néanmoins, je ne vois pas les prix augmenter encore car il sera
alors très difficile pour les acheteurs potentiels de s’aligner. Ce qui se
reflète dans la difficulté de vendre des biens chers dans la ville. A l’époque,
les penthouses et les appartements avec terrasses étaient plus demandés. C’est
moins le cas aujourd’hui. » Des 2 pièces de seconde main peuvent coûter de 1,05
million à 1,2 million de shekels. Un 3 pièces est vendu entre 1,6 à 1,7 million
tandis qu’un 4 pièces coûte de 2 à 2,5 millions.
Des appartements au dernier étage avec terrasse peuvent atteindre les 3
millions et les penthouses 3,5 millions, selon la taille et l’emplacement.