Il a fait le bon choix en se retirant. Il entend ainsi expédier au plus vite
cette affaire pour revenir en poste », explique Netanyahou. Lorsqu’on lui
demande si cette « position » inclut le portefeuille de la Défense, il affirme
que Liberman aurait spécifiquement demandé à redevenir ministre des Affaires
étrangères.
Liberman vole la vedette au Shas
Non seulement, le ministre déchu récupèrera
son poste, mais, de surcroît, il entend contrôler les ministères actuellement
dirigés par le Shas. Au cours d’un discours délivré à Sdérot, ce mercredi, il a
confirmé ses dires. « Sur la question du logement abordable, j’entends beaucoup
de paroles, et très peu d’actions », a-t-il déclaré, « nous avons décidé en
tant que parti d’insister sur les portefeuilles de l’Intérieur et du Logement.
Les critères d’aides sociales seront le service militaire et le travail ».
Or, non seulement les dirigeants du Shas, mais aussi Naftali Bennett, de
Habayit Hayehoudi, réclament le droit sur ces ministères. Netanyahou, pour sa
part a garanti que le Likoud prendra en charge le ministère de la Construction
et du Logement. Selon lui, le Likoud doit avoir une liberté de manoeuvre sur
l’Autorité des terres israéliennes. S’il est fort possible que le coleader du
Shas, Ariel Attias, actuel ministre du Logement, délaisse son poste au profit
de Beiteinou, Netanyahou n’écarte pas une future coalition avec les partis
haredim.
« Je n’ai rien fait »
De son côté, Liberman persiste et signe. Il en profite
pour fustiger Shelly Yacimovitch, qui, selon lui, aurait empoché un salaire
très élevé lorsqu’elle travaillait pour Aroutz 2, tandis que les techniciens
eux, gagnaient une misère. Il rappelle aussi le scandale des organisations non
gouvernementales d’Ehoud Barak.
Concernant l’affaire de l’ambassadeur de Biélorussie, et des torts dont on
accuse Liberman, le procureur général Yehouda Weinstein a repoussé le jugement
jusqu’à ce qu’on recueille de plus amples témoignages. « Je ne vois toujours
pas ce que j’ai fait de mal », clame l’accusé. Et d’ajouter : « Peut-être que
c’est parce que je suis un nouvel immigrant, que je porte une barbe ou que j’ai
un fort accent russe. Peut-être qu’ils pensent que c’est la preuve absolue que
je suis un criminel. » Il continue de défendre Zeev Ben-Arieh, envoyé comme
ambassadeur à Latvia, qui a pourtant enfreint la loi en lui apportant des
informations. Liberman affirme qu’il se défendra jusqu’au bout face à la
justice. Ce lundi 25 décembre, le scandale biélorusse prend une nouvelle
teinte. Selon le procureur, de nouvelles données pourraient bien s’ajouter à la
liste d’accusation de fraude. Une déclaration publiée par la Cour annonce que
l’acte d’accusation est remis en cause et pourrait bien laisser suspecter des
fraudes plus graves.
Ce qui rendrait difficile un retour de Liberman à son statut d’antan. Les
nouveaux développements de l’affaire viennent d’Aroutz 10, qui estime que la
promotion de Ben Arieh aurait été due à une pression de Liberman pas tout à
fait légale.
Le tournant sioniste-religieux
Malgré les évènements, les militants d’Israël
Beiteinou semblent croire en leur chef. Moins de 2 % des sondés auraient
retourné leur veste pour choisir un autre parti.
Par contre, 10 % des futurs électeurs de Habayit Hayehoudi affirmeraient avoir
modifié leurs intentions de vote après l’annonce publique de la fraude.
Liberman aurait perdu ses votes au profit de Naftali Bennett et du Shas. Non
content de ses résultats, le ministre en suspens accuse la chaîne de télévision
Aroutz 10 de faire pression de manière négative sur ceux qui vont être amenés à
juger son cas, affirmant qu’il est victime d’une véritable attaque en règle.