La magie Houdini, plus vivace que jamais

Le plus grand illusionniste de tous les temps possède désormais son musée à Budapest

By TIBOR KRAUSZ
February 26, 2017 17:50
David Merlini, fondateur du musée dédié au magicien Houdini

David Merlini, fondateur du musée dédié au magicien Houdini. (photo credit: TIBOR KRAUSZ)

 
X

Dear Reader,
As you can imagine, more people are reading The Jerusalem Post than ever before. Nevertheless, traditional business models are no longer sustainable and high-quality publications, like ours, are being forced to look for new ways to keep going. Unlike many other news organizations, we have not put up a paywall. We want to keep our journalism open and accessible and be able to keep providing you with news and analyses from the frontlines of Israel, the Middle East and the Jewish World.

As one of our loyal readers, we ask you to be our partner.

For $5 a month you will receive access to the following:

  • A user experience almost completely free of ads
  • Access to our Premium Section
  • Content from the award-winning Jerusalem Report and our monthly magazine to learn Hebrew - Ivrit
  • A brand new ePaper featuring the daily newspaper as it appears in print in Israel

Help us grow and continue telling Israel’s story to the world.

Thank you,

Ronit Hasin-Hochman, CEO, Jerusalem Post Group
Yaakov Katz, Editor-in-Chief

UPGRADE YOUR JPOST EXPERIENCE FOR 5$ PER MONTH Show me later

«L’échappée d’un bloc de glace » est l’un des clous du répertoire de David Merlini. Allongé dans un réservoir métallique étanche contenant 400 litres d’eau, l’illusionniste se retrouve pris des pieds à la tête dans un bloc de glace, après que le liquide ait été rapidement congelé à l’azote. Pour faire bonne mesure, Merlini porte une camisole de force.

Le lourd pain de glace est alors placé à la verticale. L’artiste garde son sang-froid tandis qu’il retient son souffle pendant de longues minutes. A l’aide de chalumeaux, ses assistants entreprennent de faire fondre la couche extérieure de la glace, avant que l’un d’entre eux ne s’empare d’une tronçonneuse pour fissurer le bloc congelé sur deux faces, à l’avant et à l’arrière. « Un faux mouvement et Merlini peut se retrouver coupé en deux comme un rosbif surgelé », a lancé le présentateur, haletant, lors de la récente remise du prix du monde de la magie à Los Angeles, où l’illusionniste présentait son numéro. Le public retient lui aussi son souffle alors que deux autres assistants s’attaquent au bloc de glace à coups de massue. S’ils frappent trop fort, le magicien peut se retrouver avec quelques belles fractures. L’étau de glace finit par se desserrer. Puis Merlini le force et en sort, la camisole à la main, sous les applaudissements de la salle, littéralement subjuguée. Une performance qui lui a valu d’être sacré roi de l’évasion.

Be the first to know - Join our Facebook page.


Les choses ne se passent pas toujours aussi bien pour l’artiste. Il y a deux ans, alors qu’il effectuait le numéro en direct à la télévision italienne, il a fini avec quelques os brisés. Alors qu’il s’extirpait de la glace qui volait en éclats, un lourd morceau lui est tombé sur la jambe droite, lui fracturant le tibia et le péroné. « Sur le moment, j’étais engourdi par le froid et je n’ai rien senti », se souvient David Merlini. C’est seulement plus tard qu’il a réalisé qu’il avait la jambe cassée, lorsqu’il a vu celle-ci se balancer de manière inhabituelle. Mais il en faut plus pour déstabiliser l’illusionniste, qui continue de présenter ce tour qu’il a lui-même imaginé. « Je pense qu’Houdini aurait aimé mon évasion du bloc de glace », affirme-t-il.

Une légende toujours vivace


Houdini, l’artiste légendaire de l’évasion, serait sans doute également fier du musée privé que Merlini lui a consacré. Fruit d’un travail passionné, cette somptueuse installation, qui a coûté pas moins de 2 millions d’euros, célèbre l’idole de sa jeunesse.

Pour parvenir à ses fins, Merlini a transformé un appartement situé au rez-de-chaussée d’un immeuble de deux étages, dans le quartier historique du château de Budapest, sur la belle colline du château de Buda. C’est ainsi que la « Maison d’Houdini » a ouvert ses portes en juin 2016. Elle rend hommage à Harry Houdini, un juif d’origine hongroise né Erik Weisz à Budapest en 1874. A l’âge de quatre ans, il embarque avec sa famille pour le Nouveau Monde où il finira par incarner le rêve américain.

Ses exploits défiant la mort, alimentant une image de casse-cou soigneusement entretenue, ont fait d’Houdini le plus grand illusionniste de tous les temps. Doté d’un sens du spectacle poussé à l’extrême, le prestidigitateur demeure toujours aussi populaire : livres, films et pièces de théâtre continuent à faire parler de lui. « La fascination qu’il exerce encore sur le public est incroyable », confirme John Cox, scénariste de Hollywood et spécialiste d’Houdini. « Il est d’ailleurs encore plus illustre aujourd’hui qu’il ne l’était en son temps. Sans doute parce que son nom est associé aux miracles. Il fait partie intégrante de la culture populaire. »

La Maison d’Houdini témoigne de la pérennité du célèbre magicien, disparu depuis près d’un siècle. Elle ressemble moins à un musée qu’à un sanctuaire dédié à sa mémoire ; son nom même suscite une aura de mystère, teinté d’un semblant de légitimité dynastique.

JPOST VIDEOS THAT MIGHT INTEREST YOU:


Le visiteur ne pénètre pas en ces lieux n’importe comment. Il lui faut d’abord franchir la pseudo-porte en acier d’un vieux coffre de banque, puis répondre à une énigme, à l’ombre d’une statue de cire grandeur nature du maître de l’illusion, le figurant en train de se débarrasser d’une paire de menottes. A l’intérieur se décline la collection privée de souvenirs d’Houdini rassemblés par Merlini : lettres écrites de sa main, portraits sépia de l’artiste en compagnie de sa mère bien-aimée, Cecilia, et de son épouse, Bess, copies de ses livres et affiches annonçant ses différents spectacles. Toute une série d’objets utilisés également dans Houdini, la mini-série de la chaîne History diffusée en 2014 et réalisée à Budapest, avec Adrien Brody dans le rôle principal.

De l’ingéniosité avant tout

« Je crois que les objets possèdent une certaine énergie », explique David Merlini, qui a travaillé comme conseiller technique pour la série. Il a également coaché Brody et conçu les « effets magiques », pour lesquels il a utilisé une réplique des accessoires dont se servait Houdini sur scène, comme le fameux « caisson du supplice chinois de la goutte d’eau » et divers ustensiles, désormais exposés au musée.

« J’aime tenir en main des objets anciens, les observer sous toutes leurs facettes et découvrir l’histoire qui se cache derrière », poursuit-il, en montrant un pot à lait de couleur vive. « Houdini se servait d’un modèle identique pour sa fameuse “évasion du pot à lait”, un numéro dans lequel on le voyait s’échapper d’un récipient rempli d’eau, après y avoir été enfermé avec des menottes. Un grand nombre de ses accessoires étaient de véritables œuvres d’art. »

En plus d’être beaux, ces objets étaient aussi particulièrement ingénieux. Une condition sine qua non de la réussite des tours. Les meilleurs numéros d’évasion sont en effet méticuleusement conçus et chorégraphiés, avec un souci minutieux des moindres détails. Au-delà des prouesses athlétiques et mentales, ils exigent une grande ingéniosité. A l’image de la camisole portée par Merlini dans son « évasion du bloc de glace », qui donne l’impression que celui-ci est entièrement attaché, ajoutant un obstacle supplémentaire à sa libération. En réalité, la veste matelassée permet d’isoler l’artiste du froid glacial, alors qu’il demeure immobile pendant de longues minutes.

Dans ce domaine également, Houdini était un pionnier, un innovateur fébrile et un habile inventeur. Parmi ses créations : un nouveau système de menottes, une combinaison de plongée spéciale permettant à celui qui la porte de s’en débarrasser sous l’eau, ou une ceinture de magicien ultra-sophistiquée : tournant sur des roulements à billes, elle peut être manipulée avec les coudes tandis que l’illusionniste est attaché par les poignets, lui permettant d’accéder à des outils et des clés rangés dans des compartiments dissimulés.

Cependant, la plupart des inventions d’Houdini sont restées secrètes. A tel point que certains de ses tours demeurent encore un mystère… Au panthéon de ceux-ci, « L’Eléphant qui disparaît », un numéro réalisé à l’Hippodrome de New York dans lequel Houdini a subtilisé un pachyderme de cinq tonnes devant un public médusé. L’énorme cagibi conçu spécialement pour ce tour, s’est perdu depuis.

« Contrairement aux autres magiciens de son temps, les exploits d’Houdini sont toujours surprenants et grandioses, même aux yeux du public d’aujourd’hui », souligne John Cox, qui dirige Wild About Harry, un site Web populaire consacré à l’illusionniste légendaire. « On s’étonne encore de la façon dont il a pu s’échapper d’une cellule de prison verrouillée, après avoir été entièrement déshabillé et fouillé. En ce sens, il reste très contemporain », explique le spécialiste. « Son histoire continue à vivre et évoluer avec sa légende. De mon côté je découvre constamment de nouveaux détails à son sujet. »

Pour ses fans, même les plus simples objets qui lui ont un jour appartenu restent empreints de sa magie. Le clou de la collection de Merlini est sans nul doute la Bible en langue anglaise de la famille Weisz, venant d’Appleton, une ville du Wisconsin où le père d’Houdini a été rabbin d’une communauté réformée en 1878. Le livre saint, qui s’ouvre sur une page signée par le jeune Erik Weisz, est conservé dans une vitrine sur mesure, munie de verre pare-balles avec contrôle d’humidité intégré. L’ouvrage est entouré de menottes certifiées authentiques et de fers aux pieds qu’employait Houdini dans ses numéros d’escapologie. Des articles qui ont coûté à Merlini une petite fortune.

Les bêtes noires d’Houdini

« J’ai créé ce musée pour Houdini », explique l’illusionniste, confortablement installé dans l’opulent salon du musée, au décor fin de siècle. Sur une estrade placée sur le côté, se succèdent une douzaine de magiciens locaux pour divertir les visiteurs. On s’attend presque à entendre parler le maître de l’illusion, tant son ombre grandeur nature peinte au mur déborde de vie. « Je lui dois tellement… Il est ma source d’inspiration, celui qui a ouvert la voie et déterminé ma carrière. Grâce à lui, j’ai fait le tour du monde, rencontré plein de gens, et j’ai même gagné de l’argent ! Et tout cela, via l’art de l’évasion. »

Merlini nous montre ensuite son petit bureau, situé derrière une bibliothèque mobile débordant de volumes reliés en cuir. Perché sur l’étagère supérieure, Napoléon, un gros matou tigré du voisinage, qui hante les lieux quotidiennement, observant les allées et venues avec l’œil avisé d’un propriétaire. Subrepticement, l’illusionniste tire un petit coffret, l’ouvre d’un clic et présente son contenu : 11 cuillères en argent, toutes tordues en leur milieu. Le set est un cadeau de l’un de ses amis, Ouri Geller, alias le « tordeur de cuillères », un médium israélien dont le père était un juif hongrois.

On se demande comment Houdini aurait réagi face à Geller, qui prétend pouvoir plier des petites cuillères par la seule force de son esprit. Le grand magicien, qui semblait parfois défier les lois de la nature avec ses propres tours, était connu pour avoir une dent contre les prétendus médiums. Il a ainsi consacré des années de sa vie à démasquer les spiritualistes et autres charlatans qui abusent de la crédulité des gens en se targuant de pouvoirs surnaturels. « Oubliez les cuillères », s’exclame Merlini, presque sur un ton d’excuse. « Cependant, Ouri réalise certaines choses difficiles à expliquer », affirme-t-il.

Il se montre toutefois moins tendre envers un supposé mage qui habite l’appartement du dessus. Depuis son Studio Karma, l’homme s’adonne à la lecture des lignes de la main, exerce son art de jeteur ou conjureur de sorts, et se vante de communiquer avec les esprits. « C’est une vraie brute », insiste Merlini. Comme ce dernier refuse de vendre les potions magiques de son encombrant voisin dans son musée, et lui a demandé d’arrêter de garer sa moto devant sa porte, le mage, une petite célébrité à Budapest, a menacé le magicien de représailles. Moqueur, Merlini a placé une affiche d’époque d’Houdini sur la porte de l’immeuble, devant laquelle le thaumaturge passe tous les jours : le célèbre artiste y promet de débusquer les « faux médiums et leurs méthodes ».

Parcours parallèles


Les vies d’Houdini et de Merlini font état de troublantes similitudes. Notre illusionniste, dont la mère est une chanteuse pop hongroise et le père un peintre italien, est né en 1978, un 31 octobre, la date anniversaire de la mort du célèbre prestidigitateur en 1926. Houdini est né à Budapest et a émigré aux Etats-Unis à l’âge de quatre ans ; Merlini a également vu le jour dans la capitale hongroise et a quitté le pays pour s’installer en Italie avec ses parents à l’âge de trois ans. Dans leurs nouveaux foyers respectifs, les deux garçons ont développé un engouement précoce pour la magie.

De telles coïncidences peuvent avoir une influence, même si on n’y attache pas trop d’importance, explique Merlini. Elles peuvent ainsi rester enfouies dans les replis du cerveau et guider inconsciemment nos choix de votre vie. C’est ce qui s’est passé pour lui. Adolescent, il découvre ces parallèles entre la vie d’Houdini et la sienne en parcourant un vieux recueil écorné sur le prestidigitateur, dans la ville de Turin où il a grandi. Cela faisait déjà plusieurs années qu’il s’essayait à la magie, s’entraînait à des tours de passe-passe, maîtrisait l’art de détourner l’attention et fabriquait ses propres accessoires.

« A quatre ans, j’ai commencé à collectionner les cadenas et les clés et à faire des tours », se souvient-il. Encore un autre point commun avec Houdini, qui était toujours en train de jouer avec des serrures, des cadenas et des menottes, pour mieux réussir à les ouvrir à son gré.

Il commence également à se produire sur scène dès qu’il le peut. En 1991, lors d’un séjour à Eilat avec sa mère qui a signé un contrat pour chanter dans les hôtels locaux, Merlini, tout juste âgé de 13 ans, convainc le gérant de le laisser distraire les clients avec ses tours de magie. « Il m’a payé un dollar par minute de spectacle », se souvient l’illusionniste.

« Avec cet argent, j’ai acheté ma première paire de vraies menottes à Jérusalem. » A peine sorti du lycée, il retourne à Budapest pour étudier l’art de l’évasion dans son pays natal et celui d’Houdini. « Je voulais faire partie de la légende d’Houdini », explique-t-il. « Je voulais reproduire certains de ses tours en y mettant quelques variantes de mon cru. »

L’élève suit le maître

En 1912, Houdini réalise son « évasion sous-marine », au cours de laquelle il est menotté et enfermé dans une caisse en bois elle-même enchaînée, que l’on plonge dans l’eau depuis une berge de l’East river à New York. Après deux minutes et demie sous l’eau, l’illusionniste refait surface. Le magazine Scientific American qualifie alors son numéro d’« un des tours les plus remarquables jamais réalisés ».

En août 1996, Merlini, alors âgé de 17 ans, se fait à son tour menotter et enfermer dans un coffre perforé en acier, que l’on soude avant de le descendre dans le Danube depuis le fameux pont des chaînes de Budapest. Le prestidigitateur s’est alors libéré sous l’eau et a nagé jusqu’à la surface. Une performance qui a fait sensation en Hongrie. « C’est l’un de mes premiers numéros inspirés d’Houdini », explique Merlini. Et ce ne sera pas le dernier. Plusieurs suivront dans la même veine.

Houdini s’était fait enterrer vivant pour se sortir à coup de griffes de six pieds sous terre ; Merlini a également trompé la mort en se libérant d’un cercueil en verre. De même que le maître avait embrasé ses vêtements pour montrer qu’il pouvait échapper au feu sans égratignure, son disciple s’est fait menotter au volant d’une voiture en flammes, hissée à 20 mètres au-dessus du sol à l’aide d’une grue, puis jetée lourdement à terre. Le sourire aux lèvres, on l’a alors vu émerger indemne des ruines fumantes du véhicule. Parallèlement, Merlini détient une série de records du monde de maintien en apnée, dans un réservoir de verre placé sous l’eau. Sa meilleure performance : 21 minutes et 29 secondes sans respirer.

En 2004, le magicien décide de doubler la mise en reprenant un fameux numéro de son héros, « la fuite de la fosse aquatique », non sans y avoir ajouté quelques effets de son cru. Il se fait enchâsser jusqu’au cou dans un cube de béton de 3,5 tonnes, englouti à l’aide d’un treuil au fond du Danube, sous les yeux ébahis de 20 000 spectateurs agglutinés le long des berges, et de 2 millions de téléspectateurs qui suivent la prouesse en direct. « Il faisait très sombre. On n’y voyait absolument rien », se souvient Merlini. « Et nous avons failli nous noyer ». Sous-entendu lui et les deux plongeurs qui l’attendent sous l’eau pour le libérer secrètement. En raison de la faible visibilité en eau trouble, Merlini avait prévu un fil de pêche pour ramener ses deux acolytes vers lui à temps, sans qu’ils perdent sa trace. Ceux-ci n’avaient que quelques minutes pour empêcher l’illusionniste de se noyer, car il était sans oxygène. Cependant, de forts courants ont entraîné la ligne, rendant l’opération très difficile. Tous trois se sont retrouvés enchevêtrés par le fil.

Au final, Merlini a refait surface… à l’aide d’un hélicoptère. « J’ai eu droit au champagne, aux feux d’artifice et aux gros titres dans les journaux », se souvient l’artiste. « Mais vous ne pouvez pas imaginer ce que la ligne de pêche a fait à mes mains. Je porte encore des cicatrices dans les paumes, après toutes ces années », ajoute-il, en montrant des bandes de peau calleuse. « En outre, la rivière était tellement polluée que j’ai attrapé la salmonellose. J’ai été malade pendant des mois après cet épisode. »

Un vieillard de 36 ans

Mais Houdini n’a jamais prétendu que c’était facile. Pour atteindre l’excellence, il s’est entraîné sans relâche pendant des années, repoussant sans cesse ses limites physiques. « J’ai lutté avec le fer et l’acier, avec des serrures et des chaînes. Je me suis brûlé, noyé et congelé, jusqu’à ce que mon corps devienne presque insensible à la douleur. J’ai fait des choses dont j’étais normalement incapable, en me répétant sans cesse que je devais y arriver. Et voilà qu’à force de tirer sur la corde, je suis devenu un vieillard à l’âge de 36 ans », a-t-il écrit.

David Merlini en a 38 et ressent exactement la même chose. « J’ai agi constamment en dépit du bon sens, car je voulais prouver quelque chose. Je voulais tellement suivre les traces d’Harry Houdini », explique-t-il. Aujourd’hui je ne me laisserais plus enfermer dans un bloc de béton et couler au fond d’une rivière. »

L’escapologie, en effet, est un art qui procure quelques instants de frisson et de plaisir aux spectateurs, mais qui peut avoir de lourdes répercussions sur ceux qui la pratiquent. « Un tour de six minutes peut coûter des mois de votre vie », explique Merlini. « On ne dort pas, on ne boit pas, on ne mange pas. On se fait menotter, enfermer dans une boîte. On doit passer par tout un protocole, juste pour survivre. » Toutefois, Merlini n’envisage pas encore la retraite. « Je pense que j’ai encore une quinzaine d’années devant moi », déclare-t-il. « Je travaille sur un nouveau numéro. Cela va être grandiose. »

Alors que nous essayons d’en apprendre un peu plus, l’artiste se montre plus malin : « Pouvez-vous garder un secret ? Moi aussi », plaisante-t-il. Et de confier : « Sur dix idées pour un nouveau tour, une seule se concrétise ».

La Maison d’Houdini a déjà attiré quelque 10 000 visiteurs depuis son ouverture. Le prochain projet de Merlini : un café adjacent centré sur la légende du roi de l’évasion. Son hommage au grand maître de la magie a déjà permis de raviver l’intérêt des Hongrois pour leur célèbre compatriote. Une comédie musicale intitulée Houdini magique en musique, où chants et danses se mêlent aux des tours de magie, a fait ses débuts à Budapest, jouant à guichets fermés. Grâce au musée, la capitale hongroise est désormais une destination incontournable pour les milliers de fans d’Houdini du monde entier. « J’ai du mal à croire qu’il a fallu tant de temps pour que sa ville natale lui rende hommage ! », observe John Cox.
« Je ne sais pas ce qu’Houdini penserait de mon musée », se demande David Merlini. « Cela lui ferait-il plaisir, ou estimerait-il que j’exploite sa légende ? Je choisis la première option ! ». 

© Jerusalem Post Edition Française – Reproduction interdite

Join Jerusalem Post Premium Plus now for just $5 and upgrade your experience with an ads-free website and exclusive content. Click here>>

Related Content

February 11, 2018
Les nouveaux « judaïsants »

By DAN HUMMEL