Sublimer les mitsvot

Une sélection des plus beaux objets de culte de Pessah exposés au Musée d’Israël

By RHONA LEWIS
April 9, 2017 11:02
Calendrier en bois sculpté pour le décompte du omer

Calendrier en bois sculpté pour le décompte du omer. (photo credit: ISRAEL MUSEUM)

Nos sages ont toujours encouragé à l’embellissement des mitsvot à travers l’utilisation de magnifiques objets de culte. Il s’agit ici non moins que de servir le Maître du monde, et les juifs, où qu’ils soient, se sont toujours appliqués à utiliser les plus beaux ustensiles dans leur accomplissement des commandements divins. 

1. La Hagada à tête d’oiseau (vers 1300, sud de l’Allemagne)

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Au cours des XIIe et XIIIe siècles, des copies de la Hagada commencent à être éditées en tant qu’entité distincte du rituel de prières. Celle-ci est la première Hagada illustrée connue qui contient des scènes bibliques comme le ramassage de la manne ou le don de la Torah. Son nom découle de sa représentation de figures humaines avec des têtes d’oiseaux.
« La pratique énigmatique de dessiner des têtes d’oiseaux et d’animaux à la place des visages humains trouve son origine dans d’autres manuscrits ashkénazes des XIIIe et XIVe siècles et a été interprétée de diverses façons, mais aucune d’elles n’est totalement satisfaisante », explique Rachel Sarfati, conservatrice du département Jack, Joseph et Morton Mandel consacré à l’art juif.

Le scribe du nom de Menahem à l’origine de ce manuscrit employait une technique à l’encre brune et détrempe (rendant la peinture durable). Typiquement ashkénaze, la relique est parvenue par hasard au Musée d’Israël.
« Ses propriétaires ont péri dans les camps, laissant des objets cultuels à un ami de la famille », explique Rachel Sarfati. « Cet homme s’est ensuite rendu en Israël où il a rencontré Mordekhai Narkiss, alors directeur de l’Académie Betsalel, qui a pu attester de la rareté du document. »

2. La Hagada d’Amsterdam
(Amsterdam, 1695)

L’illustrateur de cette très belle Hagada, Avram Bar Yaacov, converti au judaïsme, y a intégré des illustrations influencées par l’art chrétien. La technique de gravure qu’il a utilisée est ensuite devenue extrêmement populaire dans les communautés juives européennes. Cette popularité a atteint son apogée au XVIIIe siècle, quand les Hagadot manuscrites étaient de nouveau « en vogue » : les scribes de l’époque se targuaient d’utiliser le même procédé, connu sous le nom de lettres d’Amsterdam.

3. Plateau de Seder en céramique (vers 1480)

Ce plateau aux motifs travaillés d’une circonférence de 57 centimètres est antérieur à l’expulsion d’Espagne. Exilée, la riche communauté juive espagnole a réussi à emporter avec elle des rouleaux de la Torah, des livres de prières et d’autres manuscrits qui ont été conservés pour la postérité. Alors que peu de ces artefacts ont survécu, ce plateau constitue une exception, d’autant plus remarquable que l’objet est particulièrement fragile.
« Un regard attentif sur les lettres en son centre révèle une erreur orthographique : le mot “Pessah” a été écrit avec un rech au lieu d’un ‘het », explique Rachel Sarfati. « Les familles aisées, en effet, recouraient souvent aux services d’artisans non juifs, qui pouvaient faire des fautes. »

4. Peignes contre rouleaux

Les communautés du monde utilisaient différentes méthodes pour perforer la pâte mince des matsot. En Suède, à la fin du XIXe siècle, on utilisait des peignes en fer. Au Maroc, au début du XXe siècle, on affiche une préférence pour les rouleaux de fer avec une structure en bois, semblables aux produits en plastique utilisés dans les usines de cuisson manuelle d’aujourd’hui.

5. Un fin rouleau

Cet ustensile en bois de la fin du XXe siècle, appartenait à la communauté des Bne Israël à Pune, en Inde. Trois communautés juives se trouvaient auparavant en Inde : les juifs de Cochin, arrivés après la destruction du Premier Temple ; les Bne Israël, venus de Judée il y a environ 2 100 ans, et les Baghdadis, en provenance d’Irak, d’Iran, d’Afghanistan, de Syrie, du Yémen et d’autres pays arabes, qui se sont installés dans le pays il y a environ 280 ans.

6. Coupes en argent, en verre et en pierre


En Italie et en Allemagne, où les communautés juives étaient les plus enracinées, les gobelets en argent et les « coupes d’Eliahou », constituaient la norme. En Bohême (République tchèque moderne), le développement de la verrerie a popularisé l’usage du verre. En Israël, les coupes étaient taillées dans la pierre et embellies avec des scènes du Mur occidental et d’autres lieux saints.

7. Et vous le direz à vos enfants

Selon des sources marocaines, libyennes et algériennes, cette collection de pièces de vaisselle miniatures en faïence était utilisée par les enfants pour jouer à la dînette lors de Pessah.

8. Et vous compterez

Le judaïsme du Suriname, en Amérique du Sud, a commencé en 1639, lorsque le gouvernement britannique a permis aux Juifs espagnols et portugais des Pays-Bas, du Portugal et d’Italie de s’installer dans la région. Ils ont alors créé des plantations de canne à sucre, nommées d’après des sites bibliques (Hébron, Goshen et Carmel).

Au cours du XVIIIe siècle, deux synagogues ont été construites à Paramaribo, la capitale : Neveh Shalom pour les Ashkénazes, et Tzedek Veshalom pour les Séfarades. Cette communauté, autrefois florissante, a commencé à décliner au début du XXe siècle. Aujourd’hui, seuls 200 membres subsistent, tandis que l’intérieur de la synagogue de Tzedek Veshalom et ses objets de culte ont été transférés au Musée d’Israël. Le calendrier en bois sculpté des XIXe et XXe siècles, utilisé pour le décompte du omer, a été fabriqué en Hollande et expédié au Suriname.

© Jerusalem Post Edition Française – Reproduction interdite


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