Un ministre plein de surprises

L’ambitieux programme de Naftali Bennett pour les écoles israéliennes commence à porter ses fruits

By MAAYAN JAFFA-HOFFMAN
March 26, 2017 16:38
Le ministre de l'éducation Naftali Bennett

Le ministre de l'éducation Naftali Bennett. (photo credit: SASSON TIRAM)

 
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Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’année 2017 a démarré sous les meilleurs auspices pour Naftali Bennett. Après avoir bataillé pour faire adopter par la Knesset la loi sur les implantations, le ministre a finalement obtenu gain de cause le mois dernier. Cela a ensuite été au tour du président Trump de lui donner implicitement raison, en remettant en cause la solution à deux Etats comme unique issue au conflit israélo-palestinien.

Autre sujet de satisfaction pour Bennett : Ayelet Shaked, ministre de la Justice et partenaire politique de longue date du leader de la droite sioniste, est parvenue à faire nommer trois nouveaux juges conservateurs à la Cour suprême, jusqu’alors réputée pour son fort penchant à gauche. Enfin, le récent rapport du contrôleur de l’Etat sur l’opération Bordure protectrice à Gaza en 2014 a mis l’accent sur la bonne conduite du chef de HaBayit HaYehoudi, qui avait alors insisté pour que les tunnels du Hamas soient détruits.

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Dans un tel contexte, il n’est pas étonnant d’entendre Bennett affirmer que son parti se renforce chaque jour, et qu’il est en train de gagner des voix au sein d’une population qui ne constitue pas son électorat naturel : « Nous observons dernièrement un formidable élan de la part d’Israéliens laïcs et traditionalistes qui rejoignent nos rangs », note le ministre. Des analystes du Wall Street journal et du Haaretz ont également relevé cette ascension, et voient en Bennett le prochain leader de la droite à l’ère post-Netanyahou. Cela, bien qu’il n’ait obtenu aucun des ministères – Affaires étrangères, Finances ou Défense – traditionnellement occupés par tout aspirant au poste de Premier ministre israélien. Après la rétraction de Benjamin Netanyahou qui lui avait promis le portefeuille de la Défense, Bennett a finalement obtenu celui de l’Education.

La voie était loin d’être pavée pour le leader sioniste. Ce dernier a dû faire fi de ses propres réticences face à un ministère perçu comme « secondaire ». Dire qu’il a accueilli sa nomination avec peu d’enthousiasme relève d’un euphémisme. Il y avait également le scepticisme de l’échiquier politique et de l’opinion publique, qui voyaient d’un très mauvais œil le fait que l’éducation passe aux mains du parti HaBayit HaYehoudi, considéré comme sectaire.

Pari tenu


A l’entrée en fonction de Bennett en 2015, le pays enregistrait depuis une dizaine d’années une forte détérioration de son niveau en mathématiques et en sciences. Alors qu’en 2006, près de 13 000 élèves passaient leur baccalauréat avec le coefficient maximal en mathématiques (cinq unités), ce chiffre est descendu à 9 000 en 2013. Les statistiques étaient encore pires en périphérie et dans le secteur arabe : en 2012, seulement 4 % des élèves de la ville d’Abou Sinan au nord, et de Netivot au sud, ont étudié cinq unités de niveau en maths. A Afoula, seuls 5 % des élèves étaient concernés.

Bennett a dès lors décidé de prendre le problème en main, en insistant sur le fait que « Dieu n’avait pas mis plus de cerveaux dans le centre du pays qu’ailleurs. » Il a mis en place un plan baptisé « Donne cinq (« Latet hamech »), destiné à augmenter le nombre d’étudiants passant le plus haut niveau en maths au bac. Se basant sur certaines initiatives prises par son prédécesseur Shai Piron (Yesh Atid), ce programme prévoit de baisser les effectifs de quinze à six élèves dans les classes de cinq unités en maths, et de doubler le nombre d’enseignants, faisant passer leurs effectifs de 1 000 à 2 000 en quatre ans. Pour mettre en place son plan, le ministre a prévu d’investir davantage afin de former et de motiver les professeurs, en leur fournissant notamment une assistance de la part de 500 cadres du high-tech à travers le pays.

En 2015, une étude du centre Taub a démontré qu’il existe un lien entre l’étude des mathématiques et l’importance du salaire. D’après ses conclusions, les étudiants qui étudient les maths avec un coefficient de 4 ou 5 ont, par la suite, des salaires plus élevés que ceux qui prennent un coefficient 3 ou moins. Des résultats somme toute logiques : l’étude des maths à un haut niveau est le ticket d’entrée vers des études d’ingénierie et d’informatique, soit la route la plus sûre vers des postes à hauts salaires.



Quid des résultats de la « méthode Bennett » ? Force est de constater que les efforts du ministre commencent déjà à porter leurs fruits. Ainsi en 2016, près de 13 000 étudiants ont suivi cinq unités en maths, un chiffre qui a encore bondi de 30 % pour l’année 2017 avec 16 665 élèves. Naftali Bennett espère atteindre les 18 000 l’année prochaine, dépassant même ses prévisions puisqu’il pensait n’atteindre ce résultat qu’en 2019.

Autre objectif du ministre : baisser les effectifs dans les classes du pays. Les kitot Alef et Bet (CP et CE1) sont ainsi passées de 40 à 28 élèves. L’année prochaine, il est prévu de réduire le nombre d’élèves des kitot Guimel (CE2), puis dans quatre ans, ceux des autres classes du primaire. Une assistante maternelle a par ailleurs été ajoutée dans chaque classe de jardin d’enfants du pays. « Tout le monde disait que c’était impossible », dit Bennett. « Mais nous l’avons fait. »

Pour Esther Bermatz, directrice de l’école primaire Yehouda Halevi de Jérusalem, les changements opérés par Bennett sont les bienvenus. Les effectifs réduits permettent un meilleur contact entre les élèves et leurs professeurs, indique-t-elle. Son rêve : disposer des moyens nécessaires pour pouvoir, en plus du travail collectif au sein de la classe, dégager du temps pour s’occuper de chaque enfant individuellement. Elle aimerait aussi que les enseignants aient accès à de plus larges perspectives au niveau professionnel, et qu’ils puissent avoir à leur disposition des outils plus modernes, qui amélioreraient la qualité des cours. Selon elle, les difficultés rencontrées par l’école sont en partie dues aux bas salaires.

Un grand nombre d’éducateurs se plaignent du fait que leur salaire ne leur permet pas de subvenir aux besoins de leur famille ; dans le même temps, ces revenus peu attrayants dissuadent les personnes les plus qualifiées d’entrer dans l’enseignement.

L’autre changement opéré par Bennett concerne l’anglais. Désormais, son enseignement se focalise moins sous un angle littéraire, et se concentre également davantage sur la langue courante, pratique, tant au niveau de l’écrit que de l’oral. Convaincu que ces changements sont indispensables pour s’adapter au monde moderne, le ministre de l’Education a notamment réfléchi aux moyens d’encourager la communauté anglophone du pays à se tourner vers l’enseignement de sa langue. « Il est bien plus facile de former des enseignants d’anglais s’il s’agit de leur langue maternelle », dit Bennett.

En février, Masa Israël et le ministère de l’Education ont ainsi annoncé un plan pour doubler le nombre de participants au Masa Israel teaching fellows, programme visant à former des jeunes anglophones à l’enseignement de l’anglais en Israël, tout en les initiant à la vie dans le pays. Le plan permettra d’incorporer 300 professionnels qui enseigneront l’anglais en deuxième langue, tout particulièrement dans les établissements scolaires ayant les résultats les plus faibles.

En tant que ministre de l’Education, Bennett se pose la question suivante : « Sachant que lorsqu’un enfant entre aujourd’hui au cours élémentaire, la moitié des professions existantes auront disparu au moment où il intégrera le marché du travail, comment lui donner les outils nécessaires pour réussir dans un monde en perpétuelle évolution ? La réponse, selon lui, réside dans le fait d’aider l’élève à développer ses aptitudes, ainsi que sa capacité à prendre des initiatives et à travailler en équipe ; il s’agit également d’apprendre à l’enfant à sortir des sentiers battus, à être curieux, en l’encourageant à lire notamment. Autant d’outils qui permettront aux jeunes de s’adapter à leur futur environnement, quel qu’il soit.

Une politique inclusive

Dans son projet, Bennett ne laisse aucune frange de la population sur le bord de la route. Concernant la communauté ultraorthodoxe, le ministre l’affirme : « La plupart des harédim voudraient avoir une meilleure instruction, pour la bonne et simple raison qu’ils veulent pouvoir travailler et sortir du cycle de la pauvreté. » Alors que dans leurs écoles, l’enseignement des matières profanes est relativement limité, le ministre a fait annuler en août dernier une loi votée en 2013 par Yesh Atid, sanctionnant financièrement tout établissement qui ne dispenserait pas dix à onze heures hebdomadaires de cours de maths, anglais et sciences, une mesure censée entrer en vigueur en 2018. Le ministre a défendu sa décision en disant que l’approche de Yesh Atid était défaitiste, et que l’on n’améliorerait pas le niveau d’instruction de la communauté ultraorthodoxe en la prenant de front.

Pour le leader sioniste, l’urgence est plutôt de pallier le manque d’enseignants, d’infrastructures et de matériel de qualité. « Pour ce qui est des professeurs, le but est de proposer une Sarah en jupe, au lieu d’une Naama en pantalon », dit Bennett. « Il faut pouvoir leur donner les outils nécessaires pour qu’ils deviennent partie intégrante de l’Israël moderne. Les harédim ne sont pas nos ennemis. »

Concernant la population arabe, Bennett affirme la nécessité de l’aider à devenir une force vive du pays, en lui donnant accès à un bon niveau d’éducation. Pour cela, il cherche à attirer l’attention des écoles de ce secteur sur l’importance de la « STEM education » (enseignement des sciences, technologie, ingénierie et maths). Il a en outre instauré l’apprentissage obligatoire de l’hébreu dans les écoles primaires arabes. Une première depuis la création de l’Etat. Enfin, le ministère a investi près de 50 millions de shekels dans le développement des transports à disposition des étudiants bédouins du Néguev, afin qu’ils puissent se rendre à l’école.

L’ensemble de ces mesures touchant la population arabe peut paraître contradictoire pour un leader qui lutte pour l’annexion par Israël d’une partie de la Judée-Samarie, et cherche à étendre la souveraineté du pays. Mais Bennett rétorque que l’éducation n’a rien à voir avec le fait d’être de droite ou de gauche. Il est convaincu que le sentiment d’identité nationale chez les Arabes et les harédim se renforcera via une instruction de qualité et les opportunités qui en découleront.

Une conviction pourtant contraire aux résultats d’une récente étude de l’Institut israélien pour la démocratie, qui montre que plus les jeunes Arabes sont instruits, moins leur fierté d’être Israéliens est grande. Mais Bennett ne se démonte pas et justifie ces conclusions par le fait que trop de jeunes arabes éduqués n’exercent pas le métier qu’ils ont étudié, et ne voient donc pas d’amélioration de leur situation socio-économique. « Je pense que plus vous obtenez un travail intéressant et un bon salaire, plus vous êtes stable et épanoui », affirme le ministre en espérant que la situation évoluera.

Cette opinion est partagée par Amram Mitzna, président du Comité d’éducation de la Knesset et membre du parti travailliste. Il affirme que lorsqu’un Arabe est instruit, il lui est plus facile d’accepter des idées même s’il ne les partage pas, et qu’il est plus à même d’apprécier la démocratie et d’en respecter les lois.

Bennett remarque que si les maires arabes du pays sont disposés à collaborer, les députés arabes, eux, cherchent à créer des troubles plutôt que de prendre soin de leurs électeurs. Il cite ainsi un récent sondage montrant que ce secteur de la population reproche à ses députés d’être plus préoccupés par la cause palestinienne que par ses propres besoins.

Jeremy Saltan, président du forum anglophone de HaBayit HaYehoudi, affirme que les efforts de Bennett concernant la population arabe s’inscrivent dans la lignée de son idéologie. « Nous devons développer la souveraineté d’Israël, ce qui signifie l’asseoir en territoire arabe israélien », explique Saltan. « L’une des voies pour y parvenir est celle de l’éducation.

Ces Arabes israéliens interrogés veulent voir la police israélienne restaurer l’ordre et la loi ; ils souhaitent que les ministres prennent des mesures pour lutter contre le fort taux de criminalité dans certains quartiers, et faciliter l’accès aux services gouvernementaux dans certaines zones. C’est de cette façon qu’Israël peut appliquer sa souveraineté. » Il souligne qu’on observe dans le pays un changement progressif dans la bonne direction. Pour preuve, le nombre croissant d’Arabes qui souhaitent être partie intégrante de la société israélienne, en se portant volontaires pour effectuer un service militaire ou national.

De même, un rapport de l’Institut de recherche politique de Jérusalem a montré qu’entre 2006 et 2015, la proportion de main-d’œuvre arabe sur le marché du travail dans la capitale est passée de 22 % à 28 %. Cette étude a aussi démontré que l’emploi et l’intégration des résidents palestiniens de Jérusalem se sont améliorés, en partie grâce à la fin de la deuxième Intifada et à la construction de la barrière de sécurité, qui les a isolés de l’économie palestinienne.
Israéliens, juifs, et fiers de l’être

Le développement de la souveraineté d’Israël, du patriotisme et du sionisme, y compris en milieu scolaire, sont les autres priorités de Bennett. « Nous sommes du côté de l’Etat juif, pas de celui de l’ONU », répond-il à ses opposants. « Cela peut en surprendre certains, mais je pense que l’éducation israélienne se doit de soutenir Israël. » Et d’ajouter : « Ceux qui disent que le judaïsme ne devrait pas avoir sa place à l’école se trompent lourdement. La Bible appartient à chaque juif, et chacun doit avoir accès à la foi juive. Il ne s’agit pas de prosélytisme, mais simplement d’être fiers de ce que nous sommes. »

Certains lui reprochent pourtant d’être allé trop loin à plusieurs reprises. On se souvient de la polémique suscitée l’année dernière, suite à la parution d’une version corrigée d’un texte d’éducation civique, mettant l’accent sur le caractère juif de l’Etat d’Israël et le droit inaliénable du peuple juif sur sa Terre. En dépit des plaintes provenant notamment d’experts et universitaires libéraux, Bennett a autorisé la diffusion du texte, qualifiant celui-ci d’« excellent et professionnel ».

Le projet de loi proposé en janvier par le ministre visant à interdire à toute organisation ou individu soupçonné de nuire à l’éducation ou à Tsahal – telle l’ONG de gauche « Chovrim Chtika » – de visiter les écoles, n’a pas non plus été au goût de tout le monde. « Le problème avec cette organisation n’est pas son aspiration à être humaniste ou morale, ce que Tsahal est par ailleurs. Le problème est qu’elle propage dans le monde entier des mensonges sur notre armée et qu’elle ternit l’image de nos soldats. C’est inacceptable », dit Bennett. « Si vous allez au Conseil de sécurité de l’ONU pour calomnier et dénigrer les militaires israéliens, vous perdez votre ticket d’entrée dans les écoles du pays. C’est tout à fait justifié. »

Sur ce point, Amram Mitzna n’est pas d’accord avec Bennett. Il affirme que l’école doit aussi apprendre à ses élèves à devenir des adultes ouverts d’esprit. « Nous devons les aider à développer leur sens critique et à regarder les faits sous plusieurs angles », dit-il. « Bennett cherche à imposer ses idées au ministère tout entier et néglige le secteur laïque
du pays. »

Discipline mise en cause


Einat Wilf, députée travailliste à la Knesset et auteure du livre Retour aux bases : le chemin pour sauver l’éducation israélienne, accuse le ministre de ne pas voir que le problème flagrant de l’éducation dans le pays n’est pas lié à la quantité de maths ou de physique que les élèves apprennent, mais bien au manque de discipline qui empêche les professeurs de faire leur travail. Un avis partagé par le chercheur Noam Gruber dans son rapport intitulé Pourquoi les élèves israéliens ont-ils de mauvais résultats aux tests de l’OCDE ? publié en janvier 2017 par l’Institut pour la recherche socio-économique Shoresh.

Il affirme qu’Israël se place au dernier tiers du classement en raison du manque de discipline dans les classes qui influe sur la qualité de l’enseignement, et rebute les professeurs les plus qualifiés. Gruber souligne ainsi que ce classement est en totale contradiction avec le fait que dans les pays où les parents (la mère en particulier) ont un haut niveau d’instruction et accordent beaucoup d’importance aux diplômes comme en Israël, les élèves obtiennent généralement des scores élevés. Par rapport aux autres pays, l’Etat juif a même un plus fort taux de mères instruites, ce qui devrait être un énorme avantage.

Gruber note également que les taux d’absentéisme et de retard des élèves israéliens – autres indicateurs d’un manque de discipline – sont particulièrement élevés. Le chercheur affirme qu’il faut avant tout apprendre aux enfants dès le plus jeune âge à être calmes et attentifs, et à n’interrompre ni les camarades, ni le professeur. Il constate ainsi que les écoles maternelles du pays ressemblent à une jungle, et que les élèves arrivent en kita Alef, incapables d’accepter l’autorité de l’instituteur, et inconscients du dérangement causé par le bruit qu’ils font. Une attitude qu’ils conservent jusqu’à leur entrée à l’armée et à l’université, et qui se manifeste aussi, par la suite, sur les routes et même en politique. Pour Gruber, il y a urgence : si le pays ne prend pas des mesures immédiates, il sera, dans quelques dizaines d’années, en retrait dans le monde développé. « Nous serons moins compétitifs en tant que pays et en tant qu’individus », avance-t-il.

Lorsque l’on évoque les problèmes de discipline avec Naftali Bennett, celui-ci préfère contourner la question, ce qui ne surprend aucunement Einat Wilf. « La capacité des ministres à savoir ce qui se passe réellement dans les classes est de zéro », dit-elle, expliquant que les écoles conditionnent leurs élèves avant la visite d’un membre du gouvernement, afin qu’ils se comportent convenablement.

Le rapport du contrôleur de l’Etat a démontré comment Bennett est allé sur le terrain pour récolter des informations sur le Hamas », dit Einat Wilf. « Il serait intéressant qu’il en fasse de même concernant l’éducation, en effectuant des visites surprises dans les écoles afin d’avoir une réelle idée de ce qui s’y passe. Le ministre se focalise sur les cinq unités en maths et sur l’identité juive, mais à quoi bon se préoccuper du contenu des cours si le professeur n’arrive pas enseigner ? »

Malgré les critiques, Bennett se décrit volontiers comme « l’Israélien le plus heureux du pays ».
Il avance confiant, certain qu’au bout du compte, on lui donnera raison. Après tout, n’a-t-il pas réussi là où beaucoup doutaient de lui ?

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