A la recherche des trésors du Temple du Roi Salomon

Une expédition britannique du début du 20e siècle s’était donné pour mission – impossible – de venir à bout des secrets du Mont du Temple.

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December 11, 2012 13:16
Temple Mount aerial from north

Temple Mount aerial from north 370. (photo credit: BiblePlaces.com)

 
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Il y a un peu plus de cent ans, en août 1909, un yacht de luxe naviguait vers le port de Jaffa. A son bord : le capitaine Montague Parker et un groupe d’amis, quelques rudimentaires équipements miniers et une réserve de livres-sterling.

Parker était en route vers Jérusalem, à la recherche des trésors du Temple de Salomon cachés, selon la légende, dans un passage secret sous le Mont.

Montague Parker était officier dans les Grenadier Guards (L’un des cinq régiments d’infanterie de la Garde de la Maison du souverain dans l’armée britannique - ndlr) et s’était distingué au combat lors de la guerre des Boers, en Afrique du Sud.

Il avait obtenu le grade de major, mais préférait conserver celui de capitaine, plus universellement connu. C’est à la fin de la guerre qu’il rencontre un amateur finlandais spécialiste de la Bible, Valter Juvelius, qui avait étudié des documents ésotériques en hébreu et autres langues pour parvenir à la conclusion que les objets du Temple reposaient dans un lieu tenu bien secret à Jérusalem.

Tout ce qu’il restait à faire, c’était de trouver l’argent pour dépêcher une expédition à la recherche des trésors anciens.

Parker, intrigué, décide de réunir les fonds pour mener à bien cette entreprise. En tant que neveu du comte de Morley, ses relations aristocratiques vont lui permettre d’amasser la somme nécessaire de 50,000 £ - l’équivalent de plusieurs millions de livres aujourd’hui. Les commanditaires devaient recevoir leur part des trouvailles, l’Arche de l’Alliance seule étant évaluée à 20 fois la somme nécessaire pour l’expédition.

Une fois l’argent en poche, Parker se rend à Constantinople pour obtenir le fameux « firman » - décret royal émis par un souverain dans certains pays islamiques – afin d’entreprendre des fouilles près du Mont du Temple. Ce sera chose faite, grâce à un brin de corruption judicieuse. Parker persuade également deux fonctionnaires ottomans sous-payés de le suivre à Jérusalem, pour la somme princière de 200 livres turques par mois et une part du butin, avec pour mission de superviser le travail.

Les conseils d’une boule irlandaise 

Tout est fin prêt. Depuis Jaffa, l’équipe se rend sur le Mont des Oliviers, à l’hospice Augusta Victoria tout juste achevé, pour y ériger son QG.

Avec l’aide de ses deux superviseurs turcs, Parker et ses hommes s’attèlent à la tâche sur une zone de terrain située près de l’entrée du système d’eau Gihon - connu à l’époque sous le nom de Printemps de la Vierge – entrée encerclée et gardée par les troupes turques, qui en interdisaient l’accès aux locaux et autres visiteurs. Le pacha de Jérusalem, Azmey Bey, qui avait reçu un généreux pot-de-vin, fermait les yeux sur les travaux.

Mais l’activité de Parker va naturellement susciter une grande inquiétude au sein de la communauté archéologique. Si les Allemands, Français et Britanniques avaient tous leurs missions à Jérusalem, Parker ne révélait aucune information et ne permettait aucune inspection du site. Ses hommes procédaient à la fouille, mais c’étaient des amateurs et le travail avançait lentement et sans grand résultat.

De retour à Londres, le chercheur finlandais Juvelius décide de faire appel à un voyant irlandais qui, après s’être penché sur les documents, envoie des instructions à l’équipe : il faut, selon lui, explorer le long tunnel d’eau.

Parker décide alors de voyager à Londres pour obtenir les services de deux ingénieurs des mines qui avaient participé à la construction du chemin de fer métropolitain, la première ligne du métro londonien. Puis, il prend une autre excellente initiative : persuader Père Louis-Hugues Vincent, de l’Ecole biblique Sainte-Etienne de Jérusalem, de rejoindre l’équipe et de la guider à travers le canal d’eau, connu sous le nom de Tunnel d’Ezéchias. Là, précisément, où le medium irlandais a assuré l’existence d’un passage secret qui mènerait aux trésors sous le Mont du Temple.

Père Vincent, professeur d’archéologie à la célèbre Ecole française, avait une réputation d’éminent expert en archéologie de Palestine. Sa présence sur les lieux va immédiatement donner à l’entreprise une nouvelle respectabilité aux yeux des missions locales archéologiques.

Un tunnel d’eau qui vaut de l’or 

Le tunnel hydrodynamique avait été découvert 70 ans plus tôt, mais les premiers explorateurs ne s’y sont véritablement aventurés que 30 ans plus tard. Quand le lieutenant Charles Warren et le sergent Birtles du Fonds d’exploration de Palestine bravent alors un tunnel rempli de vase, de débris et de pourrissement d’ordures ménagères. Parker va décider de le nettoyer à fond afin de trouver le passage secret plus aisément. Vincent accepte de participer à l’expédition, y voyant une opportunité unique d’examiner soigneusement le tunnel, et de faire une grande contribution à l’archéologie de Jérusalem.

Lorsque Warren et Birtles traversent le tunnel, en 1867, ils doivent ramper à plat ventre, munis d’une boussole, d’un calepin, d’un crayon et de bougies qu’ils tiennent entre leurs dents, avec la menace constante d’être submergés par un flot d’eau et de déchets. Warren va ainsi découvrir plusieurs passages à la fin du Gihon, dont l’un est toujours connu comme le «Puits de Warren».

Des années plus tard, Père Vincent consent d’emprunter le même trajet, mais dans un confort relatif, à la suite des hommes de Parker, qui ont dégagé un bon demi-kilomètre de longueur.

Vincent est heureux, mais Parker reste insatisfait : aucun passage secret menant sous le Haram es-Sharif ne lui est apparu.

En désespoir de cause, il décide de télégraphier à Londres, en quête de nouveaux conseils. La réponse ne se fait pas attendre : Parker doit commencer à fouiller sur le Mont du Temple lui-même, à l’angle sud-est de la zone appelée Ecuries de Salomon. Il faudra une fois de plus user de corruption, mais cela n’arrêtera pas Parker.

Lui et ses hommes travaillent plusieurs nuits clandestines sur le Mont, avec peu de succès. Le medium irlandais leur a conseillé de commencer à creuser dans la Grotte des Esprits, située sous Even Shetiya, la pierre de fondation, au centre du Dôme du Rocher, à l’emplacement où, selon la tradition, Mahomet est monté au ciel sur son cheval El-Bourak, et où, deux mille ans plus tôt, Abraham s’était préparé à sacrifier son fils Isaac. Selon une tradition ancienne, la grotte contenait un puits, connu sous le nom de Puits des Esprits, qui devait mener vers un fabuleux trésor secret.

Précisément ce que Parker voulait découvrir.

Si le pacha de Jérusalem et le responsable du Dôme du Rocher, Cheikh Khalil, avaient été grassement soudoyés, ce n’était pas le cas du simple gardien, qui travaillait de jour.

Les deux héritages de Parker 

Une nuit d’avril 1911, Parker part en expédition, bien décidé à en découdre avec le trésor. Mais malheureusement pour lui, ce soir-là, le gardien, qui rentrait habituellement chez lui à la fin de sa besogne, avait décidé de dormir dans le Dôme, sa maison étant envahie de visiteurs pour la fête musulmane à Nebi Moussa (sur la route de Jéricho, d’où l’on pouvait apercevoir la tombe de Moïse), qui coïncidait avec la Pâque juive et la Pâque chrétienne.

Alerté par le bruit de Parker et ses hommes qui martelaient et creusaient, le gardien superstitieux s’est alors précipité vers la grotte pour y trouver des ouvriers à l’allure étrange. Il s’enfuit en hurlant pour sonner l’alarme et appeler la police.

L’histoire fait grand bruit vite parmi les fidèles du Mont du Temple. Mais comment rétablir l’ordre lorsque des rumeurs se répandent sur un groupe d’infidèles qui se sont infiltrés dans la grotte et se sont enfuis avec la Couronne de Salomon, l’Arche de l’Alliance et l’épée de Mahomet.

Profitant de la fureur générale, Parker et ses compagnons réussissent à se glisser discrètement hors de la ville pour regagner Jaffa. Mais la partie est perdue : la police a télégraphié à Jaffa, où ils sont appréhendés, et deviennent les cibles d’une autre foule en colère.

Parker doit prouver qu’il ne détient (malheureusement !) aucun des trésors présumés et invite la police à inspecter son yacht l’après-midi, et à discuter de l’affaire en toute tranquillité.

Les officiers acceptent, mais bien évidemment, à leur arrivée, le bateau a levé l’ancre et vogue au large depuis belle lurette.

Ainsi se termine la carrière archéologique de Montague, Parker et leurs joyeux comparses.

Une mission vouée à l’échec, malgré les efforts de Valter Juvelius et de son voyant anonyme irlandais, et les grosses sommes d’argent délestées par l’aristocratie britannique.

On ne sait rien de plus de Parker, et de ce qu’il a raconté à ses mécènes déçus, mais il a laissé deux héritages, un bon et un mauvais.

Le premier est l’excellent travail accompli par le Père Vincent, dont l’enquête et les conclusions servent encore aux archéologues d’aujourd’hui. Le second est l’animosité suscitée par les aventuriers, qui s’est désormais étendue aux véritables archéologues, et empêche toujours toute fouille sur le Mont du Temple. u Stephen Gabriel Rosenberg est membre eminent de l’Institut W.F. Albright de recherché archéologique, Jérusalem.


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