Faites travailler votre optimisme

Le taï-chi connu pour ses nombreux bienfaits, et la danse, aident les patients atteints de la maladie de Parkinson.

P20 JFR 370 (photo credit: Marc Israël Sellem/The Jerusalem Post)
P20 JFR 370
(photo credit: Marc Israël Sellem/The Jerusalem Post)
Si vous passez par le jardin des Roses, à Talbieh, un lundimatin, vous verrez sans doute Danny Loney et ses élèves accomplir desenchaînements de mouvements dans un coin ombragé du square. Si vous neconnaissez pas le taï-chi, vous prendrez cela pour de la danse ; en fait, ils’agit de séquences de mouvements très spécifiques qui réclament unerespiration lente et profonde et beaucoup de pratique.

Le taï-chi est un art martial chinois pratiqué pour ses nombreux bienfaits : ilaméliore l’équilibre, développe la souplesse et renforce muscles etarticulations. Voilà 20 ans que Loney l’étudie à Jérusalem. Ce sont Arieh etAnne Breslow, de l’école de Taï-Chi-Chuan de Jérusalem, qui lui ont donnél’envie de poursuivre dans cette voie depuis les années 1990. Loney a été l’unde leurs premiers élèves et il suit toujours le cours du vendredi matinqu’Arieh donne chaque semaine dans le même parc.

Il y a 14 ans, Loney, alors âgé de 49 ans, commence à éprouver des difficultésà bouger l’épaule droite pendant les exercices d’échauffement.

Il lui est également pénible de mettre sa main gauche dans la bonne positionpour les figures de taï-chi. Un an plus tard, il constate qu’il est atteint delégers tremblements. Le neurologue qu’il consulte lui diagnostique une maladiede Parkinson.

« Le taï-chi m’a sauvé la vie » 

La maladie de Parkinson touche plus de 20 000personnes en Israël. Elle se caractérise par une rigidité musculaire, destremblements et des modifications de la démarche et de la façon de s’exprimer.Elle est généralement diagnostiquée entre 50 et 65 ans et affecte graduellementles mouvements et la locomotion, rendant les activités quotidiennes de plus enplus difficiles.

L’évolution des symptômes diffère selon les individus et, s’il n’existe aucuntraitement, on connaît en revanche divers moyens de soulager les manifestationsde la maladie.

Outre les médicaments, l’exercice physique améliore la vie des malades de façonsignificative.

Loney, pour sa part, était déterminé à garder le moral et la forme.

Aujourd’hui, 14 ans plus tard, il contrôle ses symptômes à l’aide d’untraitement médicamenteux soigneusement équilibré, d’un régime végétarien bassescalories et du taï-chi, mais aussi d’autres formes d’exercices.

Le taï-chi l’aide à conserver une musculature solide et souple, à garderl’équilibre et à marcher sans trop de mal.

Constatant à quel point cette pratique lui était utile dans la lutte contrel’évolution de la maladie, il a décidé d’en faire profiter d’autres patientsatteints de la même affection. Il a donc contacté l’Association israélienne desmalades de Parkinson et commencé à donner des cours dans ce cadre, à Jérusalemet à Modiin. Parallèlement, il animait des stages ponctuels à travers le monde.Il était de surcroît très actif dans l’association et, depuis qu’il a cesséd’exercer son métier d’ingénieur informaticien, en 2008, il consacre une largepartie de son temps de retraité à ce bénévolat.

« Le taï-chi m’a sauvé la vie », affirme-t-il. « Il ralentit la progression demes symptômes et m’aide à rester souple et stable quand je marche. Il contribueaussi à m’apaiser. » Il ajoute que la maladie de Parkinson l’a forcé à ralentirle rythme et à réfléchir sur le sens de sa vie. Aujourd’hui, son objectif estclair : « Aider les gens et leur montrer à quel point le taï-chi est précieux !» 

Danser contre le mal 

Il a bien l’intention d’accroître le nombre de coursdisponibles en Israël pour les patients atteints de la maladie de Parkinson enformant de nouveaux professeurs.

Il y a 3 ans, la compagnie de danse américaine Mark Morris (MMDC), de Brooklyn,est venue se produire à Tel-Aviv. Cette compagnie propose un programmespécifique de danse qui aide les personnes atteintes de la maladie de Parkinsonà se mouvoir et à s’étirer de façon à améliorer souplesse et force musculaire.

Pendant son séjour en Israël, la compagnie a contacté l’Association israéliennedes malades de Parkinson et organisé un cours pour les patients intéressés.Loney y a assisté.

Enthousiasmé, il s’est associé à un professeur de yoga pour lancer un courssimilaire dans le pays. Bien que n’étant ni l’un ni l’autre des danseursprofessionnels, ils ont commencé ensemble à enseigner à Jérusalem unecombinaison de taïchi, de yoga et de danse. Ils ont cependant vite éprouvé lebesoin de s’associer à un vrai professionnel de la danse et se sont tournésvers Anne Breslow. Celle-ci n’était pas seulement professeur de taï-chi àl’école de taï-chi de Jérusalem : elle était aussi danseuse professionnelle etprofesseur de danse.

Originaire d’Ottawa, au Canada, elle vit en Israël depuis 25 ans et possède unelongue expérience de l’enseignement.

Fin 2010, elle a commencé à enseigner la danse à Jérusalem, au centre YadSarah, sur le boulevard Herzl, dans le cadre de l’association. Il y a 9 mois,le lieu a changé et le cours se tient désormais au centre communautaireMevakshei Derekh, au 22 Shaï Agnon.

Par une pluvieuse matinée de printemps, 10 personnes forment un demi-cercleface à la mince et blonde professeure. La musique commence, une douce mélodiechinoise envoûtante ; les élèves commencent leurs exercices de respirationprofonde et d’automassages en douceur. Puis le rythme devient jazzy, enlevé, etle groupe lève les bras par-dessus la tête à l’unisson.

Les participants ont tous la maladie de Parkinson. Ils sont venus avec leurconjoint ou leur auxiliaire de vie. Comme cette maladie se manifestedifféremment d’un individu à l’autre, tous ne rencontrent pas les mêmesdifficultés. Mais ils ont une chose en commun : ils apprécient cette heure avecBreslow et en tirent de nombreux bienfaits. Le professeur les guide dans unesérie de mouvements qui permettent d’étirer et de mouvoir chaque partie ducorps. Au bout de 10 minutes en position assise, on abandonne les chaises et lamusique change de nouveau, pour un rythme un peu plus rapide encore.

Une vraie source d’inspiration 

Individuellement, puis par paires, les élèvesprennent possession de la salle pour danser.

« Il y a deux sortes de patients atteints de la maladie de Parkinson »,explique Ilan Salomon, professeur de géographie à l’école de Sciencespolitiques de l’Université hébraïque de Jérusalem. « Les premiers souffrent deraideurs dans tout le corps, les seconds sont parcourus de tremblements. » PourSalomon, le diagnostic est tombé il y a 10 ans. Il a décidé de participer aucours de danse dans le cadre de son traitement et il ne le regrette pas. «Avant ça », avouet- il avec un sourire, « je n’avais pas dansé depuis cinquanteans ! » « C’est merveilleux, tout le bien qu’un peu de musique et de mouvementpeuvent faire à quelqu’un ! » s’exclame l’épouse d’un malade. « Pour les élèvesde ce cours », ajoute-t-elle, « c’est à chaque fois un plaisir de se retrouver.La musique les rend joyeux. Des gens qui éprouvent de grandes difficultés àmarcher se lèvent pour danser, entrent dans le rythme et se mettent à bouger. »Même si le mouvement et la danse n’arrêtent pas l’évolution des symptômes,leurs bienfaits peuvent représenter une différence considérable dans la vie detous les jours. Le mouvement réduit les raideurs et échauffe le corps, de sorteque la personne se sent mieux, à la fois physiquement et psychologiquement. Etpuis, pour les participants, il y a le plaisir de se retrouver chaque semaine.

On sent une chaleureuse camaraderie au sein du groupe. On se soucie les uns desautres, on remarque les progrès de tel ou tel et on s’encourage mutuellement.

Pour Breslow, ce cours est une vraie source d’inspiration et elle tire unegrande satisfaction à voir ses élèves progresser.

« C’est épatant de les voir bouger davantage de semaine en semaine ! »s’exclame-t-elle.

Inutile de consulter les nombreuses études réalisées sur la maladie deParkinson et qui établissent les bienfaits du taïchi et de la danse pour lesmalades. Il suffit d’assister à l’un de ces cours pour comprendre ! 

Pour toutrenseignement sur les cours de taï-chi et de danse pour patients atteints de lamaladie de Parkinson, appelez Danny Loney au 054-576-7157 ou Anne Breslow au052-222-1157.