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Le taï-chi connu pour ses nombreux bienfaits, et la danse, aident les patients atteints de la maladie de Parkinson.

By MIRIAM KATES LOCK
June 19, 2013 12:17
Quand Anne Brelow fait danser les malades atteint du syndrome de Parkinson.

P20 JFR 370. (photo credit: Marc Israël Sellem/The Jerusalem Post)

Si vous passez par le jardin des Roses, à Talbieh, un lundi matin, vous verrez sans doute Danny Loney et ses élèves accomplir des enchaînements de mouvements dans un coin ombragé du square. Si vous ne connaissez pas le taï-chi, vous prendrez cela pour de la danse ; en fait, il s’agit de séquences de mouvements très spécifiques qui réclament une respiration lente et profonde et beaucoup de pratique.

Le taï-chi est un art martial chinois pratiqué pour ses nombreux bienfaits : il améliore l’équilibre, développe la souplesse et renforce muscles et articulations. Voilà 20 ans que Loney l’étudie à Jérusalem. Ce sont Arieh et Anne Breslow, de l’école de Taï-Chi-Chuan de Jérusalem, qui lui ont donné l’envie de poursuivre dans cette voie depuis les années 1990. Loney a été l’un de leurs premiers élèves et il suit toujours le cours du vendredi matin qu’Arieh donne chaque semaine dans le même parc.

Il y a 14 ans, Loney, alors âgé de 49 ans, commence à éprouver des difficultés à bouger l’épaule droite pendant les exercices d’échauffement.

Il lui est également pénible de mettre sa main gauche dans la bonne position pour les figures de taï-chi. Un an plus tard, il constate qu’il est atteint de légers tremblements. Le neurologue qu’il consulte lui diagnostique une maladie de Parkinson.

« Le taï-chi m’a sauvé la vie » 

La maladie de Parkinson touche plus de 20 000 personnes en Israël. Elle se caractérise par une rigidité musculaire, des tremblements et des modifications de la démarche et de la façon de s’exprimer. Elle est généralement diagnostiquée entre 50 et 65 ans et affecte graduellement les mouvements et la locomotion, rendant les activités quotidiennes de plus en plus difficiles.

L’évolution des symptômes diffère selon les individus et, s’il n’existe aucun traitement, on connaît en revanche divers moyens de soulager les manifestations de la maladie.

Outre les médicaments, l’exercice physique améliore la vie des malades de façon significative.

Loney, pour sa part, était déterminé à garder le moral et la forme.

Aujourd’hui, 14 ans plus tard, il contrôle ses symptômes à l’aide d’un traitement médicamenteux soigneusement équilibré, d’un régime végétarien basses calories et du taï-chi, mais aussi d’autres formes d’exercices.

Le taï-chi l’aide à conserver une musculature solide et souple, à garder l’équilibre et à marcher sans trop de mal.

Constatant à quel point cette pratique lui était utile dans la lutte contre l’évolution de la maladie, il a décidé d’en faire profiter d’autres patients atteints de la même affection. Il a donc contacté l’Association israélienne des malades de Parkinson et commencé à donner des cours dans ce cadre, à Jérusalem et à Modiin. Parallèlement, il animait des stages ponctuels à travers le monde. Il était de surcroît très actif dans l’association et, depuis qu’il a cessé d’exercer son métier d’ingénieur informaticien, en 2008, il consacre une large partie de son temps de retraité à ce bénévolat.

« Le taï-chi m’a sauvé la vie », affirme-t-il. « Il ralentit la progression de mes symptômes et m’aide à rester souple et stable quand je marche. Il contribue aussi à m’apaiser. » Il ajoute que la maladie de Parkinson l’a forcé à ralentir le rythme et à réfléchir sur le sens de sa vie. Aujourd’hui, son objectif est clair : « Aider les gens et leur montrer à quel point le taï-chi est précieux ! » 

Danser contre le mal 

Il a bien l’intention d’accroître le nombre de cours disponibles en Israël pour les patients atteints de la maladie de Parkinson en formant de nouveaux professeurs.

Il y a 3 ans, la compagnie de danse américaine Mark Morris (MMDC), de Brooklyn, est venue se produire à Tel-Aviv. Cette compagnie propose un programme spécifique de danse qui aide les personnes atteintes de la maladie de Parkinson à se mouvoir et à s’étirer de façon à améliorer souplesse et force musculaire.

Pendant son séjour en Israël, la compagnie a contacté l’Association israélienne des malades de Parkinson et organisé un cours pour les patients intéressés. Loney y a assisté.

Enthousiasmé, il s’est associé à un professeur de yoga pour lancer un cours similaire dans le pays. Bien que n’étant ni l’un ni l’autre des danseurs professionnels, ils ont commencé ensemble à enseigner à Jérusalem une combinaison de taïchi, de yoga et de danse. Ils ont cependant vite éprouvé le besoin de s’associer à un vrai professionnel de la danse et se sont tournés vers Anne Breslow. Celle-ci n’était pas seulement professeur de taï-chi à l’école de taï-chi de Jérusalem : elle était aussi danseuse professionnelle et professeur de danse.

Originaire d’Ottawa, au Canada, elle vit en Israël depuis 25 ans et possède une longue expérience de l’enseignement.

Fin 2010, elle a commencé à enseigner la danse à Jérusalem, au centre Yad Sarah, sur le boulevard Herzl, dans le cadre de l’association. Il y a 9 mois, le lieu a changé et le cours se tient désormais au centre communautaire Mevakshei Derekh, au 22 Shaï Agnon.

Par une pluvieuse matinée de printemps, 10 personnes forment un demi-cercle face à la mince et blonde professeure. La musique commence, une douce mélodie chinoise envoûtante ; les élèves commencent leurs exercices de respiration profonde et d’automassages en douceur. Puis le rythme devient jazzy, enlevé, et le groupe lève les bras par-dessus la tête à l’unisson.

Les participants ont tous la maladie de Parkinson. Ils sont venus avec leur conjoint ou leur auxiliaire de vie. Comme cette maladie se manifeste différemment d’un individu à l’autre, tous ne rencontrent pas les mêmes difficultés. Mais ils ont une chose en commun : ils apprécient cette heure avec Breslow et en tirent de nombreux bienfaits. Le professeur les guide dans une série de mouvements qui permettent d’étirer et de mouvoir chaque partie du corps. Au bout de 10 minutes en position assise, on abandonne les chaises et la musique change de nouveau, pour un rythme un peu plus rapide encore.

Une vraie source d’inspiration 

Individuellement, puis par paires, les élèves prennent possession de la salle pour danser.

« Il y a deux sortes de patients atteints de la maladie de Parkinson », explique Ilan Salomon, professeur de géographie à l’école de Sciences politiques de l’Université hébraïque de Jérusalem. « Les premiers souffrent de raideurs dans tout le corps, les seconds sont parcourus de tremblements. » Pour Salomon, le diagnostic est tombé il y a 10 ans. Il a décidé de participer au cours de danse dans le cadre de son traitement et il ne le regrette pas. « Avant ça », avouet- il avec un sourire, « je n’avais pas dansé depuis cinquante ans ! » « C’est merveilleux, tout le bien qu’un peu de musique et de mouvement peuvent faire à quelqu’un ! » s’exclame l’épouse d’un malade. « Pour les élèves de ce cours », ajoute-t-elle, « c’est à chaque fois un plaisir de se retrouver. La musique les rend joyeux. Des gens qui éprouvent de grandes difficultés à marcher se lèvent pour danser, entrent dans le rythme et se mettent à bouger. » Même si le mouvement et la danse n’arrêtent pas l’évolution des symptômes, leurs bienfaits peuvent représenter une différence considérable dans la vie de tous les jours. Le mouvement réduit les raideurs et échauffe le corps, de sorte que la personne se sent mieux, à la fois physiquement et psychologiquement. Et puis, pour les participants, il y a le plaisir de se retrouver chaque semaine.

On sent une chaleureuse camaraderie au sein du groupe. On se soucie les uns des autres, on remarque les progrès de tel ou tel et on s’encourage mutuellement.

Pour Breslow, ce cours est une vraie source d’inspiration et elle tire une grande satisfaction à voir ses élèves progresser.

« C’est épatant de les voir bouger davantage de semaine en semaine ! » s’exclame-t-elle.

Inutile de consulter les nombreuses études réalisées sur la maladie de Parkinson et qui établissent les bienfaits du taïchi et de la danse pour les malades. Il suffit d’assister à l’un de ces cours pour comprendre ! 

Pour tout renseignement sur les cours de taï-chi et de danse pour patients atteints de la maladie de Parkinson, appelez Danny Loney au 054-576-7157 ou Anne Breslow au 052-222-1157.


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