La Tour de David, un musée à l’heure du numérique

Les vieilles pierres de Jérusalem entrent elles aussi dans l’ère du numérique. Au musée de la Tour de David, une technologie de pointe permet désormais aux visiteurs de découvrir l'histoire autrement

By ETGAR LEFKOVITS
February 24, 2015 13:18
Jeu vidéo interactif dont le thème est le Dôme du Rocher

Jeu vidéo interactif dont le thème est le Dôme du Rocher. (photo credit: TOWER OF DAVID MUSEUM)

 
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Cette juxtaposition inédite du numérique et de l’antique citadelle – qui lui vaudra sans doute des louanges, mais aussi des critiques acerbes dans le débat sur le rôle des musées à l’ère du numérique – est destinée à toucher la nouvelle génération, celle qui vit rivée à ses gadgets électroniques.
Soucieux d’accroître le nombre des visiteurs de cette forteresse médiévale chargée d’histoire, et conscients que les jeunes ne se promènent plus sans un appareil électronique à la main, les responsables du musée se sont résolument rangés du côté de la technologie pour donner un coup de neuf à leurs vieilles pierres. Et dans une combinaison typiquement israélienne, ils se sont associés à d’anciens experts de Tsahal en Recherche et Développement (R&D) et à un commandant d’escadron de l’armée de l’air, qui ont pris le site d’assaut pour y apporter leur touche personnelle.

A son ouverture il y a un quart de siècle, le musée de la Tour de David était déjà à la pointe du progrès, avec ses maquettes, ses répliques, ses diaporamas et ses films. Situé dans la vieille ville de Jérusalem, tout près de la Porte de Jaffa, il séduit ainsi les touristes depuis 1989 et a attiré, pour la seule année 2014, près de 300 000 visiteurs.
Son impressionnant spectacle de son et lumière lui a valu des critiques louangeuses ; la vue panoramique qu’il offre sur la vieille ville du haut de la tour d’Hérode compte parmi les plus belles (et ce n’est pas peu dire dans une ville qui abonde en panoramas somptueux) ; les douves de la citadelle, qui datent du Moyen Age et viennent d’être ouvertes au public, représentent peut-être la cerise sur le gâteau, sans parler des spectacles culturels organisés dans l’enceinte des murailles, sublimés par ce décor emblématique de la ville d’or.

« Tout est dans la technologie »


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Jusqu’à présent, toutefois, ce site trimillénaire (où ont défilé tous les rois de Judée de la Bible et qui a traversé les périodes asmonéenne, romaine, byzantine et arabe, celles des Croisés, des Mamelouks, des Ottomans et du Mandat britannique) n’était rien d’autre que cela : un lieu chargé d’histoire.
« Notre but, c’est de le rendre intéressant pour tout le monde », explique Eilat Lieber, directrice du musée. « Et pour la jeune génération, tout est dans la technologie ! »

Peut-être est-ce son jeune fils qui lui a inspiré cet objectif le jour même de sa nomination à la direction du musée. « Ce n’est pas un peu rasoir, comme endroit ? » lui a-t-il demandé lorsqu’elle lui a annoncé où elle allait désormais travailler.
Aujourd’hui, en parvenant au sommet de la tour de Phasaël du palais d’Hérode, avec son panorama sur la Vieille Ville et au-delà (on y voit le mont du Temple, l’église du Saint-Sépulcre, le Dôme du Rocher, l’église de Marie-Madeleine et des dizaines d’autres monuments historiques), le visiteur n’a qu’à orienter sa tablette Samsung (à louer au musée pour 15 shekels) vers les différents points : ce guide audiovisuel, produit de la technologie de cartographie développée par Tsahal doublée de l’AugmentiGuide, lui offrira des explications en hébreu ou en anglais (et le mois prochain dans quatre autres langues, dont le français) sur la centaine de sites visibles de l’endroit où il se tient.
« La technologie de pointe dont est équipée la tablette permet de découvrir les sites historiques », indique Nir Solomon, vice-président d’Enviewz, l’entreprise qui a développé l’AugmentiGuide. « Elle est extrêmement utile à Jérusalem, avec ses innombrables monuments et sa très riche histoire. »

Du haut de la citadelle


Equipé de la tablette, sorte de « Google Map sous stéroïdes », le visiteur peut toucher l’un après l’autre les multiples « pin’s » de sites historiques qui apparaissent avec une grande précision au cours de la promenade et obtenir les explications correspondantes.
« Nous avons été débordés par le nombre de sites que l’ordinateur a reconnus, et il a fallu faire une sélection pour ne garder que les plus intéressants », avoue-t-il.
« L’ordinateur identifie tout ce que l’œil voit et le commente », précise le PDG d’Enviewz, Alon Fishman, qui, dans les années 1990, avait dirigé la R&D sur le grand projet de cartographie numérique de Tsahal.
Ce niveau de détail de la cartographie numérique, dit-il, était accessible jusque-là uniquement en intérieur pour une utilisation non militaire, et les technologies de GPS et de radars n’étaient pas précises. « Or c’est justement la précision qui fait la qualité du système », conclut-il.

C’est sa compagnie qui, il y a quelques mois, a proposé cette aventure au musée, en raison de la vue superbe dont on jouit du haut de sa citadelle. « Nous cherchions des lieux aux panoramas intéressants », raconte Fishman. « Et pour quel autre endroit aurais-je pu trouver tant de contenu, avec des milliers d’années d’histoire ? »
L’autre option numérique disponible depuis peu au musée est la location d’un iPad (25 shekels) équipé d’un jeu d’aventures familial qui existe actuellement en hébreu et sortira bientôt en anglais. D’une durée d’une heure et demie, il consiste à aider, dans un temps imparti, un archéologue à retrouver sa fille, disparue dans l’un de nombreux recoins de la citadelle. Destiné aux enfants de 7 à 12 ans accompagnés de leurs parents, il comprend un film, un dessin animé, des puzzles et des questions posées grâce à une technologie interactive, première en son genre en Israël et déjà primée.

Détectives en herbe

« Cela aide les enfants d’aujourd’hui, habitués au tout numérique, à s’impliquer dans la visite », explique Rotem Levim, de la société The Gamers, basée à Tel-Aviv, productrice du jeu.
Toujours à l’intention du jeune public, le musée propose une application à charger sur smartphones (moyennant 10 shekels) : il s’agit là encore d’un jeu de détective interactif intitulé « A qui appartient cette tour ? », de la gamme Quesity. Une aventure de 50 minutes à travers la tour, destinée aux enfants de 4 à 10 ans, qui permet à ces derniers et à leurs parents de résoudre la difficile question : qui a construit la Tour de David (indice : ce n’est pas le roi David) ?
« Les enfants veulent être actifs », affirment Michal Margulis et Tomer Zimmerman, fondateurs de la société Quesity, qui crée des jeux pour musées et parcs, « et résoudre une énigme avec un détective, ça change tout ! Quand on est actif, le monde n’est plus le même ! »



« Il s’agit d’une façon unique et inédite d’explorer le musée », ajoute Zimmerman, ancien commandant d’escadron dans l’armée de l’air et diplômé en génie aérospatial. Il précise que, si le jeu est téléchargeable dans le monde entier, on doit cependant y jouer sur place.
Le musée propose en outre plusieurs autres possibilités, gratuites celles-là, dans le cadre de son passage au numérique : on peut ainsi scanner sur son smartphone les codes liés à une chasse au trésor, ainsi que des écrans extérieurs en 3D qui recréent le palais et les piscines tels qu’ils étaient du temps d’Hérode, il y a 2 000 ans. Un système d’imagerie inédit dans ce pays baigné de soleil…

Un pas vers l’avenir


Les responsables du musée ont donc résolument mis les enfants à l’honneur. « Toute personne qui a déjà passé du temps avec des enfants ou des adolescents sait à quel point il est difficile de les amener à s’intéresser à un musée qui n’est pas interactif », soupire Eilat Lieber. « Avec nos applications, nos chasses au trésor, nos jeux sur iPads et nos images sur tablettes, nous parlons maintenant le même langage qu’eux. Ils peuvent désormais apprendre l’histoire de Jérusalem à leur manière, tout en explorant la citadelle », s’enthousiasme-t-elle. « La technologie ne remplace pas une exposition ou une visite guidée, bien sûr, mais elle peut servir de médiateur pour enrichir l’expérience. »

Einat Sharon, responsable de ces nouveaux médias du musée, insiste, elle aussi, sur le fait que ces possibilités numériques désormais proposées au public ne remplaceront pas les visites guidées traditionnelles, mais qu’elles permettront aux familles de vivre une expérience différente à chacune de leurs visites au musée.
« C’est vraiment pour le musée un pas résolu vers l’avenir et vers l’ère du tout numérique », insiste Einat Sharon, qui invite d’autres sociétés de high-tech à contacter la Tour de David. « Nous sommes à un moment où tout se joue, en matière d’utilisation de la technologie comme moyen de se relier au contenu d’un lieu. Ce n’est que le début, croyez-moi ! »


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