Yoni Saada, le plus israélien des chefs français

By MYRIAM SHERMER
February 18, 2014 16:37
2 minute read.
Yoni Saada

P8(2) JFR 370. (photo credit: DR)

Top Chef 2013. C’est évidemment l’association immédiate pour ce jeune chef qui a fait partie des 4 finalistes de l’émission française de téléréalité culinaire l’année dernière. Un vrai coup de fouet pour une carrière déjà ambitieuse. Né rue des Rosiers, ce petit-fils et fils de boucher se met à la cuisine à l’adolescence. C’est d’ailleurs de famille puisque sa jeune sœur, Séphora Saada a ouvert une boutique de cupcakes, She’s cake, dans le 11e arrondissement, à Paris. Yoni, lui, entre à l’école Ferrandi, puis en apprentissage. A 26 ans, le voilà à la tête de son premier restaurant, gastronomique et casher, Osmose, dans le 16e. Mais lui qui a envie de vivre sa vie comme « une aventure », s’endort un peu derrière ses fourneaux et perd de sa créativité. L’émission de M6, où il révèle une chaleur de tempérament toute méditerranéenne, lui fait retrouver l’envie et le propulse d’un seul coup sous les projecteurs. Dans la foulée, il fait peau neuve au restaurant, change le concept et la carte. Ce sera désormais Miniatures, lieu de « bistronomie » où l’on peut déguster des tapas à la française pour des prix revus à la baisse. Celui qui cuisine en baskets Adidas jaunes, aime la mode, la photo et la peinture, veut « démocratiser la haute cuisine » et permettre à tous de « bien manger à Paris ».

Une capitale « pleine de mauvaises énergies » qu’il se verrait bien quitter d’ailleurs… Prochaine étape à Tel-Aviv pour lui qui se rend déjà deux fois par an en Israël ? Pas si vite. S’il apprécie l’ambiance festive et énergique de la ville et si sa collaboration avec le chef du restaurant Adom dans la capitale israélienne lui a fait découvrir « une autre Jérusalem », ce jeune père de famille ne se voit pas partir dans la précipitation et parle d’une « évolution naturelle ». En attendant, il œuvre à sa façon pour le Proche-Orient en soutenant une l’association « Paris pour la paix » où des jeunes enfants juifs et arabes ont pu s’initier à la cuisine à ses côtés. Un même humanisme qui l’a poussé dans la cuisine du centre médical pédiatrique de Schneider, à Petah Tikva, pour y conseiller le chef sur la manière de dresser un joli plateau-repas, ce qui aurait un impact sur la guérison des patients dans plus de 65 % des cas.
Pas d’inquiétude, cependant, il reviendra vite. D’ailleurs, le chef d’Adom, Elran Buzaglo, lui a promis de lui apprendre à faire des pitot la prochaine fois. Rendez-vous pris. 



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