Sauvés par les Psaumes

Moshé David Schwartz a son armure spéciale : un livre de psaumes qui a accompagné son père et son grand-père

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September 15, 2013 14:53
"Les Psaumes me protegent" confie le capitaine Moshe David Schwartz, rabbin au sein de Tsahal

P15 JFR 370. (photo credit: DR)

 
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Le petit livre saint, avec sa couverture sombre, tient dans la paume de la main. Ses pages sont jaunies et sa reliure si fragile, qu’elle semble vouloir céder à chaque instant. Mais cette relique en la possession du capitaine des Forces de défense israéliennes, le rabbin Moshé David Schwartz, qui pourvoie aux besoins spirituels de centaines de soldats des bataillons d’élite, sert de lien familial entre trois générations de défenseurs de la Terre d’Israël. Ce recueil des psaumes, que son grand-père a d’abord transmis à son père lequel à son tour l’a transmis à Moshé, a été lu assidûment par les trois hommes qui ont pris part aux batailles historiques d’Israël.

Selon la tradition juive, les psaumes sont récités en vue d’obtenir la clémence divine, clémence d’autant plus nécessaire quand les temps sont troublés et qu’on se trouve exposé à des dangers physiques. Sa lecture régulière s’est donc tout naturellement imposée à cette génération de soldats très religieux et Schwartz se dit lui-même protégé par la sainteté de l’ouvrage.

De génération en génération 


C’est tout d’abord son illustre aïeul qui, le premier, a gardé ce livre sur lui, tout le temps de son service comme volontaire dans l’unité de défense passive, dont la mission était d’alerter la population telavivienne lors de bombardements imminents au cours de la guerre d’Indépendance. Et il l’a gardé lorsqu’il a rejoint le régiment de parachutistes. Puis Schwartz affirme que son père Mordechaï aurait eu la vie sauve, grâce au livre lui-même, glissé dans la poche de son uniforme. Mordechaï, aujourd’hui âgé de 64 ans, participait à des manœuvres en tant que réserviste. Il était alors stationné dans le Golan juste avant que n’éclate la guerre de Kippour en 1973.

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Au cours d’un exercice à balles réelles, dans une zone militaire dédiée à l’entraînement, une grenade a accidentellement explosé, propulsant des débris de métal à la ronde qui ont déchiré ses vêtements et lui ont causé de sérieuses blessures sur tout son corps. Mais grâce au livre des psaumes logé dans la poche de sa chemise, à la hauteur de sa poitrine, il a échappé à un impact fatal. Pour Mordechaï et ses compagnons d’armes, il s’agit à l’évidence d’un miracle. Schwartz affirme que son père a aujourd’hui encore des éclats d’obus dans le corps.

Mais malgré ses blessures, Mordechaï ne s’est pas soustrait à son devoir de médecin combattant. Il a activement participé à l’évacuation des soldats blessés dans le Sinaï au cours de la guerre de Kippour qui allait éclater un mois à peine après l’explosion accidentelle de la grenade. Il a également soigné les blessés pendant la première guerre du Liban en 1982.

Selon le porte-parolat de Tsahal, après avoir embrassé la carrière militaire au lendemain de la guerre de Kippour, et servi dans l’armée plus d’une vingtaine d’années pendant lesquelles il va accéder au grade de commandant, Mordechaï ne s’est jamais séparé de son recueil de psaumes. Jusqu’au jour où il l’a offert à son fils, enrôlé dans une unité de tankiste en mars 2002.

Les psaumes sur tous les fronts 


Schwartz, aujourd’hui âgé de 35 ans, marié et père de trois enfants, évoque sa carrière pour le Jerusalem Post ainsi que le rôle central joué par ce recueil de psaumes dans sa vie. Il tient le précieux ouvrage en main tout le temps de l’entretien, dans la synagogue de la base d’entraînement antiterroriste Mitkan Adam, située près de Modi’in.

Schwartz n’était qu’au début de ses classes, quand Tsahal a lancé l’opération « Rempart », suite à l’attaque terroriste commise au Park Hotel de Netanya un soir de Seder, le 27 mars 2002, qui avait coûté la vie à trente Israéliens et touristes et fait 140 blessés.

Au vu de la situation tendue qui régnait, son unité a suivi un entraînement accéléré avant d’être affectée à la surveillance de la frontière syrienne. Puis elle a été appelée en renfort dans les zones contrôlées par l’Autorité palestinienne à Djénine et les villages alentours, une zone particulièrement sensible où Schwartz se souvient avoir été sur le terrain dans son tank, 18 heures d’affilées.

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A la suite de cela, son unité a été envoyée à Jéricho, puis à Bethlehem, pour une mission spéciale au cours de laquelle son commandant a perdu la vie, abattu par un sniper ennemi qui l’a pris dans son viseur alors qu’il poursuivait un groupe de terroristes dans une ruelle.

Puis, après s’être illustré alors qu’il servait comme tankiste au cours de la deuxième guerre du Liban, Schwartz a rejoint la vie civile. Il a repris ses études de Torah pour obtenir son ordination rabbinique. Alors qu’il faisait son devoir en tant que réserviste, il a décidé de suivre les cours de formation pour devenir officier, avant de s’engager dans la carrière de rabbin de l’armée, avec, selon ses propres mots, « le désir profond de servir son pays. » Schwartz est convaincu d’avoir un rôle crucial à jouer en tant que rabbin dans les Forces de défense israélienne. Il travaille à donner un sens aux combats que mènent les soldats. Il leur enseigne qu’ils sont les dignes héritiers de leurs illustres ancêtres qui ont combattu pour protéger la Terre d’Israël et les encourage à mettre leurs pas dans les leurs.

« Avant une bataille, quand je m’adresse aux commandants, je leur conseille de lire le Tanakh (la Bible) et leur fais remarquer que nos leaders bibliques ont toujours été contraints de combattre », confie-t-il en soulignant combien la motivation spirituelle est précieuse, comme cela fut le cas à Gaza, lors des opérations « Plomb durci » en 2008-2009 et « Pilier de défense » en 2012. Et d’ajouter, « que ce soit Moïse, Josué, David ou Salomon, il suffit d’ouvrir le Tanakh pour voir qu’il y est beaucoup question de batailles décisives qu’ont menées les leaders bibliques ».

David, guerrier psalmiste 


Schwarz fait remarquer que dans la Torah, il y a un seul cas où le pikouah nefesh – commandement selon lequel sauver une vie doit prendre le pas sur tout le reste – ne s’applique pas : lorsqu’il s’agit de défendre la Terre d’Israël. Dans ce cas il faut sacrifier sa vie. Ce qui confère au jeune aumônier une lourde responsabilité dans le cadre de sa mission militaire.

Schwartz passe beaucoup de shabbatot sur le terrain en compagnie de divers groupes de soldats, un moment important pour bon nombre d’entre eux. Une camaraderie très forte se développe et, à la faveur de cours et de lectures, il lui est offert de donner un sens plus profond à leur engagement et de leur rappeler pourquoi ils se battent. Il est convaincu de l’importance de travailler avec toutes sortes de juifs dans l’armée, qu’ils soient religieux ou laïques, hommes ou femmes, pour donner un sens à leur engagement.

Mais quels que soient son rôle et le terrain sur lequel il évolue, son petit livre de psaumes ne le quitte pas. « Les psaumes me protègent », affirme-t-il. Il me suffit d’ouvrir mon livre pour me sentir renforcé. Je prie aussi souvent que possible, que ce soit pendant mes gardes ou au cours de missions spéciales. Les psaumes ont été écrits par un soldat, le roi David, dont nous savons qu’il a pris part à des guerres saintes tout au long de sa vie. Et d’ajouter : « il est vrai que le roi David n’a pas été autorisé à construire le Temple parce que sa vie était dédiée au combat et qu’il a fait couler le sang. Mais il en a érigé les fondations pour son fils Salomon. Le Psalmiste a toujours été conscient de se tenir à chaque instant debout devant Dieu et c’est pourquoi il priait pour que le Très Haut lui assure sa protection.

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