Questions à Tzipi Livni

A moins de deux mois des élections, Tzipi Livni, co-candidate du Camp sioniste pour le poste de Premier ministre par rotation, répond aux questions du Jerusalem Post

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January 27, 2015 15:41
Tzipi Livni

Tzipi Livni. (photo credit: MARC ISRAEL SELLEM/THE JERUSALEM POST)

 
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Le président de la Chambre des représentants américaine a invité Netanyahou à s’exprimer devant le Congrès. Pensez-vous que le Premier ministre contribue à la dégradation des relations israélo-américaines ?
Du fait de la nature stratégique des relations entre Israël et les Etats-Unis, à mon avis, il est très important que ces relations restent basées sur une politique bipartisane, et parfois on a l’impression que Netanyahou ne respecte pas cet équilibre. Mais ces relations étant fondées sur des valeurs et intérêts communs ainsi qu’une amitié profonde, elles devraient y survivre.

Certains pensent que l’invitation vient uniquement des Républicains. Est-ce que cela constitue une ingérence de la politique américaine dans les élections israéliennes ?
Je pense que nous partageons tous la volonté d’empêcher l’Iran de devenir une puissance nucléaire. Il n’y a pas d’opposition politique en Israël à ce sujet, et il en va de même entre Républicains et Démocrates. La question qui se pose est : comment atteindre cet objectif ? Selon moi, Israël comprend aussi que pour réussir il faut plus qu’un bon discours, c’est au niveau diplomatique qu’on essaye de convaincre les autres de nous suivre.

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Vous avez fait campagne sur les questions diplomatiques dans plusieurs élections, notamment sur la question des négociations de paix. Mais vous avez aussi déclaré récemment que ce n’était pas Israël mais Mahmoud Abbas qui était responsable de l’échec de la dernière session. Dans ce cas, que changerait un nouveau Premier ministre à l’issue des négociations ?
J’ai critiqué la façon dont Israël a agi au cours de ces négociations, mais il est évident que le processus a échoué quand Abbas a décidé de refuser la proposition d’accord américaine. La vraie question pour moi, en tant que dirigeante israélienne, n’est pas de chercher à qui incombe la faute, mais comment nous pouvons progresser vers la solution « Deux peuples, deux Etats » qui est dans l’intérêt d’Israël. Partant du principe qu’Abbas a choisi sa stratégie d’opposition à Israël (à l’ONU et à la CPI), il nous faut trouver une façon d’avancer – avec ou sans lui. Je pense que notre capacité [celle du Camp sioniste] à réunir le soutien de la communauté internationale est plus forte que celle de Netanyahou : il est clair, en effet, pour tout le monde que notre objectif est de concrétiser la solution à deux Etats.

Vous pensez toujours qu’Abbas est notre meilleur partenaire quand vous voyez que l’Autorité palestinienne indemnise les familles des terroristes ?
Et alors ? Abbas n’est pas le Premier ministre israélien. Vous me demandez s’il est le meilleur partenaire ; je vous réponds qu’il est le seul. L’élection se passe en Israël, pas au sein de l’Autorité palestinienne, donc tous les candidats doivent réfléchir à une solution à ce problème. Il ne suffit pas d’accuser l’autre, il faut dire au peuple ce qu’on compte faire à ce propos. Je suis très critique vis-à-vis d’Abbas. Je suis complètement opposée à ce qu’il a fait, nous traîner devant la CPI ; c’est aussi contraire à l’intérêt palestinien, parce qu’il ne construira pas un Etat avec des procès.

Qu’est-ce qui vous fait dire qu’un retrait de Judée-Samarie aura des conséquences différentes de celui du désengagement de Gaza (prise de contrôle du Hamas et tirs de roquettes sur les Israéliens) ?
Nous devons penser à l’avenir de l’Etat d’Israël, et la seule façon de conserver les valeurs de cet Etat est de diviser ce petit espace en deux – Israël, Etat Juif et démocratique, et un Etat palestinien. Nous avons quitté Gaza et en retour nous avons eu le Hamas, et je crois que nous devons les attaquer, ne pas négocier avec eux ou montrer la moindre once de flexibilité. Israël est suffisamment fort pour gérer ces problèmes militaires et les attaques terroristes. Je n’essaie pas de vendre aux Israéliens que la paix est juste là, que si nous négocions et signons un accord, nous vivrons heureux pour toujours ; ce n’est pas le cas. Je soutiens le recours à la force militaire [pour combattre les terroristes], mais l’idéologie du Grand Israël sans espoir de paix n’est pas la mienne.

Pour résumer, vous dites que la solution à deux Etats n’apportera pas la paix, mais qu’elle est préférable pour Israël en tant que société ?
J’espère qu’à long terme cette solution apportera la paix, mais ma vision n’est ni naïve ni romantique. Nous vivons dans une région difficile, nous devrons faire face à de nouveaux actes terroristes. Au Moyen-Orient, nous n’avons parfois le choix qu’entre de mauvaises options, mais l’autre option, celle du Grand Israël, ne sera pas Israël. Ce sera un conflit sans fin entre Israéliens et Palestiniens, et nous y perdrons l’essence du sionisme, c’est-à-dire celle d’un Etat juif et démocratique.

Votre formation devance les autres de peu dans les sondages, mais ça ne sera peut-être pas suffisant pour construire une coalition. Comment comptez-vous faire pour que la situation de 2009 ne se reproduise pas ?

Dans le passé nous avions deux blocs, droite et gauche, et Netanyahou se mettait d’accord avec ses partenaires avant même les élections. A l’époque, c’était Liberman et les ultraorthodoxes, aujourd’hui c’est Bennett et les ultraorthodoxes. Aujourd’hui, les sondages annoncent environ 40 sièges pour le Likoud et HaBayit HaYehoudi, et tous les autres sont libres, d’une certaine façon. La plupart des dirigeants des autres partis ont déjà travaillé avec Netanyahou et pensent qu’il ne devrait pas être réélu Premier ministre.

Excluez-vous la possibilité d’une coalition qui inclurait le Likoud ?

Non, je dis qu’une coalition doit se baser sur un programme. Si Netanyahou accepte ça, pas de problème.

Les électeurs peuvent-ils faire confiance à une candidate qui change de parti à chaque élection ?
Je n’ai jamais changé d’idées. Vous pouvez lire tous mes discours depuis mes débuts en politique.



En un mot

Abbas, partenaire pour la paix ?    
Très problématique, mais c’est le seul que nous ayons.
Abbas, terroriste ?    
Non, il l’a été mais plus maintenant.
Oum el-Fahm, intégrée à l’Etat palestinien ?    
C’est une ville israélienne.
Zoabi réélue à la Knesset ?    
J’espère que non, mais ce n’est pas moi qui choisis.
Division de Jérusalem ?    
J’espère que non, mais conserver l’unité de Jérusalem sous souveraineté juive fait partie des points à négocier.
Des élus qui usent de leur droit au silence quand ils font l’objet d’enquêtes ?    
Totalement contre.
Réforme électorale ?    
Oui.
Transports publics pendant Shabbat ?    
En partie.
Magasins ouverts pendant Shabbat ?    
L’idée est d’avoir une nouvelle loi sur les transports et les magasins, pour qu’il soit possible de se déplacer vers les zones commerciales ou la plage. Il faut que la loi offre des possibilités pour tout le monde.
Un long week-end avec le dimanche férié ?    
Complètement pour.
Séparation religion-Etat ?    
Pour la séparation entre religion et politique, mais Israël est un Etat juif et démocratique et il est difficile de définir ce qu’est un Etat juif. D’après moi moi, il faut le comprendre au sens de nation, pas de religion.


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