L’anarchie en République centrafricaine est une menace pour toute une région très fragile, celles des Grands Lacs et des deux Soudan. La Centrafrique ne doit pas devenir un nouveau sanctuaire pour les trafics illicites et les groupes terroristes de type Boko Haram ou al-Qaïda au Maghreb islamique. Cette crise alimente l’insécurité du continent africain, de l’Atlantique au Sinaï. Il y a trois mois, le président François Hollande a demandé aux Nations unies une intervention rapide. Une résolution a été adoptée qui donne mandat à une force africaine de stabiliser le pays et de protéger les civils avec le soutien des forces françaises. L’Union africaine qui a 2 500 à 3 000 hommes sur le terrain a annoncé qu’elle porterait rapidement sa présence à jusqu’à 6 000 hommes. La France a déployé sur le terrain 1 600 soldats, aux côtés des forces africaines afin d’empêcher le pays de sombrer dans le chaos. Comme l’a indiqué le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, « pour la France, l’inaction n’était pas une option ». Depuis une semaine, les forces africaines et françaises sécurisent les sites sensibles et désarment les milices rebelles afin d’enrayer la spirale de la violence et permettre le retour des organisations humanitaires. Elles agissent dans le cadre du droit international, pour protéger. La France n’a pas de motif économique à agir en RCA. Il s’agira ensuite de restaurer l’autorité de l’Etat et de faciliter une transition politique aboutissant à des élections démocratiques. Le prix humain est déjà lourd. Deux soldats français sont morts en tentant de désarmer une milice. Le président Hollande s’est rendu à Bangui le 10 décembre pour leur rendre hommage et rappeler l’enjeu de cette mission. La France n’agit pas seule. L’Europe a mis en place un pont aérien entre Douala (Cameroun) et la capitale centrafricaine Bangui pour acheminer l’aide humanitaire indispensable. Le Royaume-Uni et l’Allemagne ont mis des moyens aériens à la disposition de la France et des Africains. Les Etats-Unis fourniront dans les prochains jours des capacités de transport pour les contingents africains ainsi qu’une aide financière. Les 6 et 7 décembre, les chefs d’Etat et de gouvernement africains réunis à Paris ont apporté un message unanime de soutien. Il y a presqu’un an, la France est intervenue au Mali pour lutter contre les groupes terroristes qui avaient conquis de vastes territoires et menaçaient les institutions du pays. Suite à l’opération « Serval », l’Etat malien a été rétabli. Des élections libres ont eu lieu. Un président a été élu. Le parlement fonctionne à nouveau. La population est en sécurité. Aujourd’hui en RCA comme au Mali, la France prend ses responsabilités. Elle agit sur le terrain afin de mettre fin à la tragédie humanitaire annoncée, y compris quand il faut s’engager en premier. © Jerusalem Post Edition Française – Reproduction interdite