Al Gore soutient Obama en r?glant ses comptes avec Bush

Al Gore n'a pas rat? son entr?e sur la sc?ne de la campagne pr?sidentielle 2008 : le Nobel de la paix vient de promettre de "tout" faire pour la victoire de Barack Obama.

Obama (photo credit: AP)
Obama
(photo credit: AP)
Al Gore n'a pas raté son entrée sur la scène de la campagne présidentielle 2008 : le Nobel de la paix vient de promettre de "tout" faire pour la victoire de Barack Obama, seul capable selon lui de tirer un trait sur les années Bush.
Dans un vibrant plaidoyer en forme d'attaque en règle, l'ancien vice-président démocrate a éreinté lundi soir 16 juin celui qui l'avait privé de Maison blanche en 2000.
"Après huit ans d'incompétence, de négligence et d'échec, nous avons besoin de changement", a lancé Al Gore, apparu aux côtés de Barack Obama lors d'un meeting au stade Joe Louis de Detroit.
"Après huit ans qui ont vu notre Constitution déshonorée et bafouée, nous avons besoin de changements".
Le soutien enthousiaste de celui qui fut le vice-président de l'ex-président des Etats-Unis Bill Clinton s'annonce comme un "plus" pour Obama, au moment où le futur candidat démocrate cherche à s'assurer le ralliement des partisans de son ancienne rivale, l'ex-Première dame Hillary Clinton.
D'autant qu'Al Gore, l'une des personnalités les plus respectées du parti, s'était tenu en retrait jusqu'ici pendant la longue campagne des primaires.
Al Gore reste celui qui avait remporté le vote populaire lors de la présidentielle 2000, mais il a finalement perdu l'élection après la victoire de George W. Bush en Floride, au terme d'un éprouvant recomptage des bulletins, finalement suspendu par la cour suprême.
Un épisode resté en travers de la gorge des démocrates, qu'Obama n'a pas manqué de rappeler. En chauffeur de salle averti, il a présenté son invité comme "le vainqueur du vote populaire de l'élection présidentielle", suscitant immédiatement une tempête de hurlements et applaudissements. "Vous vous en rappelez", a-t-il noté.
Depuis 2000, Al Gore s'est trouvé, avec plus de succès, un nouveau cheval de bataille, la lutte contre le changement climatique.
Alors que George W. Bush refusait catégoriquement de ratifier le protocole de Kyoto, les efforts de son adversaire malheureux pour alerter l'opinion sur les conséquences du réchauffement de la planète ont été salués dans le monde entier.
Et ils ont même été couronnés par un Oscar pour son documentaire "Une vérité qui dérange" et un prix Nobel de la Paix partagé avec le GIEC, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat de l'ONU.
A Detroit, Al Gore a reproché à George W. Bush une accumulation de graves faux pas, de l'indigence de réponse des pouvoirs publics à l'ouragan Katrina à la crise économique, en passant par les erreurs dans la politique étrangère du pays.
Et l'a même rendu responsable d'avoir laissé entrer dans le pays des importations chinoises de jouets toxiques et de nourritures pour chiens et chats empoisonnées. "Cette élection compte plus que jamais car l'Amérique a besoin plus que jamais de changement".
Al Gore a expliqué que l'adversaire républicain d'Obama aux présidentielles de novembre prochain, John McCain, méritait le respect pour ce qu'il avait fait pour le pays et pour sa volonté de débattre du changement climatique, ainsi que d'autres problèmes cruciaux.
Mais "l'âge et l'expérience" du futur candidat républicain, âgé de 71 ans, ne font pas le poids face à la fiabilité du jugement d'Obama, a-t-il avancé, soulignant que le sénateur de l'Illinois s'était opposé dès le début à la guerre en Irak. Obama a d'ailleurs annoncé qu'il comptait se rendre en Irak et en Afghanistan avant le scrutin de novembre.
De son côté, le parti républicain s'est fait fort de rappeler que le co-listier d'Al Gore en 2000, le sénateur Joe Lieberman, qui briguait la vice-présidence, avait depuis quitté le parti démocrate pour devenir indépendant et soutenir McCain.
"L'enjeu de cette élection, ce n'est pas de changer le passé, c'est de changer l'avenir", a répliqué le porte-parole du parti après le discours d'Al Gore. "C'est très révélateur qu'une moitié du 'ticket' démocrate pour 2000 ait soutenu John McCain au début de la campagne, alors que l'autre moitié a attend que Barack Obama soit déjà le futur candidat depuis plusieurs semaines".
Obama s'est assuré le 3 juin de l'investiture démocrate lors de la convention qui aura lieu le mois d'août prochain.